La revue de presse Afrique du 16 Août

A la Une: les résultats attendus de la présidentielle malienne
Les deux candidats du second tour de la présidentielle malienne, Ibrahim Boubacar Keita, le président sortant (à gauche) et Soumaïla Cissé, président de l’Union pour la république et la démocratie (à droite).AFP/Issouf Sanogo/Sia Kambou

Alors que les résultats devaient arriver hier, l’annonce pourrait avoir lieu dans la matinée, selon des sources proches des autorités citées par Maliweb. « C’est le ministre malien de l’Administration territoriale qui donnera le nom du vainqueur, du vaincu, et le taux de participation », précise notamment Seneplus.

Peu de suspense autour de ces résultats, pour le média burkinabè Le Pays. « Sans surprise, c’est Ibrahim Boubacar Keita, le président sortant, qui partait avec les faveurs des pronostics, qui l’emportera. »

« En effet, ajoute Le Pays, mathématiquement, la longueur d’avance qu’il avait sur son challenger, Soumaïla Cissé, était difficile à rattraper dans une compétition qui n’emballait pas grand monde. »

« A-t-on encore besoin des résultats ? », se demande même L’Observateur Paalga. Pour ce dernier, « les vraies inconnues dans cette affaire sont le taux de participation et le score du locataire actuel du palais de Koulouba, tant la victoire de celui qui avait obtenu 41 % au premier tour contre 17 % pour son challenger ne semble souffrir aucun doute ».

Victoire quasiment assurée pour IBK. Pourtant, le bilan du président sortant est loin d’être unanimement salué. Dans Maliweb, le Dr Brahima Fomba, de l’Université des Sciences juridiques et politiques de Bamako, dresse un portrait au vitriol du mandat d’Ibrahim Boubacar Keita. « Entre bricolages et violations », résume l’universitaire. Selon Brahima Fomba, les gouvernements successifs d’IBK « ont été incapables d’organiser le moindre scrutin, sans violer, parfois de manière flagrante, la législation électorale ».

« Tout au long de son mandat, le régime du président IBK s’est spécialisé dans la violation systématique de la loi électorale, contribuant ainsi à défigurer la démocratie malienne à coups de scrutins bâclés. »

Justement, des fraudes, c’est ce que dénonce le camp de Soumaïla Cissé. L’opposant a déjà annoncé qu’il ne reconnaîtrait pas les résultats de ce second tour. Dès lundi, Soumaïla Cissé appelait les Maliens à « se lever » face à ce qu’il qualifie de « dictature de la fraude », rappelle Maliactu.

Des déclarations qui « accentuent la crainte de voir le pays basculer dans une crise postélectorale » selon Jeune Afrique. Toujours dans Jeune Afrique, on apprend d’ailleurs que « la sécurité a été renforcée au niveau des lieux stratégiques de la capitale ». Par exemple, « les rues qui mènent au ministère de l’Administration territoriale et à la Cour constitutionnelle, qui doit valider les résultats, sont fermées à la circulation ».

Pour le site du Pays, la responsabilité d’éventuels troubles serait à mettre sur Soumaïla Cissé. Le média estime que l’opposant à adopter la mauvaise posture en rejetant « par avance les résultats du scrutin » et en préparant ses militants « pour l’épreuve de force ».

« Le peuple malien lui-même doit savoir tirer leçon de toutes ces années de souffrance, conseille Le Pays, et résister aux sirènes de la division ».

Le site d’information en appelle également à la communauté internationale. Elle « ne doit pas rester aphone, au risque de revenir plus tard jouer au sapeur-pompier. C’est maintenant qu’il faut agir en mettant la pression sur les acteurs afin de les dissuader d’engager le Mali sur de nouveaux sentiers incertains. » Autre sujet dans la presse africaine. Le Sénégal pointé du doigt par Amnesty International.

« Amnesty épingle le Sénégal », titre le Walf Quotidien. « Amnesty International accable le Sénégal », affirme même le quotidien Enquête. Pour le journal, le rapport de l’ONG « va faire grincer des dents les pouvoirs publics sénégalais ».

Le Walf explique que « l’organisation de défense des droits de l’homme relève […] des exemples de procès inéquitables ; dont celui du maire de Dakar Khalifa Sall, candidat à la présidentielle de février 2019 face au président Macky Sall ».

Le rapport d’Amnesty International « met également en exergue le cas de Karim Wade […] condamné en mars 2015 à 6 ans de prison, et également candidat déclaré à la prochaine présidentielle ».

Son procès n’a pas respecté les normes internationales, estime l’ONG, car il ne prévoyait pas de possibilité d’appel. A l’approche de l’élection présidentielle de 2019, François Patuel, un responsable d’Amnesty, exhorte les autorités sénégalaises à « garantir aux journalistes, aux leaders de l’opposition, aux contradicteurs du gouvernement et aux défenseurs des droits de l’Homme, leurs droits à la liberté d’expression et à organiser des manifestations pacifiques, sans peur et sans répression ».

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