Gênes : les opérations de démantèlement du pont Morandi ont commencé

Le démantèlement du pont dont l’écroulement partiel en août 2018 avait fait une quarantaine de morts à Gênes a commencé vendredi avec le démontage d’un premier segment de près de 40 mètres. L’ensemble des opérations doit durer six mois.

La destruction du pont Morandi à Gênes dont l’effondrement en août 2018 avait fait 43 morts, a débuté vendredi 8 février. Le démantèlement d’un premier segment de 40 mètres est la première phase d’un chantier qui doit durer au moins six mois. L’opération de vendredi, encore symbolique eu égard à la taille de ce viaduc long de plus d’un kilomètre, permettra à la ville portuaire de Gênes d’entrevoir la perspective d’un retour à la normale.

Des milliers de tonnes d’acier, de béton et d’asphalte ont déjà été retirées de la zone où ce viaduc autoroutier s’était en partie effondré, entraînant dans sa chute de nombreux véhicules et leurs passagers, locaux comme étrangers, travailleurs ou sur la route des vacances, parmi lesquels quatre enfants.

Une opération délicate

Quatre puissants vérins positionnés sur le pont grâce à une énorme grue sépareront une portion de la route suspendue dans les airs, longue de 36 mètres et large de 18 mètres. Ces vérins, qui devront sécuriser la descente, 48 mètres plus bas, des quelque 900 tonnes de cette portion de route, sont les mêmes que ceux utilisés pour redresser l’épave du Costa Concordia, le paquebot qui s’était échoué en 2012 tout près de l’île du Giglio en Toscane. Ce naufrage avait fait 32 morts.

>> À voir : Le redressement de l’épave du Costa Concordia en images

Cette première phase doit durer au moins huit heures, en présence du Premier ministre, Giuseppe Conte, et du ministre des Infrastructures, Danilo Toninelli.

Le démantèlement complet du pont devrait durer au moins six mois, a prévenu le secrétaire d’Etat aux Transports, Edoardo Rizi. L’opération est d’autant plus délicate que ce pont suspendu chevauche en partie des habitations – les immeubles sous le pont sont cependant condamnés – et une voie ferrée.

Le nouveau « pont Piano »

A Rome, le ministère de l’Economie a annoncé jeudi soir le déblocage de 60 millions d’euros pour la reconstruction, dont le gouvernement entend cependant présenter ensuite la facture au concessionnaire de l’autoroute, la société Autostrade per l’Italia (Aspi).

C’est un autre architecte italien, Renzo Piano, qui aura la charge de reconstruire le viaduc. Ce natif de Gênes a promis que le nouvel ouvrage durerait au moins 1 000 ans. Résolument différent du pont Morandi, le « pont Piano », en acier et béton, aura « quelque chose d’un bateau, parce que c’est quelque chose de Gênes », avait expliqué son concepteur en décembre.

Il comptera 43 lampadaires en mémoire des 43 personnes qui ont péri dans l’accident. La construction du pont, d’un coût estimé à 202 millions d’euros, sera menée par un groupement d’entreprises comprenant Sailini-Impregilo, Fincantieri et ItalFerr. Ce nouveau viaduc devrait être ouvert à la circulation en avril 2020, a promis Edoardo Rizi.

Le pont Morandi, baptisé ainsi du nom de l’architecte qui l’a conçu dans les années 1960, était l’un des principaux axes de circulation à Gênes, grand port du nord-ouest de l’Italie.

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