Hyper présidentialisme : à quoi bon être ministre dans Macky2 ?

Tout puissant Président, Macky Sall semble vouloir un pouvoir sans partage. Le Palais devenu l’épicentre de la gouvernance, les départements ministériels sont aujourd’hui vidés de leur substance. Ce qui fausse le principe de responsabilité de ses ministres, réduits, semble-t-il à des marionnettes.

Un homme seul décide de tout, sur tout, pour tous. C’est aujourd’hui où en est le Sénégal de Léopold Sédar Senghor. Ragaillardi par la reconduction de son pouvoir en février dernier, Macky Sall se comporte, semble-t-il, comme un monarque républicain. Alors que personne ne s’y attendait, il a fait supprimer le poste de Premier ministre par sa majorité mécanique à l’Assemblée nationale. Ce qui n’est pas sans rappeler, chez nos cousins gallois, cette phrase vexante de Nicolas Sarkozy contre son Pm d’alors François Fillon, en aout 2007 : «Le Premier ministre est un collaborateur. Le patron, c’est moi».

Aujourd’hui avec la suppression du poste de Premier ministre, pour, nous dit-on rationaliser les choses, les ministres n’existent presque plus. Il n’y a que lui. Il est par dessus de leur tête pour leur faire faire. Tout remonte vers lui et tout redescend vers lui. Les ministres semblent juste meubler sa gouvernance. En effet, quelque mois après sa prise de fonction, l’équipe de Sall est neutre et impavide. Le «Patron» a son cercle avec Mahamadou Boun Abdalah Dionne, Abdoulaye Daouda Diallo, Aly Ngouille Ndiaye ou Mamadou Makhtar Cissé. Et le reste, au mieux, lui est indifférent. Ce ne sont que des pions à placer et déplacer au gré du jeu.

Ainsi, il n’y a pas d’huile dans les épinards. Quand il voyage, il n’y a personne pour garder officiellement la maison. Dionne à qui on devrait penser est malade et séjourne à l’étranger au même motif qu’un certain Cheikh Oumar Hanne, ministre de l’Enseignement supérieur. Et aucune tête n’émerge. Abdoulaye Daouda Diallo qui passerait devant, s’il avait de l’envergure, n’a pas d’épaisseur, de coffre, pour. Avec ses nombreuses fautes de syntaxe dans ses speech du genre «malgré que» «comme que» qui font rire sous cape beaucoup de bailleurs de fonds, il est très loin de convaincre et de rassurer.

Au vu du changement de cap dans l’architecture institutionnelle, c’est comme si Macky Sall n’a pas besoin d’un florilège d’avis éclairés. En effet, s’étant agréger tous les pouvoirs, il semble vouloir dans son équipe des gens plus terne que terne, qui sont mis devant le fait accompli. Un état de fait qui prouve que nombre de ses ministres sont des exécutants et ne sont au courant de presque rien. Ce qui les a empêchés de le défendre, avec son frère cadet, dans l’affaire Petro-Tim. Le seul qui s’y est aventuré est son ministre-conseiller en Communication, El Hadji Hamidou Kassé. Lequel, profane dans ce «casse», s’est finalement cassé les dents. Pis, même s’il a commis une maladresse en tentant de défendre son chef, il a été envoyé à la guillotine.

Ainsi, avec la tournure des choses dans ce Macky 2, beaucoup de gens se demandent le sens d’être ministre dans cet attelage gouvernemental. Cela, puisque le frère aîné d’Aliou est la tour de contrôle qui, incapable de déléguer, décide de tout. Ce qui fait que les départements ministériels sont aujourd’hui vidés de leur substance. Et le principe de responsabilité est faussé. Parce que Macky Sall concentre tous les pouvoirs entre ses mains. Ce qui risque de provoquer une surcharge et conduire à une inefficacité de l’action de son régime. Une théorie palpable dans l’incapacité du pouvoir de trouver des solutions aux difficultés financières qui plombent les entreprises. Ce qui est aussi visible dans le fait qu’un seul scandale ait pu anesthésier le fast-track, concept avec lequel il a démarré en fanfare son second Cdd à la tête du pays.

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