Focus sur les entraineurs du championnat sénégalais, est-ce un métier ingrat? Ils répondent !

Meilleur un jour, pire pour toujours. Etre entraineur n’est guère un quotidien facile. Un mot les lie: la passion pour leur métier. wiwsport.com s’est entretenu avec quelques entraineurs qui font le football sénégalais. A l’unanimité, ils trouvent le métier ingrat et nous raconte leurs bons et mauvais moments.

YOUSSOUPHA DABO, entraineur Stade de Mbour et sélectionneur U20: « Nos résultats doivent définir notre avenir « 

« Pour moi c’est une vocation. Même quand je jouais, je m’intéressais beaucoup aux contenus des séances d’entraînement et j’interrogeais très souvent mes coachs sur le pourquoi de telle ou telle situation. J’aime bien manager une équipe et faire progresser les joueurs à partir de là c’était tout naturel de faire ce métier. 

Je pense que il y’a un côté d’ingratitude dans tous les métiers. Le notre est très exposé et médiatisé mais il faut faire avec. Je pense que l’un des charmes de ce métier se trouve justement dans ce contexte de génie un jour et nullard le jour suivant. Dans tous les métiers, nos résultats doivent définir notre avenir. »

Cheikh Gueye, ex entraineur de Sonacos : « J’ai préféré être coach que professeur de philo.. »

« J’ai toujours eu comme passion les études et le foot . Tout petit je m’intéressais aux métiers du sport ( médecine du sport, management, entraineur ). J’ai préféré être coach que professeur de philosophie. La motivation ce n’est rien d’autre que le choix de faire de ma passion un métier. Ainsi je me suis investi pour devenir aujourd’hui par la grâce de Dieu entraineur de football.

Ingrat? Si l’on se fie á la définition d’ingrat (absence de reconnaissance). Je peux dire que oui car tes bons résultats d’hier ne te permettent pas de continuer ton projet si les résultats d’aujourd’hui ou de demain sont négatifs . Mais il faut être conscient de la nature de ce métier. Le prendre comme une motivation et non comme une pression. Le haut niveau, ceux sont les résultats qui comptent et quand les résultats ne sont pas bons, l’entraineur est souvent le principal responsable. »

Pape Thiaw, entraineur NGB : « J’ai toujours voulu partager par la meilleure des manières… »« J’ai voulu devenir entraîneur parce que comme j’ai été éduqué pour le partage comme on dit: Rendre à César à ceux qui appartient à Cesar.  J’ai voulu donc partager mon expérience et mon vécu dans le football de haut niveau et j’ai voulu faire ce partage par la meilleure des manières c’est d’aller passer mes diplômes en France en décrochant mon diplôme UEFA afin d’exercer et transmettre tous ceux que j’ai appris durant ma formation ,ma carrière et mon vécu. Oui je trouve c’est un métier ingrat comme les autres métiers et malheureusement le monde d’aujourd’hui est comme ça et surtout dans le foot. En tant que joueur on n’a vécu l’ingratitude parfois, maintenant on est plus mature. On est assez préparé pour faire face à ces genres de choses. Parfois même on peut faire bien son job y aura toujours des gens pour couper la tête ou les jambes c’est la vie. »Malick Daff, entraineur Jaraaf et sélectionneur U17: « Le beau jeu m’a toujours intéressé… »« Je fais partie d’une grande famille de footballeurs. Mon père et mon homonyme étaient des internationaux sénégalais, ils ont joué à Gorée. Donc moi j’ai grandi dans cette ambiance. J’ai été footballeur avec Gorée aussi et j’ai suivi les grands clubs européens comme le Barcelone qui était conduit à l’époque par Johan Cruyff (88-96) qui me plaisait beaucoup. Je suivais aussi le Milan AC avec Arrigo Sacchi. Moi j’ai toujours aimé regarder le jeu, voir les changements tactiques, les qualités des joueurs et entraineurs.C’est un métier ingrat. Quand l’équipe gagne, tout le monde est félicité mais quand l’équipe perd, seul l’entraineur est accusé. C’est ingrat, mais il faut relativiser. Parce que c’est un métier noble comme tous les autres, il y’a des hauts et des bas. »                                                                               Bons souvenirs

Pape-Thiaw-300x189 Focus sur les entraineurs du championnat sénégalais, est-ce un métier ingrat? Ils répondent ! Football

« Le moment qui m’a le plus marqué c’est notre qualification pour la coupe du monde 2002 la 1ère fois dans l’histoire du Sénégal à Namibie où j’ai marqué un doublé et une passe décisive. 
Même si les gens me parlent de la talonnade contre la Suède lors du mondial 2002 sur Henry Camara à qui je dis mention spéciale parce que sans le but derrière on n’aurait jamais parlé de ça. »

Malick-Daff-300x186 Focus sur les entraineurs du championnat sénégalais, est-ce un métier ingrat? Ils répondent ! Football

« Quand je vois tout ce que j’ai gagné je ne peux que garder les bons moments. Mon premier trophée avec Port (2004-2005) alors que je n’avais que mon diplôme d’initiateur. C’est ce qui m’a poussé à renforcer mes compétences. Faire partie du staff qui a hissé Diambars en ligue 1, donner à Jaraaf un titre aprés 8 années de disette, mes bonnes prestations avec la sélection U17… Je suis comblé!. »

                                       Mauvais Souvenirs

Cheikh-Gueye-300x158 Focus sur les entraineurs du championnat sénégalais, est-ce un métier ingrat? Ils répondent ! Football

« Depuis 2007 je suis dans ce métier. 3 fois champion en petitecatégorie en Espagne, 2 fois sur le podium en ligue 1 sénégalais. Une victoire a la 94e mn contre la Linguere ( saison 2017/2018) en jouant en infériorité numérique donc ceux sont des motifs de satisfaction. Mais le moment qui m’a le plus marqué c’est le jour (janvier 2019) ou je me suis réuni avec les joueurs de Sonacos pour leur dire que je ne suis plus leur coach. C’était une séparation difficile, je suis quelqu’un de très sensible et je le lisais sur le visage de tous les joueurs sans exception, une très grande tristesse. »

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« Je dirais la finale tragique de la coupe de la ligue du 15 Juillet 2017 entre USO/Stade de Mbour. Ça reste un souvenir douloureux. Tout était réuni pour que cela soit une vraie fête du football mais quelques individus qui pour moi ne comprennent pas ce qu’est le sport, ont décidé autrement et c’est regrettable. Le stade de Mbour n’avait jamais remporté de trophée majeur avant et tout le monde était motivé à l’idée que ça soit une première pour le club. Nous l’avons réussi mais la fin de l’histoire a détruit le scénario. Je prie encore pour les disparus et les blessés. »

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