‘’J’ai utilisé des pouvoirs mystiques pour que ces filles m’obéissent au doigt et à l’œil’’

C’est le 7 novembre prochain que l’artiste Ibrahima Sow va connaître le sort qui lui est réservé par Dame justice.

Placé sous mandat de dépôt pour séquestration, enlèvement de mineures, détournement de mineures, viol, pédophilie, vol et charlatanisme, il a reconnu partiellement les faits devant la Chambre criminelle de Dakar, ce mardi.

La Chambre criminelle de Dakar a jugé, hier, Ibrahima Sow pour séquestration, enlèvement de mineures, détournement de mineures, viol, pédophilie, vol et charlatanisme. Le parquet a demandé qu’il soit maintenu dans les liens de la prévention pour une durée de 20 ans de travaux forcés. Les faits de cette procédure remontent au 14 mai 2011. Ce jour-là, renseigne le parquet, les éléments de la gendarmerie de Keur Massar ont reçu l’information selon laquelle des filles ont été enlevées par un individu en rasta. Des investigations ont été opérées par les enquêteurs afin de retrouver les filles âgées entre 10 et 14 ans, en compagnie de leurs parents.

Par coup de chance, ils sont parvenus à identifier Ibrahima Sow alias ‘’Aïdara’’. Ce dernier, sans broncher, a accepté de les conduire chez lui où les disparues Aïta Mbaye et Siamala Camara ont été retrouvées en présence de sa femme. Celle-ci a dit ignorer la véritable identité de son mari. ‘’C’est à la police que j’ai su son vrai nom. Pour les filles, il me les avait présentées comme étant ses nièces venues de Saint-Louis. Les victimes ne me disaient rien, non plus’’, a-t-elle déclaré à l’enquête.

Siamala s’est confiée aux gendarmes en renseignant avoir rencontré Ibrahima Sow devant une boutique. ‘’Après les salutations, il m’a dit qu’il était un ami et collaborateur de la chanteuse Viviane Chidid. Il m’a conduit dans un bâtiment inachevé où j’ai séjourné avec lui, avant de me faire violer. Ensuite, je suis partie avec lui dans un salon. Il m’a demandé de me présenter comme sa fille. Là-bas, j’ai fait la connaissance d’Aïta’’, a-t-elle narré. Et d’avancer : ‘’Ibrahima Sow nous donnait des gris-gris, en nous disant que cela va rendre nos partenaires impuissants. Il a volé un téléphone portable appartenant à Djiby Ndiaye, avant de me le donner pour pouvoir me joindre quand il veut.’’

L’accusé, ‘’ami’’ de Viviane Chidid et de Karim Wade

Une autre fille du nom de Fatou Cissé Dieng a fait la connaissance d’Ibrahima Sow aux alentours d’un terrain de football, le 25 mai. Elle raconte avoir reçu de lui du lait caillé qu’elle a bu. Aussitôt, elle a perdu connaissance. Idem pour Fatou Thioye âgée seulement de 10 berges. Elle a déclaré que toutes ces filles sont restées chez l’accusé, après avoir été enlevées, durant la période du 11 au 30 mai. Soit 19 jours. ‘’Il voulait nous emmener à Saly (Mbour) pour nous vendre aux touristes, qui devaient nous faire tourner des films pornos, afin qu’il puisse gagner de l’argent. Egalement, on devait se faire photographier toutes nues. Aïdara nous a dit qu’il connaissait Karim Wade et qu’il devait se rendre ensemble à un baptême’’, raconte Aïta Mbaye.

La petite poursuit : ‘’Il a tenté d’abuser de moi sans y parvenir. J’ai été prise à l’Unité 14 des Parcelles-Assainies, avant d’être emmenée jusque derrière le palais de la République. Il m’a dit qu’il allait, par la suite, me rendre ma virginité, de retour à Saly. Il me caressait les parties intimes à l’aide d’un bâton.’’

Une fouille minutieuse de la chambre de l’accusé a permis de découvrir des papiers avec des écritures en arabe qui expliquent des pratiques qui servent à envoûter des gens ou les faire sortir de prison. Lui-même a essayé de se soustraire au glaive de la justice, mais cela n’a pas abouti, d’après le président de ladite chambre criminelle.

‘’J’ai juste été possédé par Satan et je le regrette’’

Debout devant la barre, la mère d’Aïta a déclaré : ‘’On a trouvé les filles avec des talismans. Ma fille m’a dit qu’elle ne pouvait plus parler. Elle ne faisait que pleurer.’’ La dame a réclamé 5 millions à titre de dommages et intérêts. Les autres victimes ont brillé par leur absence. L’accusé a essayé de se tirer d’affaire. Au juge, il a dit, en attendant le 7 novembre, date de son délibéré : ‘’La police m’a chargé. Je suis un artiste-chanteur. Je ne connais que les ‘’khassida’’. Mais j’ai juste été possédé par Satan et je le regrette. En fait, j’ai appris le Coran à Touba. J’ai utilisé des pouvoirs mystiques pour que Siamala et Aïta m’obéissent au doigt et à l’œil. Je ne connais pas mes autres accusatrices.’’

Intervenus pour assurer sa défense, Mes Ciré Clédor Ly et Ahmed Sall ont demandé au juge de ne retenir que le délit de pédophilie. Tout en sollicitant une application bienveillante de la loi pénale.

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