Et si c’était le véritable match le plus important de la saison pour Rennes ?

Le Stade Rennais a déjà en bonne partie réussi sa saison grâce à son parcours aussi surprenant que mémorable en Ligue Europa. Mais le moyen le plus sûr de revivre de tels frissons reste la Coupe de France à l’heure d’affronter Lyon en demi-finale mardi. Les Bretons sont à deux matches d’un nouveau ticket européen, de quoi faire de la rencontre leur véritable objectif de l’année.
Les frissons de la Coupe, les Rennais commencent à bien les connaître. Certains de leurs supporters ont passé une semaine à Séville après avoir éliminé le Betis en Ligue Europa rien que pour en savourer un peu plus le souvenir. L’élimination contre Arsenal a laissé quelques frustrations par la manière, mais n’enlève rien à la folie qui s’est emparée du cœur des supporters du SRFC pendant leur campagne continentale. Pour espérer prolonger ces émotions qui font tout le sel d’une saison, la formation bretonne n’a plus 36 solutions. La plus simple reste encore de tout donner sur deux rencontres. Et si le déplacement à Lyon était finalement le match le plus important de la saison de Rennes ?

Au Groupama Stadium, les hommes de Julien Stéphan n’auront pas les faveurs des pronostics. L’entraîneur rennais en convenait lui-même vendredi après la rencontre face à… Lyon, en championnat. « L’OL était déjà favori pour la demi-finale de Coupe de France, il l’est encore. Il faudra un exploit pour emmener le peuple rennais au Stade de France » assurait-il.

L’effectif rhodanien est mieux armé pour enchaîner les compétitions. Vendredi, l’OL s’était imposé 0-1 au Roazhon Park, un résultat capital dans leur course au t op 3 et à la C1. Si l’équipe d’Ille-et-Vilaine ne boxe pas tout à fait dans la même catégorie, elle a déjà prouvé sa capacité à se transcender sur une rencontre. Elle l’a déjà démontré à de multiples reprises que ce soit le couteau sous la gorge contre Astana, comme en étant outsider à Séville ou face aux Gunners. Un esprit de corps et des qualités mentales peu banales qui sont autant d’arguments à un possible exploit à Décines.

Entre sprint et demi-fond
Ces vertus dressent en tout cas le portrait-robot d’une équipe plus à même de tout donner sur 90, voire 120 minutes que d’enchaîner les performances jusqu’à la fin du championnat. Avec huit points (et un match de retard) sur Saint-Etienne, 4e, Rennes part de loin pour espérer décrocher son sésame européen via la Ligue 1, ce malgré un calendrier abordable. Stéphan semblait miser sur cette course de demi-fond, et sur un « parcours Ligue des champions sur la deuxième partie de saison ». C’était avant vendredi soir et le but tardif de Martin Terrier pour les Gones. C’est surtout le risque de s’époumoner dans le rôle de chasseur pendant près de deux mois, quand un sprint de deux soirs offre un même résultat.

Ismaila Sarr en mode acrobate face à Jason Denayer lors de Rennes-OL / Ligue 1

Rennes s’est déjà montré capable cette saison de s’imposer à Lyon, pour la première de Julien Stéphan sur le banc (0-2, le 5 décembre 2018). Rééditer une telle performance n’a rien d’une utopie. Les suspendus de vendredi, Traoré, Bourigeaud et Bensebaini sont tous des titulaires en puissance qui feront le plus grand bien au onze breton. Outre son caractère, le Stade Rennais et son jeu offensif ont de quoi gêner une arrière-garde pas toujours sereine face aux joueurs vifs comme Ismaïla Sarr, libéré par l’absence de Ferland Mendy sur le couloir gauche, ou techniques comme Hatem Ben Arfa.

Une victoire, et les Rennais auront fait la moitié du boulot, voire plus. Une possible qualification du PSG en finale pourrait être une chance supplémentaire de dérocher l’Europe même en cas de défaite au Stade de France. Une place de 5e de la saison suffirait alors pour participer au 2e tour de la Ligue Europa. Cette perspective pourrait alors rendre la tâche du SRFC moins ardue. On en oublierait presque que Rennes court toujours après un nouveau trophée, 38 ans après la Coupe de France 1971, remportée alors contre un certain Olympique Lyonnais. Et en 2019, l’adversaire pour décrocher la Coupe ne se nommerait pas Guingamp…

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