Attentat à Ahvaz : l’Iran promet de se venger « dans un avenir proche »

Les Gardiens de la révolution iranienne ont promis une « vengeance inoubliable » « dans un avenir proche » après l’attentat d’Ahvaz qui a fait au moins 24 morts ce week-end. L’identité des responsables reste floue.
Au lendemain de l’attentat sanglant à Ahvaz, les Gardiens de la révolution, l’armée idéologique de la République islamique d’Iran, ont publié dimanche 23 septembre un communiqué annonçant « dans un avenir proche » une « vengeance inoubliable », sans plus de précision.

L’attaque de samedi a été perpétrée par un commando de quatre hommes qui ont ouvert le feu à l’arme automatique sur un défilé militaire et la foule des spectateurs, avant d’être abattus. Les assaillants ont fait 24 morts et 60 blessés, selon le dernier bilan revu à la baisse des autorités locales. Une cérémonie de funérailles doit avoir lieu lundi matin, selon la télévision d’État.

L’organisation État islamique (EI) a revendiqué l’attentat samedi. Dimanche soir, l’agence de propagande de l’EI, Amaq, a publié une vidéo montrant trois hommes dans un véhicule et affirmant être en route pour l’attaque.

Piste séparatiste privilégiée jusqu’ici

Téhéran semblait pourtant jusqu’ici privilégier la piste séparatiste, mettant en cause le Front populaire et démocratique des Arabes d’Ahvaz (FPDAA). Ahvaz est la capitale du Khouzestan. Dévastée par la guerre entre l’Irak et l’Iran (1980-1988), cette province pétrolifère du sud-ouest de l’Iran est peuplée majoritairement d’Arabes.

Une revendication, au nom du FPDAA, a été diffusée samedi sur une chaîne satellitaire, Iran International, basée à Londres. Mais, dans un communiqué publié sur son site, le groupe a nié toute implication, et accusé les autorités de Téhéran d’avoir commandité l’attaque pour détourner l’attention du soutien qu’elles apportent « à des milices dans la région ». Le FPDAA dit lutter pour « le droit à l’autodétermination, la liberté et l’indépendance » des Arabes du Khouzestan. Il a toujours affirmé rejeter la violence.

« Nous n’avons aucun doute sur l’identité de ceux qui ont fait ça », a pourtant dit le président iranien Hassan Rohani, avant de décoller pour New York, où il doit participer à l’Assemblée générale annuelle des Nations unies. Il Rohani a accusé les auteurs de l’attentat d’avoir été des « mercenaires » du dictateur irakien Saddam Hussein avant de se trouver après sa mort un nouveau « maître » sur « la rive sud du golfe Persique ».

Diplomates européens convoqués

Hassan Rohani n’a nommé aucun État, mais les Affaires étrangères iraniennes ont convoqué dimanche le chargé d’affaires émirati à Téhéran. Anwar Gargash, ministre délégué aux Affaires étrangères des Émirats arabes unis, a répondu que son pays n’avait aucun lien avec l’attentat d’Ahvaz et a accusé Téhéran d’avoir lancé une « campagne » contre Abou Dhabi.

Le ministère iranien des Affaires étrangères avait annoncé dans la nuit de samedi à dimanche avoir convoqué les diplomates représentant le Danemark, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas à Téhéran. Il leur a fait part des « fortes protestations de l’Iran contre le fait que leurs pays respectifs abritent certains membres du groupe terroriste ayant perpétré l’attaque » d’Ahvaz.

À couteaux tirés avec l’Iran, les États-Unis ont affirmé dimanche « condamner toute attaque terroriste n’importe où », par la voix de leur ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley, qui a appelé M. Rohani à « regarder chez lui». « Je pense que les Iraniens en ont assez et c’est de là que tout ça vient », a-t-elle affirmé sur la chaîne américaine CNN.

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