Des dons en hausse pour les réfugiés palestiniens

Plusieurs pays se sont engagés, mardi, à verser « plus de 110 millions de dollars » à l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), privée de dons américains et dont le déficit est évalué à 211 millions de dollars pour 2019.

C’est « un pas important ». Le commissaire général de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), Pierre Krähenbühl, a indiqué avec satisfaction que plusieurs pays se sont engagés, mardi 25 juin, à verser « plus de 110 millions de dollars » (96,8 millions d’euros) à l’agence, lors de la conférence annuelle de ses bailleurs de fonds à New York.

Cette conférence s’est tenue le jour de la présentation à Bahreïn par les États-Unis du volet économique de « l’accord ultime » promis par le président Donald Trump visant à régler le conflit israélo-palestinien. L’administration américaine ambitionne de mobiliser 50 milliards de dollars d’investissements internationaux dans les Territoires palestiniens et les pays arabes voisins sur dix ans.

À New York, la France a notamment confirmé qu’elle débloquerait pour 2019 « 20 millions d’euros », soit près du double de sa contribution en 2018 en faveur de l’agence qui gère des écoles et fournit une aide humanitaire, sociale et médicale à près de 5,2 millions de réfugiés palestiniens enregistrés en tant que tel par l’UNRWA en Jordanie, au Liban, en Syrie, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

« Nous avons besoin de plus d’argent »

En comparaison avec les 39 à 40 millions de dollars (35 millions d’euros) obtenus l’an dernier à la même conférence, « c’est un très bon chiffre », s’est-il félicité devant des médias, alors que le déficit de l’agence, privée depuis août 2018 de financements américains sur décision du président Donald Trump, est évalué à 211 millions de dollars (185,8 millions d’euros) pour 2019.

En 2018, l’UNRWA avait réussi grâce à des contributions supplémentaires d’États membres et à des économies internes à compenser l’arrêt des financements américains et un trou global de 446 millions de dollars (392,7 millions d’euros). À l’époque, l’Allemagne avait notamment annoncé une hausse « substantielle » de sa contribution à l’agence de l’ONU.

« Je demande humblement à tous les donateurs de maintenir leur soutien à l’UNRWA au niveau de l’an dernier », a déclaré de son côté le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres. « Nous savons ce qui est en jeu : une éducation pour un demi-million d’enfants, 8 millions d’examens médicaux par an, une aide d’urgence pour 1,5 million » de personnes. Et de rappeler : « uniquement à Gaza, un million de réfugiés palestiniens dépendent de l’UNRWA pour la nourriture ».

Le budget de l’UNRWA a été estimé pour 2019 à 1,2 milliard de dollars, soit le même montant que l’an dernier. Plus de cinq mois ont été couverts, « chaque année est un défi » et « nous avons besoin de plus d’argent » que les 110 millions promis, a souligné Pierre Krähenbühl.

Donald Trump coupe les vivres

« Les problèmes auxquels nous avons été confrontés l’année dernière ne sont pas terminés. Les États-Unis ne se sont pas réengagés auprès de l’UNRWA », a déploré mardi Pierre Krähenbühl. Il a précisé que l’agence, qui a commencé à être en déficit au début du mois de juin, tenterait de mobiliser à nouveau des donateurs en septembre lors de l’Assemblée générale annuelle de l’ONU, au niveau des chefs d’État et de gouvernement.

Le 31 août 2018, les États-Unis, qui étaient de loin les plus grands contributeurs de l’agence, avaient annoncé mettre fin à son aide financière annuelle de plus de 300 millions de dollars (264,1 millions d’euros), estimant que l’UNRWA, fondée en 1949, n’était plus justifiée 70 ans après le début du conflit israélo-arabe. En janvier 2018, Washington avait déjà considérablement réduit sa contribution à l’UNRWA, en la divisant par six.

Une annonce qui était intervenue une semaine après avoir décidé, « à la demande » du président Donald Trump, de supprimer plus de 200 millions de dollars (176 millions d’euros) d’aide bilatérale aux Palestiniens. L’Organisation de libération de la Palestine (OLP), avait alors dénoncé une décision « cruelle et irresponsable ».

Israël,de son côté, avait salué cette décision, accusant l’UNRWA de « perpétuer le conflit » israélo-palestinien en entretenant l’idée – à laquelle il s’oppose – que de nombreux Palestiniens sont des réfugiés dotés du droit au retour sur les terres qu’ils ont fuies ou dont ils ont été chassés lors de la création d’Israël en 1948.

L’État hébreu et les États-Unis s’opposent au fait que les Palestiniens puissent transmettre ce statut de réfugié à leurs enfants, souhaitant réduire le nombre de personnes bénéficiant d’une aide de l’UNRWA, ce que les Palestiniens dénoncent comme une violation de leurs droits.

Pour motiver sa décision de couper les vivres à l’agence onusienne, accusée d’augmenter « sans fin et de manière exponentielle » le nombre de Palestiniens éligibles au statut de réfugié, l’administration américaine avait expliqué qu’elle n’avait pas « l’intention de supporter la part très disproportionnée du fardeau des coûts de l’UNRWA, pris en charge pendant de nombreuses années ».

Les relations sont gelées entre Washington et l’Autorité palestinienne depuis l’annonce par Donald Trump, fin 2017, de sa reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël. Les Palestiniens refusent depuis tout contact avec l’administration américaine et lui dénient tout rôle de médiateur dans le processus de paix avec Israël.

En réponse, Donald Trump avait conditionné le versement de l’aide aux Palestiniens à leur retour à la table des négociations. Un moyen de pression pour les contraindre à accepter son « accord ultime », rejeté par l’Autorité palestinienne.

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