La revue de presse africain du 10 Août

A la Une : PDCI – RDR, divorce à l’ivoirienne
Rupture, en Côte d’Ivoire, entre les deux principaux partis de la majorité, le PDCI et le RDR. Le PDCI se retire du projet de parti unifié RHDP, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix, dont les deux poutres maîtresses n’étaient autres que le chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara et l’ex-chef de l’Etat Henri Aimé Konan Bédié, président du PDCI, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire. C’est l’épilogue de cette vraie chronique d’une mort annoncée.

Et c’est un « coup de poignard de Bédié contre sa propre signature », fulmine en Une L’Intelligent d’Abidjan.

Et ce matin, s’inspirant manifestement d’un écrivain blanc sud-africain oublié, le quotidien gouvernemental Fraternité Matin pleure sur son « pays bien-aimé ». Ce journal prédit que, désormais, le PDCI « va s’allier avec qui il veut, c’est-à-dire avec le FPI », le Front populaire ivoirien, autrement dit le parti de l’ex-président de la République Laurent Gbagbo.

Frat Mat estime que la Côte d’Ivoire se retrouve « vingt ans en arrière », quand le PDCI « faisait la guerre » au RDR et qu’elle est revenue « aux heures noires de (son) histoire ».

Evoquant l’élection présidentielle de 2020, ce journal confesse qu’il était « naïf de croire que, parce, que l’on avait aidé le RDR à accéder au pouvoir en 2010 et à le conserver en 2015, il l’aurait cédé au PDCI en 2020 ».

Le président Bédié a « échoué deux fois » à conquérir le pouvoir, martèle Frat Mat. « Lorsqu’il avait perdu le pouvoir, personne ne pensait qu’il reviendrait dans ce pays », bucheronne-t-il. « Connaît-il encore les Ivoiriens », se demande encore ce journal. Lequel a reçu hier la visite du ministre ivoirien de la Communication et des Médias. Dans les colonnes de ce quotidien, justement, Sidi Tiémoko Touré, c’est le nom de ce ministre, rappelle que « Fraternité Matin est un outil important pour le gouvernement »…

Vers une alliance PDCI –FPI ?

Il va de soi que cette rupture au sein du RHDP ne manque pas ce matin d’alimenter les commentaires de la presse sous-régionale.

Témoin Wakat Sera. « C’en est fini de l’idylle au sein du RHDP », pointe ce journal, en référence à la déchirure entre le PDCI et le RDR. Ce couple « qui battait de l’aile depuis plusieurs mois, a fini par voler en éclats, formule ce journal burkinabè, qui relève que le PDCI de Henri Konan Bédié a « claqué la porte » du RHDP, estimant « avoir été trahi » par le RDR dans la constitution du parti unifié. Et il souligne que ce même PDCI a décidé « d’aligner ses propres candidats » aux élections locales du 13 octobre 2018, car il estime qu’il a été « cocufié » !

Bédié « fait les yeux doux » au FPI, le Front populaire ivoirien de l’ex-président Laurent Gbagbo, il divorce de Ouattara et veut se « marier » avec Simone Gbagbo, lance Wakat Sera ! Pour étayer de telles fiançailles par lui (notamment) présumées, ce journal ouagalais note que le PDCI « se réserve le droit de promouvoir une plate-forme de collaboration avec les Ivoiriens qui partagent sa vision » de la Côte d’Ivoire.

Décidément très inspiré par ce sujet, Wakat Sera se demande si le RDR de Alassane Outtara sera « l’ennemi commun à abattre par le PDCI et le FPI ». Question « pour un plat d’APF, à ne pas confondre avec le nom d’un parti politique mais à décoder comme Atiéké au poisson fumé ! » ! Bon appétit !

Témoin encore l’Observateur Paalga, selon lequel le « divorce semble irrémédiablement consommé » entre Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié. Et cet autre quotidien ouagalais prédit que « les échéances électorales à venir seront un bon test pour les anciens partenaires, particulièrement pour celui qui a quitté en premier le foyer conjugal ».

Dogons et Peuls à couteaux tirés au Mali

A deux jours du second tour de l’élection, la situation sécuritaire est préoccupante dans le centre du Mali.

Reportage de Libération à Nantaka, lieu d’une tuerie le 13 juin dernier, dans la région de Mopti, « devenue l’épicentre des violences qui déchirent le Mali » et caractérisée par « l’absence de l’Etat et la présence de cellules jihadistes actives (les deux étant liées) ».

La tuerie est imputée à l’armée malienne et 23 peuls en ont été victimes. Les exactions répétées de l’armée malienne renforcent (la) méfiance (des Peuls) à l’égard de l’Etat, et poussent une partie de la jeunesse à se tourner vers la « katiba Macina d’Amadou Koufa », souligne Libé.

Lequel journal dresse également l’état des lieux des conflits entre Dogons et Peuls et remarque que, malgré la tuerie du 13 juin, un défenseur des droits de l’homme à Bamako « aimerait que l’armée traverse le fleuve pour sécuriser le second tour à Nantaka ».

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