A la Une: Bouteflika en route vers un 5e mandat

A la Une: Bouteflika en route vers un 5e mandat

C’est quasi-officiel, pointe le quotidien gouvernemental El Moudjahid : « Le secrétaire général du Front de libération nationale (le parti au pouvoir), Djamel Ould-Abbès, a affirmé hier à Alger que le Président Abdelaziz Bouteflika serait le candidat du parti à la présidentielle de l’année prochaine. »

Pour El Watan, le commentaire est sans appel : cette candidature reflète une « crise grave, celle d’un 5e mandat, toujours d’actualité, en faveur d’un Président cloué sur son fauteuil roulant depuis des années, sans voix, coupé de son peuple et aux prérogatives largement confisquées par son entourage immédiat, ce que dénoncent ouvertement de plus en plus de personnalités de la politique et de la société civile. »

Pour sa part, poursuit El Watan, « la population a fini par sombrer dans le désarroi le plus total. Elle redoute les conséquences d’un scénario du pire, des luttes ouvertes opposant différents belligérants, difficilement identifiables aujourd’hui, mais qui se préparent sûrement dans l’ombre, d’autant que sont venus se greffer d’énormes intérêts économiques et financiers. Bâtis sur la rente pétrolière et l’informel, ces intérêts, dénonce encore le quotidien algérien, ont tissé des connexions multiples et complexes avec les différents clans du pouvoir. Ils ont compris que pour conserver leurs territoires et leurs privilèges, il fallait partir à l’assaut du pouvoir politique et se l’approprier, et dans le pire des cas le neutraliser. A force d’être mis au service du pouvoir politique, l’Etat algérien a fini par perdre sa crédibilité. »

Toujours le maître ?

Alors Bouteflika, une marionnette entre les mains de plusieurs clans politico-économiques ?

Pas si sûr, répond Aujourd’huiau Burkina : « qui au final gouverne l’Algérie et décidera de la dévolution du pouvoir dans l’optique de l’après Bouteflika ? Lui-même d’abord, estime le quotidien ouagalais. On le dit diminué, mais possédant toujours ses facultés intellectuelles, et si l’AVC le convainc à gouverner à distance, ce n’est jamais par procuration et ceux qui le croient s’en mordent les doigts. Ce ne sont pas les coups de semonce qui ont manqué : l’opposition, certains Algériens confrontés à un quotidien difficile, voudraient bien une mobilité politique, un vent de changement. Mais, conclut Aujourd’hui, si “Boutef” a résisté aux printemps qui ont décoiffé des raïs, tels Ben Ali ou Moubarak, c’est qu’il possède toujours le pouvoir et s’il a déserté le palais d’El Mouradia, depuis son fauteuil roulant de la station balnéaire de Zeralda, il est toujours le maître et entend le rester. »

Cameroun : passer à l’action !

A la Une également, encore des troubles au Cameroun, après la réélection de Paul Biya, 85 ans… L’opposition continue de contester sa victoire et plusieurs dizaines de militants ont été arrêtés ce week-end.

Commentaire ce matin du quotidien Mutations : « le chemin qui mène à la prestation de serment du chef de l’Etat réélu, Paul Biya, pour le compte de son septième mandat, sera semé de peaux de banane que jetteront les partisans du candidat Maurice Kamto, classé deuxième par le Conseil constitutionnel. L’élection présidentielle joue en effet les prolongations dans la rue depuis samedi dernier. »

Alors attention, prévient le quotidien camerounais, face à cette contestation, plus de « jolis discours », le gouvernement doit « passer à l’action ». Car « l’audace, l’esprit de rupture et le souci de l’intérêt général continuent de lui faire cruellement défaut. Le “service public” dont parlait le candidat Biya, est méthodiquement vidé de son sens par beaucoup de ses “lieutenants”, pour faire place au service pour soi et à l’asservissement d’un peuple aujourd’hui zombifié. […] Patient, laborieux et patriote, le peuple camerounais a le regard tourné vers l’élu du 7 octobre, conclut Mutations. Plus qu’aux discours, où les constats d’échec voisinent généralement avec d’inépuisables promesses, l’heure doit être effectivement à l’action. »

Réforme radicale

Enfin, dans une tribune publiée par Jeune Afrique, l’historien et politologue camerounais Achille Mbembe, estime que « le changement au Cameroun ne viendra pas des urnes. »

Pour Achille Mbembe, « le Cameroun ne s’en sortira pas sans une réforme radicale de la forme de l’État. Afin de relâcher la pression tribaliste, fédéralisation ou régionalisation sont inévitables, affirme-t-il. Il en est de même de la réforme de la loi électorale, de la justice, de l’élargissement des pouvoirs du Parlement et de la mise en place d’autres institutions indépendantes susceptibles d’approfondir la démocratie. […] Si l’opposition camerounaise, toutes tendances confondues, ne peut pas se mettre d’accord sur un tel programme minimum, qui aurait pour objectif une refonte fondamentale du système politique camerounais suivie d’élections libres et indépendantes, alors, conclut Achille Mbembe, elle n’est pas crédible. »

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