Exigence d’habillement correct à la grande mosquée de Touba

Pointé devant l’une des portes principales de la grande mosquée de Touba, Omar Fall, tout de bleu vêtu, une ceinture blanche bien noué autour de la taille, filtre les entrées. Avec fermeté. Sans état d’âme. Il faut respecter certaines prescriptions pour fouler pied à l’intérieur de la mosquée. Omar Fall, membre du mouvement « khidmatoul Khadim » éconduit, sans sourciller, ceux ou celles qui ne les respecte pas. « Nous avons reçu des instructions fermes selon lesquelles tout pèlerin qui ne respecte pas les interdits n’accèdent pas à l’intérieur de la mosquée. Nous veillons au respect scrupuleux des règles édictées par le Khalife général des mourides », explique Omar Fall, en demandant aux hommes qui sont en mode dégradés d’aller se raser la tête.

Cachez ces coupes que je ne saurais voir

« Tout le monde a entendu les audios. On a interdit les débardeurs, les dégradés, les hommes qui portent des chaines. Des règles sont également imposées aux filles. Pas de fente pour elles et, elles doivent se couvrir complètement la tête », a expliqué Omar Fall. Qui estime que même s’il n’y avait pas ces interdits, un musulman doit toujours soigner sa mise et avoir un comportement exemplaire. « Le bon comportement doit être une obligation chez le musulman surtout chez les mourides », sermonne-t-il.

Venu de la Casamance, Abdoulaye Baldé a fait la queue pour accéder à la mosquée. Mais, il a été éconduit à cause de coiffure dégradée. En bon talibé mouride, il prend avec philosophie cet état de fait et décide d’aller se raser. « Je n’étais pas au courant des interdits sinon je ne viendrai pas avec cette coiffure. Je vais me raser et venir faire mon ziarra », soutient-il dans un wolof approximatif.

Anna Faye vient de Niague, localité sise dans la banlieue dakaroise. Habillée en brodé, la jeune dame a couvert tout son corps afin de pouvoir entrer dans la grande mosquée pour faire son « ziarra » dans les différents mausolées des défunts marabouts. « Ce sont des saints hommes qui gîtent dans ce lieu. Nous leur devons respect et considération. Il y a un minimum de comportement qu’il faut avoir envers eux. Nous avons parcouru des Kilomètres pour venir solliciter des prières et renouveler notre allégeance, donc, ça n’a pas de sens de venir et d’avoir des comportements qui ne sont pas en conformité avec les règles décrétées. Un bon talibé doit respecter à la lettre l’orthodoxie mouride », plaide-t-elle.

En sus des mauvais comportements et des accoutrements indécents, le Khalife général des mourides avait également interdit la vente de cigarettes, de mèches, produits de dépigmentation dans la cité religieuse. Des interdits que les commerçants ont respecté à la lettre. Boutiquer établi à Touba Darou Khoudoss, à l’entrée de Janatou Maxwa, Ousseynou Ndiaye affirme que les vendeurs appliquent à la lettre les recommandations du Khalife. « Je n’ai pas vu un commerçant qui vend ces produits. S’il y en certains qui le font, c’est en cachette. Ce qui serait trahir Serigne Touba. Je ne vends aucun produit prohibé dans ma boutique », rassure-t-il avant d’inviter les autochtones tout comme les pèlerins à appliquer les chartes mises en place par le Khalife pour un bon déroulement du Magal de Touba.

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