Guinée : Conakry paralysée par des heurts sociaux et politiques

La « journée ville morte », lancée à l’appel de l’opposition, couplée à une grève du syndicat des enseignants a paralysé Conakry, ce lundi. Le centre-ville de Kaloum, habituellement calme, n’a pas été épargné par les manifestations de jeunes, excédés par la fermeture des classes depuis un mois.

Lundi matin. Carrefour Concasseur, dans le quartier de Hamdallaye. Les automobilistes rebroussent chemin sur ordre des gendarmes qui ont barré la route à l’aide de pneus et de carcasses de vieux postes de télévision. Au loin, sur le tronçon qui mène à Bambéto, une fumée noire se dégage au niveau de Niary Wada, l’autre point chaud du quartier. Casques sur la tête, boucliers au point, les forces de l’ordre d’un côté, jeunes de l’autre, forment des petits groupes qui s’observent en chiens de faïence.

Habituellement calme, la commune de Kaloum, le centre administratif et des affaires de Conakry, n’a pas été épargné. Des pneus sont brûlés, des poubelles vidées sur la chaussée et des branches d’arbre obstruent la circulation, également, dans les quartiers de Coronthie, Sandervalia, Manquepas, Almamya, Téminétaye ou de Tombo, qui ressemblent désormais à un champ de bataille.

Colère sociale et politique

Conakry est dans un climat social et politique très tendu. À la « journée ville morte » lancée par l’opposition – qui conteste les résultats des élections communales du 4 février – s’est ajoutée une grève du syndicat des enseignants – qui réclament une augmentation de 40 % des salaires.

En plus des jeunes qui ont répondu à l’appel de l’opposition, d’autres se sont précipités dans les rues excédés par la suspension des cours dans les écoles depuis un mois. Le centre administratif et des affaires de la capitale guinéenne, habituellement calme, est le théâtre de violents affrontements.

A Kaloum, notamment, manifestants et forces de l’ordre se sont affrontés. Jets de pierres d’un côté, gaz lacrymogènes. « Alpha zéro ! » ; « Nous voulons aller à l’école », scandaient les jeunes manifestants. Mêmes scènes dans la proche banlieue de Dixinn, où des manifestants, dont des femmes, érigeaient des barricades sur la corniche nord, obligeant les usagers de la route à faire demi-tour.

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