Comptes de Karim…Antoine Diome explique le refus de Monaco

Réagissant au énième revers judiciaire à l’international du régime du président Macky Sall, l’agent judiciaire de l’etat dit ne pas être étonné dès lors que « l’on refuse à l’État du Sénégal des mesures de confiscation impactant des individus tel que Mamadou Pouye. »

En effet, selon l’agent judiciaire de l’etat, les multiples enquêtes et auditions menées sur le territoire sénégalais ainsi que les commissions rogatoires internationales adressées à différents pays ont permis d’établir de première part la mise sous coupe réglée de plusieurs secteurs de l’économie sénégalaise par « la constitution, le pilotage et le pillage de différentes sociétés ad hoc basées tant au Sénégal que dans des paradis fiscaux étrangers, complétée de, deuxième part, d’un vaste système de circulation des fonds et de leur sauvegarde hors du territoire national dans différents comptes bancaires ouverts au sein d’établissements bancaires étrangers dont la banque monégasque, la Julius Baer ». ainsi, Antoine Diome détaille dans un texte que dans le secteur aérien, Karim Wade a constitué, « avec l’aide de ses complices », différentes sociétés liées au transport de passagers par bus de pistes à l’aéroport de Dakar (ABS Sa), à la concession et à l’exploitation du nouvel aéroport (Daport Sa), au handling (ahs Sénégal). Différentes sociétés de handling, répliques de la société sénégalaise AHS, ont, selon lui, ensuite été constituées pour opérer dans différents pays (en afrique de l’Ouest et du centre ainsi qu’en asie), toutes « détenues artificiellement par une société luxembourgeoise, elle-même propriété d’une société hongkongaise détenue à son tour par une so- ciété panaméenne. Karim Wade a dupliqué de semblables montages dans les domaines des médias, de la finance et de l’immobilier pour capter des fonds publics afin de les blanchir par leur envoi dans certaines banques étrangères dont la Julius Baer de Monaco. C’est ainsi qu’entre 2003 et 2012, des montants cumulés de plus de cent cinquante millions (150.000.000) d’euros ont enregistrés au crédit de la trentaine de comptes bancaires ouverts par M. Wade et ses complices à la Julius Baer de Monaco ». « Dans le cadre de l’exécution des condamnations prononcées par la Crei, des demandes d’entraides judiciaires pénales internationales ont été adressées en France, au Luxembourg, et à Monaco afin de confisquer les avoirs détenus par les personnes condamnées, soit en leur nom, soit en qualité de bénéficiaires économiques des sociétés créées et des comptes bancaires y afférant », ajoute le document de l’agent judiciaire de l’etat.

Selon Antoine Félix Diome, l’objectif, en ce qui concerne Monaco, était d’obtenir tout d’abord la confiscation dans la principauté des trente comptes bancaires « ouverts tant aux noms de Karim Wade, d’Ibrahim Aboukhalil, de Karim Abou-khalil, de Mamadou Pouye, qu’aux noms des différentes sociétés dont ces trois derniers sont systématiquement les bénéficiaires économiques désignés, comptes qui avaient été pénalement saisis et gelés par les autorités monégasques en 2013 et 2014 en exécution des commissions rogatoires internationales diligentées par la Crei ».

Selon Antoine Félix Diome, « en vertu des différentes conventions internationales applicables en matière pénale, plus particulièrement liées aux délits de blanchiment, corruption, enrichissement illicite (convention de Mérida et Convention de New York) destinées à faciliter la coopération internationale, le processus d’entraide et de confiscation des avoirs détenus par les personnes précitées ne devait poser, théoriquement, et sur un strict plan juridique, que très peu de difficultés, surmontables. » Il s’étonne donc que l’État du Sénégal rencontre des difficultés à recouvrer à l’étranger les biens et fonds mal acquis.

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