Interdite de passer la Tamkharite avec son mari, Rokhy se donne la mort

La «Tamkharit» de cette année restera à jamais gravée dans la mémoire des populations de Kathiote, une commune du département de Kaffrine. En effet, une jeune mariée du nom de Rokhy Ségnane qui a été interdite par son beau-frère de se rendre à Dakar pour y passer la fête de «Tamkharit» avec son mari, a tout simplement mis un terme à sa vie en buvant une substance toxique.

L’histoire est sur toutes les lèvres. Et les populations de la commune de Kathiote n’en reviennent toujours pas. Sous le choc depuis hier, les habitants de ce patelin niché au cœur du département de Kaffrine, ont eu droit à une fête de «Tamkharit» très mouvementée et douloureuse, marquée par la mort, par suicide, d’une jeune femme de la localité qui a abrégé sa vie en buvant une substance toxique. Car, tout simplement, elle a été interdite, par le mari de sa grande sœur, d’aller passer la «Tamkharit» auprès de son époux établi à Dakar.

Avant-hier, mercredi, la jeune mariée, Rokhy Ségnane, informe sa grande sœur de son souhait d’aller fêter la «Tamkharit» chez son mari à Dakar. Mais, malheureusement à sa grande surprise, la jeune dame qui vit sous le toit de sa grande sœur depuis le décès de leur papa, se heurte au niet catégorique de son beau-frère, Babacar Wilane, qui s’oppose à ce voyage. Et ceci, sous prétexte que Rokhy Ségnane avait trop duré à Dakar lors de son dernier séjour chez son mari, pendant la fête de la Tabaski. Très remontée et dépassée à la fois par le comportement du mari de sa grande sœur, Rokhy qualifie l’attitude de celui-ci d’injuste et de dictateur. Dans son fort intérieur, elle décide de régler une bonne fois pour tout le différend à sa manière, afin de ne plus subir les agissements de son beau-frère. Elle mijote alors un plan. Celui de mettre un terme à sa vie et ne plus revoir Babacar Wilane, le mari de sa grande sœur qui constitue, à ses yeux, une entrave pour son ménage qu’elle vient juste de consommer.

Profitant ainsi de la prière du crépuscule, mercredi dernier, la jeune femme réussit à s’échapper du domicile familial et se rend dans les champs derrière le village où elle s’empare d’une bouteille contenant une substance toxique destinée aux récoltes. Et toujours sans attirer l’attention d’aucun membre de la famille Wilane, notamment sa grande sœur qui se trouvait dans la cuisine s’affairant autour du dîner, Rokhy Ségnane, munie de la bouteille de poison, s’engouffre dans sa chambre. Sur place et loin des indiscrétions, la jeune dame boit d’un trait une quantité importante de la substance toxique. Avant de déposer le reste du liquide au pied de son lit. Et ce n’est qu’au moment de servir le dîner que sa sœur qui l’a cherchée partout, la trouvera dans une situation très pathétique en train de se tordre de douleurs abdominales.

Prise de panique en voyant sa petite sœur se tordre de douleur, la grande sœur alerte son mari et le voisinage en criant de toute ses forces. La victime Rokhy, orpheline de père, est aussitôt acheminée par les voisins, venus à son chevet, au poste de santé de Kathiote où elle reçoit les premiers soins avant d’être évacuée, dans la même nuit, aux Urgences de l’hôpital régional de Kaffrine.

Finalement, Rokhy Ségnane rend l’âme le lendemain matin, jour de «Tamkharit» sur son lit d’hôpital. Agée de 16 ans, la défunte jeune femme, nouvellement mariée, dont le corps sans vie a été remis à sa famille le même jour, a été inhumée tard dans la soirée à son village natal de Kathiote. Avisés de la tragédie, les pandores de la Brigade de Kaffrine qui se sont déployés sur les lieux du drame, ont ouvert une enquête. Et la grande sœur de la défunte ainsi que son mari Babacar Wilane sont auditionnés. Et en attendant les conclusions de cette enquête, la mort de cette jeune femme, devenue tristement célèbre depuis avant-hier, continue d’alimenter les différents débats et autres discussions de Kathiote et environs.

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