Début de rassemblements en Algérie contre le 5e mandat du président Bouteflika

Quelques centaines de personnes se sont rassemblées vendredi matin à Annaba, à environ 400 km à l’est d’Alger pour protester contre le 5e mandat que brigue le président Abdelaziz Bouteflika le 18 avril, ont indiqué la presse locale et un participant.

Plusieurs appels à manifester ce vendredi notamment après la grande prière hebdomadaire musulmane de la mi-journée, contre ce 5e mandat ont été lancés sur les réseaux sociaux, sans que le mouvement apparaisse pour l’heure très structuré.

A Annaba, dans le nord-est, la place « Cours de la Révolution a été submergée par des jeunes et moins jeunes, dans une atmosphère bon enfant », rapporte le site d’information TSA (Tout sur l’Algérie).

D’autres sites font état de « centaines de personnes rassemblées » à Annaba. Les manifestants se sont rassemblés dans le centre-ville dès le milieu de la matinée, a indiqué à l’AFP un participant, qui n’a pas fait état d’incident.

Le drapeau algérien à Alger, le 12 avril 2018.
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« Non au 5e mandat! », ont scandé les manifestants. « Dégage Bouteflika » ou « je suis Algérien et je suis contre le 5e mandat », pouvait-on lire sur des pancartes, certaines arborant un 5 barré, a-t-il rapporté.

A Alger, où toute manifestation est interdite depuis 2001, une dizaine de personnes ont été interpellées alors qu’elles tentaient de se rassembler dans le centre de la capitale, a constaté un photographe de l’AFP.

Plusieurs cars de police étaient déployés dans le centre-ville et un hélicoptère survolait la capitale, depuis le début de la matinée.

D’autres rassemblements de moindre importance et d’ampleur variée, ont été rapportés par des sites algérien d’information, dans plusieurs localités l’Algérie.

Sur son site, le quotidien francophone El Watan signale un sit-in de « dizaines de personnes » devant le siège de la wilaya (préfecture) de Sétif (200 km au sud-est d’Alger) et une marche de « centaines » de protestataires dans la localité de Bougaa, 30 km plus au nord.

« Y en a marre de ce pouvoir » ou encore « Algérie libre et démocratique, ont scandé les manifestants à Sétif, rapporte El Watan.

Le site TSA fait également état de manifestations à Oran, deuxième ville du pays située à environ 400 km à l’ouest d’Alger, à Tiaret et Relizane (respectivement 200 et 250 km au sud-ouest de la capitale).

Les autorités algériennes ont mis en garde ces derniers jours les « fauteurs de trouble ». Le Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN, police algérienne) n’a pas répondu aux appels de l’AFP dans l’immédiat.

Des employés de la ville installe le drapeau algérien et un poster du président Abdelaziz Bouteflika, à Alger, en Algérie, le 26 avril 2016.
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Quelques rassemblements, d’ampleurs diverses ont déjà été signalées dans des localités algériennes au cours du week-end dernier et dans la semaine écoulée.

Au pouvoir depuis 1999, M. Bouteflika a annoncé début février qu’il briguerait un 5e mandat lors de la présidentielle prévue le 18 avril en Algérie.

Constamment réélu depuis 2004 avec plus de 80% des voix au 1er tour, M. Bouteflika est affaibli par les séquelles d’un AVC dont il a été victime en 2013 et qui l’a cloué dans un fauteuil roulant.

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