Arrestation d’une quinzaine d’opposants en Guinée

Quinze membres de l’opposition guinéenne, dont un chef de parti, qui manifestaient vendredi contre la reprise des travaux de l’Assemblée, ont été interpellés par la police, a constaté un correspondant de l’AFP.

L’opposition dénonce la prorogation en janvier par le président Alpha Condé du mandat des députés jusqu’à l’élection d’une nouvelle Assemblée, initialement prévue en septembre-octobre 2018, et reportée sine die.

Le chef du Bloc libéral (BL), Faya Millimouno, était venu manifester avec ses partisans devant le Palais du peuple, siège de l’Assemblée nationale, pour empêcher les députés « périmés », selon lui, de siéger pour la première session parlementaire depui
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« J’invite les Guinéens à se mobiliser en masse pour les chasser, pour les empêcher de siéger alors qu’ils n’ont plus aucune légitimité », a déclaré M. Millimouno.

Il a été interpellé avec une quinzaine de ses camarades, conduits avec lui à la Direction de la police judiciaire où ils étaient encore détenus en début d’après-midi.

Cette session s’est ouverte entourée d’un important dispositif de sécurité, avec le déploiement de dizaines de véhicules de gendarmerie et de police.

Les manifestants portaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire: « Siéger au Parlement, c’est cautionner le despotisme et violer la souveraineté du peuple » ou encore « 5 ans, c’est 5 ans, alors dégagez, vive les élections législatives, à bas les députés illégitimes ».

Les principaux partis d’opposition et des associations de la société civile et des syndicats ont annoncé mercredi la création d’une coalition pour empêcher M. Condé de briguer un troisième mandat en 2020, le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC).

M. Condé, 81 ans, n’a jusqu’à présent pas annoncé de modification de la Constitution afin de pouvoir se représenter en 2020, au terme de selon deuxième mandat, mais plusieurs de ses déclarations récentes ont été interprétées en ce sens.

Ancien opposant historique et premier président démocratiquement élu de cette ex-colonie française d’Afrique de l’Ouest régie jusqu’alors par des pouvoirs autoritaires, Alpha Condé a souvent contesté la pertinence de la limitation du nombre de mandats sur le continent.

« Personne en Guinée ne m’empêchera d’aller devant le peuple pour lui demander ce qu’il veut et faire la volonté du peuple », a-t-il déclaré le 24 mars devant les militants de son parti, sans autre précision.

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