La cinéaste Agnès Varda est morte à l’âge de 90 ans, annonce sa famille

La cinéaste française, l’une des rares femmes de la Nouvelle Vague, avait notamment réalisé le film « Cléo de 5 à 7 ».
Agnès Varda est morte. Sa famille a annoncé la nouvelle, vendredi 29 mars, à l’AFP. « La réalisatrice et artiste Agnès Varda est décédée chez elle dans la nuit du jeudi des suites d’un cancer. Sa famille et ses proches l’entouraient », ont-ils annoncé dans un communiqué. La cinéaste française, l’une des rares femmes de la Nouvelle Vague, était âgée de 90 ans. Elle avait notamment réalisé Cléo de 5 à 7, La Pointe courte, Ulysse, Sans toit ni loi ou Les Plages d’Agnès.
Disparue à 90 ans, Agnès Varda était l’une des rares femmes cinéastes de sa génération. Auteur de fiction (« Cléo de 5 à 7 »), documentariste, (« Villages Visages »), photographe et plasticienne, elle était reconnue dans le monde entier et avait été récompensée dans les plus grands festivals. Elle était la veuve du cinéaste Jacques Demy.

La cinéaste de la Nouvelle vague est décédée des suites d’un cancer dans la nuit de jeudi 28 à vendredi 29 mars, ont annoncé des membres de sa famille et son entourage qui l’entouraient.

Comment retracer la carrière Agnès Varda ? L’artiste qui vient de disparaître à l’âge de 90 ans restera bien sûr comme une cinéaste majeure et souvent récompensée pour ses fictions et ses documentaires. Mais elle fut aussi photographe et encore plasticienne. Toujours à la recherche d’une vérité, jamais corsetée par le conformisme, adepte du jeu de mot et elle influença, peut-être à son insu, la création de son époque.
Agnès Varda réalisatrice de fiction
C’est par un film de fiction qu’Agnès Varda signe ses débuts au cinéma. Tout de suite remarqué, « La pointe courte », long métrage tourné dans sa ville de Sète, est sélectionné pour le festival de Cannes 1955. Agnès Varda a choisi Philippe Noiret et Silvia Monfort, rencontrés chez Jean Vilar, et les pêcheurs, pour interpréter les rôles principaux. Le monteur en est Alain Resnais. Ce dernier affirmera toute sa vie avoir ensuite été fortement influencé par le film d’Agnès Varda. « La pointe courte » préfigurait un cinéma du réel qui devait s’épanouir quelques années plus tard avec les cinéastes de la Nouvelle-Vague.

Jusqu’en 1995, Agnès Varda réalisera douze longs métrages dont une majorité d’oeuvres marquantes : « Cléo de 5 à 7 » en 1962, « Le bonheur » en 1965, « L’une chante, l’autre pas » en 1977, « Documenteur » tourné aux Etats-Unis en 1981, « Sans toit ni loi » en 1985 (elle y révèle Sandrine Bonnaire), et « Jacquot de Nantes » consacré en 1991 à Jacques Demy, son mari disparu.
Agnès Varda documentariste
Agnès Varda documentariste réinvente avec quelques-uns l’approche du documentaire. C’est l’époque de Chris Marker, de Joris Ivens ou de William Klein. Comme dans ses fictions, elle y défend un point de vue sinon une cause. Le documentaire façon Varda ne sera jamais le froid constat d’une réalité. Il portera toujours trace du regard de sa réalisatrice, qu’elle s’intéresse par exemple aux ouvriers mexicains auteurs de fresques murales aux Etats-Unis dans « Mur, Murs » en 1981 ou aux pauvres qui vivent des rebuts de nos marchés dans « Les glaneurs et la glaneuse » en 2000. La réalisatrice aime jouer avec les mots, leurs sonorités, elle les acoquine avec d’autres pour en créer de nouveaux et leur inventer des significations nouvelles.

Avec le photographe JR, Agnès Varda signe en 2017 « Visages, Villages ». Remarqué au festival de Cannes, récompensé par l’Oscar du meilleur documentaire et par le César dans la même catégorie, le film retrace le périple en France des deux artistes. JR photographie les personnes rencontrées et colle d’immenses portraits sur les lieux mêmes où elles vivent, Agnès Varda filme les rencontres et recueille la parole de ces anonymes.

Le dernier documentaire d’Agnès Varda est une introspection sortie en 2019, un autoportrait intitulé sobrement « Varda par Agnès ».

Agnès Varda, courts métrages et télévision
Agnès Varda, a toujours alterné courts et longs métrages. Un de ses courts, « Les fiancés du Pont Mac Donald » fait même partie intégrante de l’un de ses longs métrages « Cléo de 5 à 7 ». Fictions ou documentaires, ils portent tous la patte très reconnaissable de leur réalisatrice.

Pour la télévision, Agnès Varda a réalisé plusieurs documentaires et un téléfilm (« Nausicaa », en 1970). Sa production la plus importante reste en 2011 « Agnès de ci, de là Varda ». En cinq épisodes de 45 minutes, il s’agit de chroniques / cartes postales, tournées dans le monde entier par la cinéaste au gré de ses intérêts et de ses humeurs.

Agnès Varda plasticienne
Depuis 2006, Agnès Varda se définissait aussi comme une « jeune plasticienne ». Dans « Agnès de ci, de là Varda », elle raconte son plaisir à côtoyer des artistes contemporains célèbres. Dans ce document, elle se confiait sur cet aspect de son activité artistique lors d’une interview sur le plateau de TV5 monde. C’était, le 26 juin 2012.

Agnès Varda et son mari Jacques Demy au festival de Cannes en 1965
Agnès Varda et son mari Jacques Demy au festival de Cannes en 1965 © RONALDGRANT MARY EVANS SIPA

Agnès Varda et Jacques Demy
Le nom d’Agnès Varda était inséparable de celui de son mari, le cinéaste Jacques Demy. Les deux cinéastes se rencontrent lors d’un festival de cinéma en 1958 et se marient quatre ans plus tard. Réalisateur, producteur et acteur mais aussi scénariste, il écrivait les dialogues de ses films, et les paroles des chansons qu’on y entendait. Le réalisateur des « Demoiselles de Rochefort », de « Peau d’âne » et de « Lola » est mort du SIDA en 1990 à 59 ans. Agnès Varda lui rendra plusieurs hommages cinématographiques avec « Jacquot de Nantes » dès 1991, et avec le documentaire « Les Demoiselles ont eu 25 ans » en 1993. Un garçon, Mathieu, est né de leur mariage en 1972. Jacques Demy a par ailleurs adopté Rosalie, la fille qu’Agnès Varda avait eu d’une précédente union.

Agnès Varda à Cannes le 16 mai 2013
Agnès Varda à Cannes le 16 mai 2013 © Jean-François Lixon
Agnès Varda et les récompenses
1955 : Prix de L’Âge d’Or à Bruxelles pour « La Pointe courte ».
1955 : Grand Prix du film d’avant-garde de Paris pour « La Pointe courte ».
1958 : Prix de la Fédération internationale des ciné-clubs pour « L’Opéra-Mouffe ».
1984 : César du meilleur court métrage documentaire pour « Ulysse ».
Mostra de Venise 1985 : Lion d’or pour « Sans toit ni loi ».
2002 :Prix René-Clair pour l’ensemble de son œuvre.
2009 : César du meilleur film documentaire pour « Les Plages d’Agnès ».
2013 Prix FIAF: récompense son action pour la sauvegarde du patrimoine cinématographique.
2014 : Festival international du film de Locarno : Léopard d’honneur pour sa contribution au type de cinéma défendu par ce festival.
Cannes 2015 : Palme d’honneur décernée à Agnès Varda, (première femme à recevoir cette distinction attribuée à un grand réalisateur qui jamais reçu de Palme d’or).
Cannes 2017 : L’Œil d’or (prix du documentaire) pour « Visages, villages ».
Governors Awards 2017 : Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière

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