Guinée équatoriale : l’arrestation d’un opposant au Tchad est un « enlèvement »

L’arrestation le 11 avril au Tchad du secrétaire général d’un parti d’opposition équato-guinéen qui se rendait à un congrès politique constitue en fait « un enlèvement par les autorités tchadiennes », affirme lundi son parti dans un communiqué.

Convergence pour la démocratie sociale (CPDS) estime que l’arrestation d’Andres Esono Ondo relève d’un « enlèvement sans motif par les autorités tchadiennes », une « pratique terroriste impropre d’un état normal », selon le texte reçu par l’AFP.

Le 11 avril, M. Esono Ondo avait été arrêté au Tchad alors qu’il se rendait au congrès du principal parti d’opposition tchadien, l’Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR), dans la province de Guera (centre du pays).

Peu après, Malabo l’a accusé d’avoir eu pour « unique objectif l’acquisition d’armes et de munitions ainsi que le recrutement de terroristes pour commettre un coup d’Etat en Guinée équatoriale avec un financement étranger ».

Mi-avril, le ministre de la Sécurité extérieure a détaillé l’accusation : selon lui, la province dans laquelle M. Esono Ondo devait se rendre pour assister au congrès de l’UNDR est « connue pour (être un territoire de) terroristes et rebelles, mais aussi pour la facilité avec laquelle on peut y acheter des armes ».

Sur Twitter jeudi, le ministère des Affaires étrangères tchadien a réagi : « Guera n’est pas une province connue comme +un territoire+ pour les rebelles et les terroristes ».

M. Esono Ondo a été transféré du Guera, où devait se tenir le congrès finalement annulé, aux locaux de l’Agence nationale de Sécurité (ANS, renseignements tchadiens) à N’Djamena.

Selon une source policière, il s’y trouvait toujours lundi.

En 2015, Andres Esono Ondo avait été accusé d’avoir recruté une personne malade d’Ebola en vue d’introduire le virus en Guinée équatoriale au moment de la Coupe d’Afrique des nations de football (CAF).

Il avait finalement été relaxé, après que ces accusations se soient révélées montées de toute pièce par des proches du régime.

La Guinée équatoriale a connu une histoire agitée de coups et tentatives de coups d’Etat depuis son indépendance de l’Espagne en 1968.

Le régime de M. Obiang, 76 ans dont 39 au pouvoir, est régulièrement accusé d’atteintes aux droits de l’homme par ses opposants et des organisations internationales.

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