Au Soudan, le Conseil militaire reproche aux manifestants l’absence de la charia dans leurs propositions

Le Conseil militaire, qui assume l’intérim du pouvoir au Soudan, s’est déclaré globalement satisfait de la structure de gouvernement proposée par l’opposition, mais exige que le système continue de s’appuyer sur la loi coranique.

Au Soudan, les contestataires ne pourront pas faire l’impasse sur la charia. La loi coranique doit rester la source de la législation a affirmé, mardi 7 mai, le Conseil militaire de transition (CMT), reprochant aux chefs civils de la contestation d’avoir omis de la mentionner dans leurs propositions sur la période de transition.

L’Alliance de liberté et de changement (ALC) qui regroupe des organisations d’opposition et de la société civile, avait adressé, la semaine dernière, un projet de document constitutionnel au dix membres du Conseil militaire de transition.

Si ces derniers sont d’accord avec la plupart des propositions de réformes institutionnelles, ils ont estimé dans une conférence de presse à Khartoum que le système devait continuer de s’appuyer sur la charia, qui était la source de la législation sous le régime du président déchu Omar el-Béchir.

“La déclaration (des chefs de la contestation) a ignoré la source de la législation et cette source doit être la charia”, a affirmé le général Chamseddine Kabbachi, porte-parole du CMT. “À notre avis, la charia et les normes et traditions de la République du Soudan doivent servir de bases à la législation”, a-t-il dit à la presse.

Plusieurs points de désaccord

Appliquée sous le régime d’Omar el-Béchir, la charia a conduit notamment à la flagellation de nombreuses femmes pour “comportement indécent”, selon des défenseur des droits humains.

Le général Chamseddine Kabbachi a ajouté que de l’avis du CMT, le pouvoir de décréter l’état d’urgence dans le pays devait incomber à une autorité souveraine et non au gouvernement comme l’a proposé l’opposition. Par ailleurs la période de transition, aux yeux du CMT, doit être de deux ans et non de quatre comme le suggèrent les contestataires. À défaut d’un accord sur la période de transition mais aussi sur les contours d’une administration de transition, le CMT se réserve le droit de convoquer des élections dans les six mois.

Toutefois le porte-parole du CMT a précisé que la composition d’un “conseil souverain” n’a pas encore fait l’objet de discussions avec l’ALC. Le Conseil militaire et les chefs de l’ALC ne s’entendent pas sur la composition d’un tel conseil. L’ALC exige qu’il soit dominé et dirigé par des civils, et les généraux du Conseil militaire insistent pour y garder la main haute.

L’ALC tire sa force des milliers de manifestants qui campent depuis le 6 avril devant le QG de l’armée à Khartoum et qui demandent depuis le départ de Béchir un transfert du pouvoir à une administration civile. Selon un comité de médecins lié au mouvement de contestation, au moins 90 personnes ont été tuées dans ces manifestations.

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