Abou Hann le voleur atteint mystiquement: explique « Jour bima sathié khar bi sila geudia dem toilette ba tay dji ni sonu na trop «

J’avoue que je ne comprends toujours pas pourquoi j’ai commis ce vol, car c’est la première fois que cela m’arrive. Seulement, depuis que j’ai perpétué ce coup, je ne parvenais plus à aller aux toilettes.

Après avoir volé deux moutons appartenant au père de son ami, le pêcheur Abou Hann est resté 2 jours sans pouvoir faire ses besoins. Sachant qu’un mauvais sort lui a été jeté, il a finalement restitué les bêtes à son propriétaire. Malgré tout, il a été arrêté et condamné à 2 ans de prison ferme par le tribunal de grande instance de Louga.

Poursuivi pour vol portant sur du bétail, le jeune pêcheur Abou Hann a été attrait mercredi dernier devant la barre du tribunal de grande instance de Louga. Le mis en cause, arrêté par la Brigade de gendarmerie de Darha Djolof, suite à une plainte de sa victime, avait le visage inondé de larmes face au représentant du ministère public. Habillé d’un t-shirt aux manches courtes sur un pantalon blouson, ce prévenu d’une vingtaine d’année avait l’air désemparé. Comme s’il évitait de croiser le regard du juge présidant l’audience, le jeune homme, poursuivi pour vol portant sur du bétail, peinait à s’expliquer sur les faits qui lui sont reprochés. «Je ne sais pas ce qui m’a poussé à voler ces deux moutons. Je regrette vraiment les faits», confesse-t-il, chagriné.

Relancé par le magistrat, le prévenu, dans une voix presque inaudible, a finalement décidé de revenir sur les circonstances du vol qu’il a commis dans la deuxième quinzaine du mois de mars dernier. Abou Hann : «Le jour des faits, un de mes amis, habitant à Darha Djolof, m’a invité chez lui afin que nous prenions ensemble le thé. J’ai répondu à l’invitation aux environs de 11H, mais malheureusement, je n’ai trouvé personne dans cette maison. J’ai alors rebroussé chemin, mais avant de vider les lieux, mon attention a été frappée par deux moutons qui traînaient dans la cour. Malgré tout, j’ai décidé de rentrer chez moi. Cependant, en cours de route, une mauvaise idée m’a subitement traversée l’esprit. On dirait qu’une force étrange m’avait contraint de retourner dans cette maison vide pour voler les deux moutons qui y traînaient. C’est ainsi que je suis retourné rapidement sur les lieux avant de voler discrètement les deux bêtes appartenant au père de mon ami. J’avoue que je ne comprends toujours pas pourquoi j’ai commis ce vol, car c’est la première fois que cela m’arrive. Ensuite, j’ai gardé mon butin dans un endroit isolé. Seulement, depuis que j’ai perpétué ce coup, je ne parvenais plus à aller aux toilettes. D’ailleurs, je suis resté deux jours durant sans uriner. J’ai compris que le propriétaire des bêtes m’a jeté un mauvais sort et je lui ai restitué son bien. Après, il m’a dénoncé à la Gendarmerie de Dahra Djolof et j’ai été arrêté. Je reconnais les faits, mais cette affaire m’a dépassé…»

En effet, en l’absence de la partie civile, le prévenu qui a pleuré durant tout le procès, est néanmoins resté constant. A la fin du débat contradictoire, le parquet a requis l’application de la loi. Rendant son délibéré, le Tribunal a reconnu le jeune pêcheur, coupable du délit de vol portant sur du bétail et l’a condamné à deux ans ferme. Il devra aussi verser une amende de 500 mille FCfa. Les intérêts civils ont été réservés. Ainsi, lorsque la traduction du verdict rendu lui a été faite par l’interprète assermenté, Abou Hann, les deux mains posées sur le visage, a encore pleuré comme une madeleine.

ABDOU MBODJ

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