Crash aérien : Washington oblige Boeing à modifier les 737 MAX, sans les immobiliser

Les États-Unis vont obliger Boeing à procéder à des modifications du 737 MAX 8 et du 737 MAX 9 mais ne vont pas clouer ces avions au sol, prenant le contrepied de pays comme la Chine, l’Indonésie et la Corée du Sud.

Après le crash de l’avion d’Ethiopian Airlines, plusieurs compagnies aériennes et pays ont pris des mesures par rapport aux Boeing 737 MAX 8, le modèle de l’appareil impliqué dans la catastrophe.

Les États-Unis vont obliger Boeing à procéder à des modifications du 737 MAX 8 et du 737 MAX 9 mais ne vont pas clouer ces avions au sol. L’agence fédérale de l’aviation (FAA), un des principaux régulateurs du transport aérien, a demandé lundi à l’avionneur américain d’effectuer des changements “au plus tard en avril” sur des logiciels et sur le système de contrôle MCAS conçus pour éviter les décrochages.

Boeing, qui a affirmé n’avoir “aucune raison de donner de nouvelles directives aux opérateurs” aériens, doit également actualiser le manuel destiné à la formation des pilotes. “Si nous identifions un problème affectant la sécurité, la FAA prendra des mesures immédiates et appropriées”, a répété lundi soir le régulateur.

Les autorités américaines se distinguent ainsi de la Corée du Sud, de l’Indonésie et surtout de la Chine, grosse cliente du 737 MAX 8, qui ont décidé d’immobiliser ces appareils.

Mesures de sécurité supplémentaires

En Inde, les autorités ont imposé des mesures de sécurité supplémentaires aux équipes de maintenance au sol et aux équipages des avions, mais n’ont pas ordonné l’immobilisation des 737 MAX exploités par deux compagnies indiennes.

Les autorités singapouriennes ont quant à elles annoncé mardi suspendre tous les vols opérés en Boeing 737 MAX à partir de 14 h locales (6 h GMT). Parmi les compagnies aériennes concernées se trouvent SilkAir, une filiale de Singapore Airlines, China Southern Airlines, Garuda Indonesia, Shandong Airlines et Thai Lion Air, précise l’autorité de l’aviation civile de Singapour dans un communiqué.

Un 737 MAX 8 de la compagnie Ethiopian Airlines s’est écrasé dimanche au sud-est d’Addis Abeba peu après le décollage, tuant les 157 passagers et membres d’équipage. Les deux boîtes noires – l’une contenant les données techniques du vol et l’autre l’enregistrement des discussions et des alarmes dans le cockpit – ont été retrouvées lundi.

Cet accident, survenu moins de cinq mois après celui d’un avion du même modèle de la compagnie indonésienne Lion Air, a inquiété les investisseurs, tant il est rare qu’un nouveau modèle enregistre deux accidents mortels en peu de temps. Le titre Boeing a perdu lundi 5,36 % à Wall Street.

Des pilotes refusent de voler sur cet appareil

À la suite de l’accident de dimanche, Ethiopian Airlines a immobilisé ses quatre autres Boeing 737 MAX 8. Au fil de la journée, les compagnies Cayman Airways (îles Caïmans), Comair (Afrique du Sud) puis Aeromexico (Mexique) et Gol (Brésil) ont fait de même.

De leur côté, les pilotes de la compagnie argentine Aerolineas Argentinas ont annoncé, via leur syndicat, qu’ils refusaient de voler sur cet appareil jusqu’à ce qu’ils reçoivent “suffisamment d’informations et de garanties sur l’absence totale de risques lors des opérations avec cet avion”, dont le moteur est plus gros que sur les vieux 737 NG.

Si les causes de ces accidents ne sont pas encore connues, le crash de Lion Air a braqué l’attention sur les capteurs d’incidence (AOA) dont un dysfonctionnement peut conduire l’ordinateur de bord, pensant être en décrochage, à mettre l’appareil en piqué alors qu’il faudrait au contraire le redresser.

Le 737 MAX fait partie des négociations commerciales en cours entre les États-Unis et la Chine, Washington poussant Pékin à passer de nouvelles commandes pour rééquilibrer les échanges commerciaux entre les deux premières économies mondiales, selon la presse américaine.

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