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A la tête du Dahiratoul Moustarchidina Wal Moustarchidaty: Serigne Moustapha Sy à l’épreuve des défis !

Le fils de Serigne Cheikh Ahmed Tidiane SY, Al Makhtoum, décédé récemment a fait de terribles révélations, en marge du Mawlid 2017, au champ de course, à Tivaouane, vendredi 1 décembre dernier. Il n’est pas à son premier essai. Depuis le magistère d’Abdou Diouf, le guide des Moustarchidines, ne cesse de défier le pouvoir central. Et cela depuis février 1994. Ce qui lui a valu la prison en 1993.

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…Serigne Moustapha Sy défie Macky Sall

 «J’ai fait partir Abdou Diouf en utilisant une prière spéciale un jeudi à Yenn. J’ai fait partir Yaya Jammeh », a dit Serigne Moustapha Sy.  Et, selon les propres termes du leader du leader de Dahiratoul Moustarchidina Wal Moustarchidaty, le président Emmanuel Macron « n’a pas remporté la présidentielle française » mais c’est lui qui a écarté Marine Le Pen par ses prières.

« J’ai la même arme contre Macky Sall… Celui qui me défie en verra les conséquences », a-t-il menacé dans sa déclaration de lendemain du Gamou (célébration de la Naissance du Prophète (PSL)).

… Le guide des Moustarchidines à l’épreuve des défis

 16 février 1994, marque le début du combat contre le pouvoir en place par Serigne Moustapha Sy. Selon Makhary Mbaye, auteur d’un mémoire de Maîtrise sur le D.M.W.M à l’Ucad, Département d’Arabe, en 2002, dans son récit, relate que «les Sénégalais se souviennent de cette journée qui fait date dans l’histoire politique du Sénégal à cause des événements qui s’en sont suivis. A travers cette modeste contribution, nous n’avons pas la prétention de revenir sur le procès de ces événements, mais plutôt de rafraîchir la mémoire de nos compatriotes. Pour ce faire, on va procéder à une analyse sociologique de la situation qui prévalait à l’époque. Cependant, nul ne peut parler de ces événements sans pour autant faire allusion au mouvement des Moustarchidines pour la simple raison qu’il a été cité et sévèrement réprimé dans cette affaire par le régime socialiste qui était aux commandes à l’époque. Nous ne manquerons pas dans cette étude d’apporter la lumière sur certaines erreurs commises par des auteurs dans leur lecture et interprétation de ces événements».

Monsieur Mbaye est d’avis que «la crise qui sévissait au Sénégal en 1994 est la résultante d’un fiasco politique qui n’a épargné aucun secteur de la vie nationale. Au plan politique d’abord, depuis près d’une décennie, le refus obstiné d’envisager l’alternance avait installé le Sénégal dans un cycle ininterrompu de contentieux électoraux. Au plan socio-économique, l’échec était patent. L’adoption le 16 août 1993 d’un plan d’urgence qui prétendait redresser la banqueroute, imposait aux travailleurs et citoyens des sacrifices autrement plus insupportables. Au plan éducatif, la démission notable des pouvoirs publics achève de désintégrer un système qui ne saurait remettre en état, les dernières concertations sur l’enseignement supérieur. A cela venait s’ajouter l’arrestation puis l’inculpation du leader d’un si important mouvement de jeunesse, en l’occurrence Serigne Moustapha Sy».

Il ajoute que «l’appel à un dialogue entre différents acteurs de notre devenir collectif lancé par El Hadj Abdou Aziz Sy n’a pas connu les résultats escomptés. Tout laissait croire que l’Etat s’employait à créer un embrassement généralisé sans se préoccuper outre mesure des implications sociales graves qui risquaient d’en découler. Et comme pour refuser la fatalité d’une déliquescence à laquelle il n’a nullement participé, le syndicat des travailleurs avait conduit trois grèves générales en vue de défendre ses intérêts fondamentaux».

Serigne Moustapha Sy arrêté le 30 octobre 1993

Tous ces facteurs dira-t-il «vont concourir tant soit peu à l’organisation d’un meeting sous l’initiative de la Coordination des forces démocratiques (Cfd), le 14 février 1994. Présidé par les ténors de l’opposition à l’époque, à savoir Me Wade et Landing Savané, le meeting connut la participation des Moustarchidines membres de la Cfd. A la fin de sa communication au meeting, le secrétaire général du Pds, comme pour satisfaire la demande de la masse, laissa entendre : ‘Vous voulez marcher, eh bien marchez’. La marche sur les grandes avenues de la capitale dakaroise va dégénérer en une manifestation tragique ; six policiers ont perdu la vie, avec des blessés du côté des manifestants. Plus de 150 membres du Mouvement des Moustarchidines sont arrêtés de même que des membres des partis de l’opposition qui vont rejoindre leur leader en prison. Ces Moustarchidines et Moustarchidates seront incarcérés dans les prisons de Dakar et Rufisque où ils vont rester des mois avant de bénéficier d’un non-lieu. L’un d’eux d’ailleurs succomba à la torture dans les locaux de la police. Il s’agit de Lamine Samb, membre de la section de Niarry Taly à Dakar. Le même jour, le ministre de l’Intérieur, à l’époque M. Djibo Kâ, -décédé récemment- par une déclaration télévisée annonce par décret numéro 001123 du 17 février 94 l’interdiction sur tout le territoire national des activités du Mouvement des Moustarchidines.

Dans son ouvrage, Par devoir et par amitié, publié en 2001 à la page 175 aux éditions Le Rocher, Habib Thiam écrit : ’Le mercredi 16 février 94, en plein mois de Ramadan, fut une journée de tentative de création par un parti de l’opposition, le Pds, notamment s’appuyant sur le mouvement religieux islamisant des Moustarchidines wal Moustarchidates dirigé par Moustapha Sy, d’une situation insurrectionnelle et terroriste… Moustapha Sy et d’autres furent appréhendés et mis en prison. Il devait bien plus tard, après jugement, être gracié par le président Abdou Diouf’. A travers ce passage, l’auteur Habib Thiam qui déclare avoir glané toutes les informations relatives à cet événement en voulant établir un rapport de causalité entre les événements du 16 février et l’arrestation de Serigne Moustapha Sy, a commis une erreur de jugement. En réalité, Serigne Moustapha Sy a été arrêté 30 octobre 1993, suite à sa sortie contre le régime socialiste dont il disait qu’il souffrait de trois crises : ‘crise de compétence, crise de confiance et crise d’autorité’. C’est du fond de sa cellule de prison donc que Serigne Moustapha Sy a appris l’événement qui a été l’une des affaires politico-judiciaires les plus médiatisées de l’histoire politique du Sénégal».

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