Ces manipulations de Macky Sall pour s’éviter des remarques au sommet du G7 !!!

Rien de ce qui est arrivé au cours de cette journée du 07 juin n’est fortuit. Tout au contraire… Tout a été froidement orchestré pour tomber pile poil ce jour où, comme par hasard, s’est ouvert le sommet du G7 auquel prend part, es-qualité, Macky Sall, président du comité d’orientation des chefs d’Etat et de gouvernement du Nepad.

Dans un scénario bien réglé, avec aucun détail laissé au hasard, le pouvoir de Macky Sall a fait courir, dès le matin du 07 juin, la rumeur du retrait de la loi sur le parrainage, briefé certains journalistes, orchestré l’intox… Il est question d’attirer l’attention sur le rappel par le gouvernement du projet de loi portant mise à niveau du Code électoral suite à la révision constitutionnelle instituant le parrainage. Dans quel objectif ? Faire comprendre aux dirigeants des sept nations les plus riches du monde, à travers les fiches de leurs ambassades respectives, qu’au Sénégal, après un bras de fer fort médiatisé, le pouvoir négocie désormais avec l’opposition autour de la question litigieuse du parrainage.

Ce n’est pas là l’unique manipulation de Macky Sall. Le 06 juin, en conseil des ministres, à quelques heures de prendre l’avion pour le Canada, le président de la République a annoncé et fait acter dans le communiqué que le dialogue avec l’opposition et la société civile autour de la gestion du pétrole et du gaz allait démarrer le 12 juin. Une manière fort habile de couper l’herbe sous les pieds de ces dirigeants de pays puissants prompts à poser des questions à leurs homologues d’Etats pauvres sur la gestion des revenus issus de leurs ressources naturelles.

Rien de ce que Macky Sall a fait ou dit ces derniers jours n’est donc le fruit du hasard. Tous ses actes et paroles ont procédé d’un calcul froid, voire cynique.

Il est certes vrai que le locataire du Palais de l’Avenue-Léopold-Sédar-Senghor ne pouvait pas ne pas tenter de montrer patte blanche avant de se rendre au Canada, dans ce contexte où la communauté internationale s’inquiète face aux dérives multiformes de son régime: emprisonnements d’opposants, changements forcés des règles électorales, népotisme dans la gestion du pétrole…

Pour ne rien arranger, Barthélémy Dias, emprisonné pour délit d’opinion, a commis un mémorandum sanguin qui a devancé Macky Sall en Amérique du Nord. Il fallait éviter à tout prix que cette contre-attaque largement diffusée aux Etats-Unis serve de base au numéro un américain, Donald Trump, pour interpeller notre président sans fioriture diplomatique.

En un mot comme en mille, le numéro un sénégalais a multiplié les gages à l’endroit de l’opposition et de la société civile, ouvert les vannes du dialogue autour du code électoral ainsi que du pétrole et du gaz, donné des signaux verts à ceux qu’il est allé rencontrer… Il est fort à parier que ces mesures cosmétiques n’iront pas beaucoup plus loin que le stade de l’annonce. Le vernis risque de craqueler sous l’effet de la révolte des Sénégalais exaspérés d’être pris pour les dindons de la force. Tout peut atteindre le point de rupture. Toute chose a une limite. Y compris le cynisme en politique !

Cheikh Yérim Seck

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