DE LA POLITIQUE AUTREMENT À L’OPPOSITION AUTREMENT

L’on se souvient que le 14 Mai 2016 Abdoul Mbaye lançait à grande pompe le slogan “la politique autrement”, s’arrogeant au passage une marque méritoire de citoyen modèle distinct des autres politiciens de la place, tous étiquetés d’emblée de corrompus.

Une marque de distinction lui était effectivement nécessaire en tant que novice dans la politique pour se différencier des autres postulants, cependant il y a une bonne différence entre le fait de justifier ses divergences avec les autres et celui de se prendre pour un spécimen génétiquement supérieur aux autres. Ce genre de jupiterianisme relève de l’imposture. Heureusement, le peuple ne s’y est pas trompé, lui qui lors des différentes élections qui se sont déroulées depuis, a clairement rétabli par le vote la position de chaque prétendant sur l’échiquier politique. Si tant est que le sieur Mbaye avait eu à faire tilt avec ce slogan en 2016, tel n’est plus le cas à présent. Il suffit de se rendre au siège de son parti pour constater que l’engouement des premiers jours s’est rétréci comme une peau de chagrin et le parti croupit actuellement dans une cantine où il se plait à concocter à longueur de journée des farces et cocktails politiciens insipides.

“Autrement”, un slogan synonyme d’échecs continuels

La “politique autrement” prônée n’a pas su résister au moindre test électoral. Elle aurait en désespoir de cause cédé place à une hideuse abjuration aux lendemains d’un premier échec cuisant, plutôt que de justifier la préséance du protagoniste.

En effet, en allant se chercher une voie de résurgence auprès de Me Abdoulaye Wade, puis d’Idrissa Seck lors des présidentielles, le sieur Mbaye se serait en clair résigné à renier ses chers principes. L’on savait qu’auparavant son credo favori était : « jamais de compromis avec ces deux, devrais-je abandonner la politique tant s’en faut ».

Aujourd’hui qu’il lui est clair que gouverner ce pays par l’heur des urnes lui est impossible, le mieux qu’il a à faire est d’arrêter de faire de la politique mais cela ne lui est pas simple. Il est connu qu’il est plus facile d’entrer en politique que d’en sortir. Du moment qu’il est devenu accro à son projet chagrinant qui ne lui réserve que discrédit et déclin, son choix tactique se résume à une double alternative : la superstition et la subversion !

Cependant, on peut duper une personne quelque temps, mais pas le monde, tout le temps.

L’on ne peut pas constamment se camoufler dans ses arguments tels fléaux sans que cela ne soit décelé un jour. Et il est question de cela dans ce qui suit.

  •  De la signature de Premier ministre et de ses conséquences.

Apposer sa signature sur un décret à l’effet de le valider relève à l’évidence d’une grande responsabilité personnelle, liée à une fonction prestigieuse dotée de privilèges et prérogatives exceptionnels, que le président de la République confie à un homme digne de sa confiance.

Par ailleurs, l’on sait qu’une signature a une haute signification universelle. Rien n’est plus sérieux qu’une signature dans toutes les sociétés en ce qu’elle permet d’authentifier et à contrario d’établir le faux au cas échéant.

Dès lors, le fait de voir une notoriété de la communauté badiner avec sa propre signature en la reniant, suscite à l’endroit de ce dernier de la suspicion par rapport à la production et l’usage du faux.

Qu’un Premier ministre appose sa signature sur un décret, pour revenir deux ans plus tard se dédouaner totalement, arguant du fait qu’un ministre de son gouvernement chargé d’introduire le décret, en l’occurence Aly Ngouille Ndiaye, l’avait induit en erreur, cela pose problème. Il y a là une insidieuse entorse à la raison, car au vu de la hiérarchie des fonctions, c’est la signature du Premier ministre qui en dernier ressort, valide le décret et par voie de conséquence tout le travail antérieur fait par quelque ministre du gouvernement. La raison voudrait alors que ce soit Aly Ngouille Ndiaye qui puisse arguer du fait qu’il est quitte de ce dossier vu qu’il a été complètement validé par ses supérieurs et non le contraire. Cependant, lui Aly demeure serein et imperturbable convaincu que la raison finira par avoir le dessus. C’est l’autre qui extravague alors que ses arguments sont irrecevables car fondés sur l’abdication de notre raison. Au-delà, le fait de se défausser sur son collaborateur au lieu d’assumer ses responsabilités révèle en la personne l’absence de toutes vertus de leadership. Cette supercherie de la substitution est inacceptable : être pris en défaut et vouloir tourner la situation en sa faveur en introduisant dans le processus de la subversion est tout à fait chimérique.

  • De la lettre ouverte adresséà son excellence monsieur le président de la République:

Le motif de cette lettre nous dit-on, est une première lettre adressée directement au président de la République et demeurée sans suite.

Lorsqu’on remonte à la première lettre l’objet en était :

  1. donner des recommandations d’engager des enquêtes,
  2. récupérer des droits consentis quatre ans auparavant à un investisseur et enfin
  3. sanctionner des fonctionnaires éventuellement fautifs.

Autrement dit, tout ce qu’il devait faire de par les prérogatives de ses fonctions et qu’il n’avait pas fait, aveu de carence fourni par cette même lettre, il le fait tardivement et l’adresse au président de la République, soit deux ans après qu’il ait perdu sa position.

Sidérant ! Pourquoi est-ce que le président devrait-il suivre des recommandations provenant d’une source par lui même disqualifiée ? N’est-ce pas illusoire d’y croire !

Ces recommandations du reste suspicieuses n’avaient d’intérêt que pour lui, accablé qu’il était par l’évidence de son implication en cas de prévarication.

De même pour cette seconde lettre publique loin d’être fortuite dans le contexte post-électoral que l’on vit. Elle n’a qu’un seul objectif fondé sur la superstition charlatanesque qui veut que le président ne termine pas son mandat, emporté qu’il sera par un événement funeste : c’est celui de servir d’étincelle ou de combustible pour embraser le pays. Dieu nous en préserve, car lorsque l’étincelle à proximité fait feu de tout bois, elle ne se doute pas des vents d’horizon divers qui viendront l’attiser. Ce qu’il faut souhaiter c’est d’être encore tous là et en pleine santé pour les présidentielles de 2024, parce qu’il y a une opposition sereine convaincue que la voie de la paix, du respect mutuel et des urnes est le bon choix et s’y prépare sérieusement.

  • Quant à demander publiquement au président Macky Sall, si au regard des éléments aujourd’hui connus, l’attribution des permis en question aurait oui ou non violé la loi et les règlements de notre pays – la question est qualifiable de triviale et infantile.
  • Pourquoi ? Parce que l’établissement d’un viol de la loi n’est pas du ressort du président, mais plutôt des institutions judiciaires. Cette vicieuse question est posée en connaissance de cause du fait que le président ne peut y donner de réponse satisfaisante. Cette fourberie consiste à biaiser une situation en posant des questions de détail de toutes sortes à son adversaire à l’effet d’éloigner les gens de l’essentiel et cyniquement le confondre par tant d’amalgames. C’est la mauvaise foi et l’absence de vertu qui entraine quelqu’un à recourir à ces tactiques envers un adversaire politique que l’on a fini de confondre avec la haine, du fait d’une illusoire damnation génétique.

Il est admis qu’il faut du tout pour faire un monde d’où la nécessité d’être indulgent les uns envers les autres. J’y ajoute qu’il est bon à chaque membre d’une société, de ce tout qui fait un monde, de savoir la partie à laquelle il appartient.

IBE NIANG ARDO

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