Bougazelli, politicien bling bling, l’histoire des 300 000 f pour Ngaka Blindé, ses rapports tumultueux avec Aliou Sall…

Seydina Fall dit Boughazelli. L’homme, au centre de l’actualité nationale, cristallise toutes les attentions depuis trois jours. Même si, pour cette fois, cela risque de lui coûter cher, le député, membre du parti présidentiel, a toujours aimé se retrouver sous le feu des projecteurs. Sa carrière politique s’est ainsi grandement construite sur des sorties médiatiques avec fracas.

Militant à Guédiawaye, au même titre que le frère du président de la République, Aliou Sall, par ailleurs maire de ladite ville, Seydina Fall Bougazelli, s’est souvent distingué par certaine inconstance dans ses positions et ses compagnonnages politiques. Un coup irréductiblement opposé à Aliou Sall, un autre coup à ses côtés pour combattre un troisième frère de parti, il sait également se mettre en avant quand, en cérémonie officielle, le président de la République sert de prétexte à une réconciliation des frères ennemis.

50 ANS, GÉNÉREUX SHOWMAN

Dans cette ville de la banlieue dakaroise, ceux qui l’ont côtoyé le dessinent sous les traits d’un homme obnubilé par le « bling bling ». « C’est quelqu’un qui aime fréquenter des gens très haut-placés et plus nantis que lui : des ministres, des directeurs de société… » déclare Moussa, nom d’emprunt, qui a eu à collaborer avec lui, et semble même peu surpris par les déboires pourtant ahurissants du parlementaire. « S’il est, aujourd’hui, pris dans cette affaire de faux billets, c’est peut-être en partie à cause de cela. Il aimait vivre au dessus de ses moyens », enfonce-t-il.

Natif de Guédiawaye, Seydina Fall, la cinquantaine consommée, est un homme qui s’est forgé dans la réalité d’une banlieue qui ne sourit qu’aux plus ingénieux. Pour s’en sortir, il faut savoir trimer. Lui, n’a pas fréquenté l’école française mais aura tout de même fait ses classes au « Dara Serigne Saliou Mbacké » de Touba, la cité religieuse où il a appris le Coran.

Côté pile, le battant en politique est décrit comme un parent et un voisin attendrissant, mari de deux femmes et père de cinq enfants, trois filles et deux garçons. Des voisins soulignent son caractère jovial et le fait qu’il soit très accessible malgré son statut. « Il a convoyé plusieurs personnes en pèlerinage à La Mecque », disent également les témoignages, sans soucier du fait que cela pourrait susciter des interrogations sur la provenance de l’argent qui permet de telles largesses…

THÉORICIEN DU 3e MANDAT

Surnommé « le Baay Faal de Macky Sall » en raison de sa propension à être prêt à aller au combat pour défendre ce dernier contre vents et marées (il fait d’ailleurs partie de ceux qui malgré les injonctions du patron de l’APR, soutiennent, mordicus, que le chef de l’Etat doit briguer un troisième mandat), Bougazelli souffrirait parfois de sa nature et de son accessibilité en raison de la forte demande sociale dans sa base politique à Guédiawaye, où il s’est imposé pour faire partie de la liste des heureux élus députés à l’Assemblée nationale pour une deuxième législature consécutive (2012 et 2017).

Ici, pour beaucoup de personnes, Bougazelli incarne le politicien de type nouveau qui surfe sur le paraitre et s’acoquine avec les célébrités. Justement, à l’annonce de son implication dans une scabreuse affaire de faux billets de banque, l’on se plait à se remémorer que le député… avait financé – tout ou partie de – la conférence de presse des soutiens du rappeur « Ngaka Blin D », alors arrêté en 2017 pour… contrefaçon, falsification, altération de signe monétaire. En gros, de faux billets de banque. Sous le sceau de l’anonymat, cet homme révèle que Bougazelli « avait casqué 300 000 F CFA ».

L’histoire ne dit toutefois pas si ce fut en… faux billets.

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