Au Yémen, l’organisation État islamique revendique un attentat contre des séparatistes

Un attentat revendiqué par l’organisation État islamique a fait trois morts, vendredi, à Aden, dans le sud du Yémen. Cette attaque est survenue dans un contexte de tensions croissantes entre les Émirats arabes unis et le pouvoir yéménite.

Trois séparatistes ont été tués, vendredi 30 août, à Aden, dans un attentat revendiqué par l’organisation État islamique (OEI) dans le sud du Yémen. L’attaque a tué « des membres du Cordon de sécurité (…) dans l’explosion d’une moto piégée dans le quartier Saad à Aden », a affirmé l’agence de propagande de l’OEI Amaq, faisant référence à une force séparatiste yéménite.

Cet attentat est survenu dans un contexte de tensions entre les Émirats arabes unis et le pouvoir yéménite, fragilisant davantage leur alliance contre les rebelles houthis. Les Émirats sont l’un des piliers d’une coalition militaire commandée par l’Arabie saoudite, soutenant depuis 2015 le président et le gouvernement yéménites face aux rebelles qui se sont emparés de vastes régions du nord du pays, y compris la capitale Sanaa.

Aden, « capitale provisoire »

Mais depuis début août, un nouveau front s’est ouvert au sein même de cette guerre : des combats ont opposé les forces gouvernementales et les séparatistes voulant l’indépendance du sud du Yémen, qui ont pris le contrôle d’Aden.

Le pouvoir a accusé ouvertement les Émirats de les aider militairement, notamment avec des raids aériens contre ses troupes. Aden est devenue la « capitale provisoire » du pouvoir après la prise de Sanaa par les Houthis en 2014.

Les séparatistes ont affirmé, jeudi, avoir repris Aden aux loyalistes qui la contrôlaient mercredi 30 août. Les séparatistes l’avaient conquise une première fois le 10 août. Les Émirats ont confirmé, vendredi, avoir mené cette semaine des raids aériens contre des cibles à Aden, mais ont soutenu avoir visé des « milices terroristes » et agi en « légitime défense ».

Cinq blessés dans un second attentat

Un second attentat est survenu dans la journée de vendredi à Aden, faisant cinq blessés parmi les gardes d’un chef militaire des séparatistes. Des habitants ont fait état d’arrestations de militaires loyaux au gouvernement.

« La lutte contre le terrorisme » a été l’une des causes invoquées par les séparatistes pour prendre le contrôle d’Aden. Ils avaient accusé auparavant le gouvernement de complicité dans deux attentats ayant fait 49 morts le 1er août dans leurs rangs.

Abou Dhabi et le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi ont fourni deux versions diamétralement opposées des récents événements. Selon la diplomatie émiratie, les forces gouvernementales qui ont tenté de prendre Aden aux séparatistes comprenaient des « éléments appartenant à des groupes terroristes », qui ont été visés par des raids des Émirats.

Ryad accusé de soutenir les séparatistes

Les Émirats arabes unis estiment qu’une partie de l’armée du président Hadi est formée de militants d’al-Islah, un parti yéménite considéré comme proche des Frères musulmans auxquels Abou Dhabi est hostile. Le vice-président yéménite, Ali Mohsen al-Ahmar, est lui même considéré comme proche de la mouvance islamiste.

De son côté, le président yéménite Hadi a accusé dans un communiqué les « milices [séparatistes] rebelles » d’avoir « attaqué toutes les institutions de l’État et ses positions militaires à Aden avec le soutien, le financement et la planification des Émirats ». Il faisait référence à la première conquête d’Aden par les séparatistes le 10 août.

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