Human Rights Watch accuse les séparatistes camerounais de torturer des civils

L’ONG Human Rights Watch (HRW) a dénoncé des tortures et autres exactions perpétrées contre des civils par des groupes séparatistes actifs dans les régions anglophones du Cameroun, confrontées à un conflit armé depuis plus d’un an.

« Une fois de plus, des documents circulent qui confirment les allégations selon lesquelles les séparatistes armés commettent des exactions à l’encontre des civils », a affirmé Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale à HRW cité dans un communiqué daté de lundi de l’organisation de défense des droits de l’homme.

Dans le texte, HWR affirme avoir visionné une vidéo, filmée mi-mai, montant « des séparatistes armés torturant un homme dans une école abandonnée dans la région du Nord-Ouest du Cameroun ».
« La victime a été enlevée, passée à tabac et a subi des brûlures dans une école abandonnée », a rapporté l’ONG.

Dans la vidéo, la victime, qui est en sous-vêtements, est forcée par quatre séparatistes à « s’asseoir sur des morceaux de papier enflammés (avant d’être frappée) à coups de bâton et de machette », selon HRW. On y voit aussi les séparatistes menacer la victime de « la +laver à l’essence+ ».

« Les séparatistes armés ont également torturé des dizaines de personnes », a poursuivi l’ONG.

HWR « a documenté de nombreux cas de torture par des séparatistes armés d’employés de la Cameroon Development Corporation, qui travaillent dans les bananeraies de la compagnie près de Tiko, dans la région du Sud-Ouest », a-t-elle indiqué, soulignant que « les employés ont été passés à tabac ou mutilés parce qu’ils avaient refusé de participer à une grève générale ».

Le 18 juin, à Bafut, dans le nord-ouest, les séparatistes ont enlevé au moins 40 personnes, dont des femmes et des enfants, qu’ils ont « frappés et détroussés » avant de les libérer, selon HWR.

« Les dirigeants séparatistes devraient donner immédiatement à leurs combattants et à leurs partisans l’ordre de cesser ces attaques », a plaidé M. Mudge.

Dans son communiqué, HWR a préconisé « des sanctions ciblées aux chefs séparatistes qui portent une responsabilité pour les abus commis, notamment les actes de torture et les occupations d’écoles ».

Depuis le début de la crise en 2016, la plupart des écoles ont fermé en raison du blocus imposée par les séparatistes.

Fin 2017, après un an de protestation, des séparatistes ont pris les armes contre Yaoundé. Depuis, ces régions sont le théâtre d’un conflit armé qui n’a cessé de prendre de l’ampleur et dans lequel les civils sont pris en tenaille.

Des éléments des forces armées sont, eux aussi, régulièrement accusés d’être l’auteur d’exactions contre de civils.

Cette crise a déjà poussé plus de 530.000 personnes à quitter leur foyer, selon des chiffres de l’ONU. En vingt mois, le conflit a fait 1.850 morts, selon le centre d’analyses géopolitiques International Crisis Group (ICG).

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