France: le remaniement introuvable

A la Une : le remaniement introuvable
Le remaniement se fait toujours attendre en France, et des conseillers de l’Elysée qui se plaignent. « Rarement maître des horloges aura été aussi en retard », remarque Le Journal du Dimanche. Initialement annoncé pour… mardi dernier, ce remaniement ministériel devrait survenir « au plus tôt demain soir » (lundi 15 octobre), dit au JDD un conseiller d’Emmanuel Macron, tandis qu’un autre lance : « Ça change tous les jours (…) On ne sait rien » !

Comme le pointe en Une le journal Le Monde : « Rares sont les conseillers qui peuvent (…) parler franchement » au président de la République, « certains » lui reprochant son « manque d’écoute » et un style jugé « arrogant ».

Ça change tous les jours ? Etant rappelé qu’il y a pile une semaine, Le Journal du Dimanche affirmait que le « dispositif d’ensemble » du remaniement était « quasiment bouclé » et que l’ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée Jean Castex était « favori pour l’Intérieur », ce matin, faisant ce qu’il peut, ce même hebdomadaire croit savoir que, désormais, c’est le secrétaire d’Etat aux relations avec le parlement Christophe Castaner qui est « favori » pour le poste de ministre de l’Intérieur. Un vrai film d’Hitchcock !

De l’argent par la fenêtre à l’ENA

Comptes et mécomptes de l’ENA. L’Ecole nationale d’administration est en déficit. Selon Le Parisien Dimanche, qui s’est procuré le « compte financier » 2017 de la « prestigieuse école », le déficit a atteint « 2,8 M€ l’an dernier, sur un budget de 40,8M€ ». Chiffres fournis à ce journal par l’IFRAP, le think tank d’Agnès Verdier-Molinié.

Silence, on fiche à Force ouvrière !

Les cadres de Force ouvrière ont été fichés à leur insu par la nouvelle direction. C’est l’hebdomadaire Le Canard Enchaîné qui a révélé cette affaire, laquelle, depuis, fait scandale au sein de FO. Un « fichier interne » contenant des données personnelles et confidentielles de « 126 responsable du syndicat » et qui a été « constitué en octobre 2016 par des proches de Pascal Pavageau, le nouveau patron de FO, alors en lice pour remplacer Jean-Claude Mailly », précise ce journal.

Les concernés sont « les patrons des fédérations professionnelles (…) et des unions départementales », et les fiches des intéressés contiennent des renseignements « aussi précis que délicieux, énonce Le Canard Enchaîné. L’opinion politique (« plutôt à droite », « anarchiste », « PS »…), l’appartenance à la franc-maçonnerie, voire l’éventuelle homosexualité sont dûment consignées. Sans oublier les doux épithètes : « bête », « mauvais », « influençable », « faux », « acariâtre », et même « complètement dingue » », relève l’hebdomadaire. Ailleurs, un camarade est jugé « trop intelligent pour entrer au bureau confédéral ! », pointe-t-il.

Contacté par « Le Canard », Pascal Pavageau « reconnaît « une belle connerie », « une grave erreur », tout en rejetant la faute sur « deux collaboratrices maladroites ». Ou l’histoire du « méchant fichier qui flique les responsables de FO », lance l’irrévérencieux palmipède de la presse française.

Un roi (tout sauf) sans divertissement

De nouvelles interrogations au Maroc sur la vie privée du roi Mohammed VI. De plus en plus absent du royaume, le souverain chérifien, manifestement, s’amuse. Et ses sujets s’interrogent. Mohammed VI ? C’est « le roi qui voulait vivre sa vie », lance L’Obs. Cet hebdomadaire, qui, décidément, suit de près les tribulations du monarque chérifien, remarque que, depuis qu’il s’est « séparé de sa femme », le roi est loin d’être sans divertissement. « Cela fait dix mois que la princesse Lalla Salma s’est volatilisée », énonce L’Obs, qui évoque « le divorce du roi après seize ans de mariage ». Au Maroc, « le nom “Lalla Salma”, qui jadis ouvrait toutes les portes, est devenue tabou », rehausse-t-il.

De son côté, le roi Mohammed VI « n’est en tout cas jamais apparu aussi épanoui que depuis qu’il est débarrassé de la princesse. Sur les réseaux sociaux, il pose, tout sourire, aminci, aux côtés d’Abou Bakr Azaitar, un boxeur “full-contact”, surnommé “le Gladiateur”, qu’il a rencontré au printemps et qui semble, depuis, le suivre partout : en vacances aux Seychelles, à bord du jet royal, à la prière à la mosquée Hassan II, ou même, insigne honneur, lors de la célébration de la fête de l’Aïd. Mohammed VI est le roi d’Instagram, énonce encore L’Obs. (…) Et sur Twitter ou Facebook, le 1er MRE (Marocain résidant à l’étranger), comme on surnomme le roi, a été très critiquée pour avoir posté une photo de lui avec au poignet une montre Patek Philippe à 1,2 million de dollars » !

Pire, « dès qu’il revient au royaume, Mohammed VI semble comme un lion en cage », remarque que cet hebdomadaire, qui évoque un « personnage déroutant et fascinant, à la parole rare et au selfie omniprésent, ce roi qui semble parfois ne pas vouloir être roi : Mohamed VI ». Seulement voilà, pointe encore L’Obs, « même s’il est absent, le Maroc reste soumis à son bon plaisir à lui : Sa Majesté Mohamed VI ».

Histoire d’éléphant

Ce dimanche, à Blois, dans le centre de la France, s’achèvent les célèbres « Rendez-vous de l’histoire ». Cette année, le thème principal est : les images ont-elles un pouvoir ? « L’image peut-elle influencer le cours des choses ou est-elle reflet d’une norme sociale ? », se demande, dans son numéro d’automne, la formidable et sympathique revue L’Eléphant, partenaire, comme RFI, des Rendez-vous de l’histoire de Blois.

« Une image peut-elle arrêter une guerre, changer le cours de l’actualité ? Que la vision d’un événement malheureux puisse nous faire horreur, et ainsi affecter notre opinion, est une idée largement répandue, qui ne semble pas extravagante, pointe L’Eléphant. Mais cette conviction repose sur une théorie implicite de l’image. Alors que le langage s’adresse à la raison, les images exciteraient nos émotions ».

A titre d’exemple, ce journal rappelle la photo du petit Aylan Kurdi sur la plage de Bodrum, qui a bouleversé le monde et qui a peut-être, peut-être, influencé la chancelière allemande Angela Merkel à ouvrir un temps les frontières de son pays aux migrants.

Mais l’image « ne suffit pas », souligne cette revue. La preuve, comme les portes du pénitencier, les frontières de l’Allemagne bientôt vont se refermer. Dès lors, « faut-il abandonner l’idée d’une performance des images ? », s’interroge L’Éléphant. Qui finit par en convenir : « aucune image ne peut arrêter une guerre ». Ce soir, « Les Rendez-vous de l’histoire » donneront… rendez-vous à Blois l’an prochain. Il est donc encore temps de s’y rendre.

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