la campagne présidentielle est lancée en RDC

Une campagne qui a débuté officiellement la semaine dernière et qui a connu un coup d’accélérateur avec l’arrivée en fanfare avant-hier à Kinshasa de Félix Tshisekedi et de son désormais directeur de campagne Vital Kamerhe.

D’après le site d’information congolais Objectif Infos, « l’équipe de campagne de Félix Tshisekedi sera opérationnelle dès ce jeudi soir ! (…) Vital Kamerhe, ancien directeur de la campagne électorale 2006 de l’actuel chef de l’État sortant Joseph Kabila, rappelle le site, sera obligé de peaufiner des stratégies nouvelles à la taille de leurs principaux adversaires sur terrain, Emmanuel Ramazani Shadary et Martin Fayulu. »

Martin Fayulu, l’autre candidat de l’opposition, « lance sa campagne par Beni et Butembo », annonce en première page Le Potentiel à Kinshasa. « Contrairement au candidat du FCC (la majorité présidentielle) qui a opté pour Lubumbashi deuxième ville de la RDC, pour procéder au lancement de sa campagne, Martin Fayulu a porté son dévolu sur les villes martyres de Beni et Butembo dans la province du Nord-Kivu. C’est tout un symbole, commente-t-on au sein de son équipe de campagne. En effet, précise Le Potentiel, depuis octobre 2014, les villes de Beni et Butembo ploient sous le poids d’un terrorisme urbain qui ne dit pas son nom. Longtemps imputés aux rebelles ougandais de l’ADF, des massacres en séries continuent à semer la désolation dans ces villes. (…) C’est donc dans cette partie meurtrie de la RDC que Martin Fayulu a choisi de lancer sa campagne électorale. Son message ne s’applique pas qu’à ces deux villes, relève encore le quotidien kinois. Il résonne de la même manière sur l’ensemble de la RDC. Il se résume en deux mots : sécurité et paix, dont le rétablissement est une condition sine qua non pour envisager le développement durable. »

Les « Congo files » : Kinshasa éclaboussé

La RDC toujours avec la publication par le quotidien Le Monde et RFI des « Congo files », ces milliers de documents confidentiels de l’ONU sur l’assassinat des deux experts onusiens en 2017 dans la province du Kasaï-Central.

Sur place en RDC, peu ou pas de réactions dans la presse. Certains médias, comme Le Potentiel ou encore mediacongo.net, publient in extenso l’enquête paru hier dans Le Monde et sur le site internet de RFI.

La presse ouest-africaine, elle, ne se prive pas d’enfoncer le clou en stigmatisant le pouvoir en place à Kinshasa.

Ainsi pour Le Pays à Ouagadougou, « le moins que l’on puisse dire, c’est que ce rapport d’enquête vient confirmer ce que tout le monde savait déjà car la réponse à la question « à qui profite le crime » indexait clairement le pouvoir congolais, auteur des massacres sur lesquels enquêtaient les deux infortunés experts. L’intérêt du travail du Monde et de RFI, poursuit Le Pays, réside dans le nouvel éclairage qu’il apporte sur la face hideuse d’un régime dont le modus operandi dans la gestion des affaires publiques est le manque de transparence et le recours systématique à la violence. »

Pour autant, s’interroge le quotidien burkinabé, « pourquoi est-ce précisément maintenant que paraît ce rapport ? Il y a, en tout cas, des raisons de croire que ce n’est pas fortuit. Car la RDC est en pleine campagne électorale pour la succession de Kabila dont le dauphin, Emmanuel Ramazani Shadary, part avec toutes les faveurs des pronostics. (…) C’est pour cela qu’il y a lieu de penser que les médias internationaux ont fait le choix conscient, affirme Le Pays, de rappeler à la mémoire des Congolais et de la communauté internationale les laideurs d’un régime qui s’apprête à faire un changement arrangé. »

Pas d’impact sur l’électeur lambda…

En tout cas, pour L’Observateur Paalga, toujours à Ouagadougou, si « ce gros pavé médiatique dans le fleuve Congo déjà très trouble pourrait éclabousser, à n’en pas douter, un régime qui, il est vrai, n’a jamais été un exemple de démocratie et de respect des droits de l’homme, reste à savoir si ces nouveaux rebondissements auront un quelconque impact sur les joutes électorales. »

« Rien n’est moins sûr, répond le journal, car, quand bien même Joseph Kabila et son candidat, Emmanuel Ramazani Shadary, pourraient être gênés aux entournures, il y a peu de chances que le malheureux sort de ces deux experts onusiens intéresse l’électeur lambda et puisse conditionner son vote. C’est donc tout au plus l’image, déjà écornée, du pouvoir qui en sortira davantage salie aux yeux de la communauté internationale. C’est donc dire, conclut L’Observateur Paalga, que le « Congo Files » aura l’effet d’une tempête dans un verre d’eau électoral. Et il faudra bien plus que ça pour que le sol se dérobe sous les pieds du FCC, la coalition qui soutient le candidat du pouvoir. »

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