Bissau: incinération d’une saisie record de 800 kg de cocaïne

Une cargaison record de quelque 800 kg de cocaïne saisie le 9 mars à Bissau a été incinérée jeudi en présence de membres du gouvernement, dont le Premier ministre, Aristide Gomes, et de responsables de l’ONU, selon des journalistes de l’AFP.

L’instabilité et la pauvreté de cette ancienne colonie portugaise d’Afrique de l’Ouest y ont favorisé l’implantation de narcotrafiquants, utilisant son territoire comme zone de transit de la cocaïne entre l’Amérique latine et l’Europe, sous la protection de hauts gradés.

Lors de la cérémonie en présence d’agents d’Interpol et de militaires de la force ouest-africaine Ecomib, M. Gomes a qualifié la lutte contre le trafic de drogue de « combat vital », à la fois « pour défendre les institutions, pour défendre la République », mais aussi pour attirer les investisseurs.

Il faut « la coopération internationale pour que ça soit efficace. Et on va renforcer la formation aussi pour faire face à ce combat », a indiqué de son côté le ministre de l’Intérieur, Edmundo Mendes.

A la veille des élections législatives de dimanche, ces quelque 800 kg de cocaïne ont été saisis à la sortie nord de la capitale dans un camion frigorifique de poisson immatriculé au Sénégal, destiné à transiter par le nord du Mali, selon la police.

Quatre suspects – deux Nigériens, un Sénégalais et un Bissau-Guinéen – ont été arrêtés, tandis qu’un capitaine de l’armée bissau-guinéenne et deux Maliens étaient toujours recherchés, a indiqué mardi le directeur adjoint de la police judiciaire, Domingos Monteiro Correia. L’un des deux Nigériens arrêtés est un collaborateur du président de l’Assemblée nationale du Niger et le Sénégalais le chauffeur du camion.

Il s’agit de la plus grande saisie de ce type depuis celle de quelque 700 kg de cocaïne pure dans une villa à la périphérie de Bissau en 2007.

L’ONU a salué ces dernières années les progrès réalisés dans la lutte contre le narcotrafic depuis les élections de 2014.

Mais elle a regretté en décembre que depuis avril 2018, date de la désignation d’un gouvernement de consensus dirigé par M. Gomes pour conduire le pays aux élections, la volonté des autorités en la matière se soit « peu affermie ».

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.