Grève dans la santé : les malades » meurent » à petit feu

Le SUTSAS a lancé son 12e plan d’action, encore 72 heures de grève dans les hôpitaux sénégalais depuis hier ( mardi 9 octobre). À Kaolack, les malades paient les peaux cassées de cette confrontation entre l’État et les blouses blanches.
Devant l’hôpital régional El Hadji Ibrahima Niasse, des dizaines de malades, la mort dans l’âme, l’inquiétude du souffrant visible dans le regard, retournent au bercail faute d’avoir pu accéder à des soins. « Ces travailleurs des hôpitaux n’ont pas de cœur dans ce pays, toutes ces personnes sacrifiées depuis des jours pour de l’argent », fustige ce jeune homme venu accompagner sa vieille mère qui devait subir une opération chirurgicale depuis une semaine.

Venue, depuis l’aube, d’un village qui se trouve à des dizaines de kilomètres de Kaolack, Rokhya est inconsolable, sa désolation est au paroxysme, et elle tient à le faire savoir. « Je souffre atrocement au poitrine, je devais faire une radio, à ma grande surprise on m’a dit de revenir dans deux jours. En venant, j’ai emprunté la somme de cinq milles francs, en plus je vais rentrer inquiète car je ne connais pas ma maladie. Et donc, je ne pourrais pas me soigner », confesse-t-elle, le cœur meurtri.

Même si du côté des syndicalistes on se défend en convoquant la responsabilité de l’État, des interrogations plausibles sont posées sur la conscience professionnelle d’un agent de santé qui ne soulage pas un malade parce qu’étant en grève. « Nous avons en face de nous un État qui ne respecte pas sa parole, un État qui ne met, sur un même pied d’égalité, les agents de la Fonction Publique », se désole Mouhammad Ndiaye, secrétaire général intérimaire du SUTSAS / Kaolack, au micro de la radio Al Fayda. « Même si le service minimum est abandonné, nous avons maintenu les urgences dans tous les hôpitaux » continue t- il.

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