(05 Photos) Fortes pluies à Thiès- La «Tamkharit» vire au cauchemar

Les bas de son pantalon retroussés, Moussa Niang patauge sous l’eau. Il est 20 heures à hauteur du passage à niveau qui mène au commissariat central. L’eau est partout à des niveaux parfois insoupçonnés. Moussa qui tient d’une main ferme un bol de couscous doit se rendre au quartier Aiglons chez sa tante pour lui remettre, comme il est de tradition, son plat en ce jour de Achoura. L’eau lui arrive aux cuisses, il barbote, trépigne. Aucun taxi ne roule. Ils sont à l’arrêt bien au chaud. Les chauffeurs de taxi arborent le masque des jours de deuil. Les motos Jakartas ne sont pas en reste. Elles sont stationnées dans la station d’Essence qui fait face à la Banque Cnca, leurs conducteurs dépités.

«Thiès ne mérite pas un tel sort…»

Toutes les avenues principales à Thiès sont gorgées d’eau. Les gens comme Moussa Niang et tant d’autres sont obligés de galérer pour marcher de longues distances. Tout le monde rouspète à tout-va contre les autorités administratives et gouvernementales. «Vraiment Thiès ne mérite pas un tel sort. Nous sommes abandonnés à nous-mêmes. Et ce n’est pas sûr de patauger dans les eaux, une électrocution est vite arrivée», peste un vieil homme qui s’est débarrassé de son boubou traditionnel vert. Il ne porte plus que le pantalon et un tee-shirt blanc.

L’on ne connait pas encore la quantité de pluie qui est tombée dans la Capitale du Rail. Les services Météo le diront certainement mais de 17 heures à 19 heures sans interruption Thiès n’a jamais reçu une telle quantité de pluies depuis le début de l’hivernage.

Le trafic routier interrompu depuis de longues heures, il fallait user de malice pour sortir et sacrifier à la tradition de visite auprès des proches parents et amis. Les principales artères submergées d’eau, l’Avenue Caen, Lamine Guèye impraticables à la circulation.

Les habitants des quartiers Malamine Senghor, Aiglons, Darou Salam et Nguinth n’ont pas fermé l’œil de la nuit. Tant les inondations qui ont l’habitude de bousiller la vie des habitants de ces quartiers populaires ont gâché la fête de Achoura (Tamkharit) et son traditionnel «Ceeré».

«Une partie du cimetière Mandoky inondée»

L’on craignait le pire hier. Mais plus de peur que de mal. Par contre les dégâts sont énormes. Considérables. De mémoire de Thiessois l’on n’a jamais vu des pluies de cette ampleur. Tant celles qui se sont abattues hier mercredi ont occasionné de nombreux dégâts matériels. A Grand Thiès, une partie du cimetière musulman de Mandoky a été inondée, un Caïlcédrat tombé sur des poteaux de la Société nationale d’électricité (Senelec) près de l’Avenue Houphouet Boigny a plongé les quartiers Escale, 10ème…dans le noir pendant une bonne heure.

Il faut dire que Thiès est sans plan directeur d’assainissement alors que c’est la deuxième ville du Sénégal. En tout cas, ce Tamxarit 2018, les populations de la capitale du Rail s’en souviendront encore longtemps.

Mor Talla GAYE

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