La revue de presse Afrique du 30 mai

A la Une: l’espoir en Libye

Dans la salle de conférence internationale sur la Libye, avec les dirigeants libyens, les chefs d’Etat partageant les frontières avec le pays, le représentant européen et le président français Emmanuel Macron à l’Elysée.

L’espoir d’un début de sortie de crise avec cette feuille de route établie hier lors du sommet de L’Elysée sur la Libye.

« Les quatre principaux acteurs de la crise politico-militaire libyenne, rapporte Jeune Afrique, – le maréchal Khalifa Haftar, le Premier ministre Fayez al-Sarraj, le président du Parlement Aguila Salah Issa et le président du Haut Conseil d’Etat Khaled Al-Mishri – se sont engagés à ce que l’élection présidentielle et les législatives aient lieu le 10 décembre de cette année. »

Cet « engagement, les quatre libyens l’ont couché sur papier, pointe Jeune Afrique : un document lu à la presse en arabe et traduit en français, qui insiste notamment, outre l’adoption d’un calendrier pour l’organisation d’élections, sur “le besoin d’unifier les institutions“, et en premier lieu la Banque centrale. La déclaration, toutefois, n’est pas encore signée, relève encore le site panafricain. Sous les noms des quatre hommes, un espace blanc : chacun veut pouvoir présenter le texte à ses mandants ou son clan en Libye avant de le parapher. »

Un « faisceau complexe de conditions »

Du coup, Le Monde Afrique s’interroge : « La feuille de route agréée, hier, au palais de l’Elysée à Paris, par quatre des principaux protagonistes du théâtre libyen et en présence de représentants de vingt pays et six organisations internationales, connaîtra-t-elle le même sort que les plans avortés dans un passé récent ? Si l’engagement solennel à tenir des élections législatives et présidentielle le 10 décembre – afin de refonder la légitimité des autorités libyennes – est en soi une avancée appréciable, sa réalisation va requérir un complexe faisceau de conditions. »

A savoir, précise Le Monde Afrique, « impliquer les communautés locales », « débrouiller l’écheveau constitutionnel qui crée aujourd’hui un inquiétant vide juridique », « achever la réunification des forces armées », et enfin « désamorcer les sanctuaires jihadistes de Derna et Sebha ».

Difficile mais possible…

En tout cas, la presse du continent salue cette avancée vers la paix en Libye.

« Le soleil se lève à Tripoli », s’exclame ainsi Le Nouvel Observateur à Kinshasa. « Les frères libyens ont affiché leur volonté de fumer le calumet de la paix et de tourner une page noire de l’histoire de leur pays. (…) Il est vrai, reconnait aussi le quotidien kinois, qu’un long chemin reste encore à parcourir pour stabiliser cet empire du sable et du pétrole, surtout qu’à l’heure actuelle, le pays reste sous l’emprise de groupes armés qui n’ont pas participé à cette conférence de Paris. Mais la dynamique enclenchée par Emmanuel Macron et les Nations unies fera qu’à la longue, tous ceux qui en Libye recourent encore à la logique de guerre finiront bien par comprendre que l’heure est désormais à la paix, au dialogue et à la reconstruction du pays. »

Difficile mais possible, estime aussi L’Observateur Paalga au Burkina Faso : « Peut-on raisonnablement organiser un vote crédible dans ce foutoir qu’est devenue la Libye ? (…) A dire vrai, on est fondé à douter de la faisabilité de ce vaste chantier. (…) Qu’en est-il des multiples milices et de ces filiales des multinationales terroristes qui n’ont naturellement pas été conviées aux pourparlers parisiens et qui ne vont donc pas se sentir concernées, elles qui n’ont peut-être pas intérêt à ce que la paix revienne, dans la mesure où ce serait pour elles la fin des haricots ? »

Toutefois, veut croire L’Observateur Paalga, « si les différents acteurs parvenaient à comprendre qu’un jour il faudra forcément s’asseoir et discuter et qu’il n’y a pas d’autres solutions que le dialogue politique et la négociation, ce serait déjà quelque chose de gagné. »

Convoitises pétrolières ?

Le Pays, pour sa part, toujours au Burkina Faso, estime que les grandes puissances n’agissent pour la Libye que par intérêt…

« La vérité, affirme Le Pays, est que la compassion internationale est alimentée par les convoitises sur les riches champs pétrolifères de la Libye. Et c’est en cela que l’on peut légitimement douter que les intérêts de Paris concordent réellement avec ceux du peuple libyen dont le besoin vital aujourd’hui est celui d’un homme fort qui puisse rétablir l’ordre dans le pays. Mais la “solution Haftar” ne semble pas emballer les Occidentaux, qui redoutent de faire du neuf avec du vieux. Alors, s’interroge le quotidien ouagalais, s’achemine-t-on en Libye vers le scénario malien, où après des élections, des enclaves comme Kidal échappent toujours à l’autorité du président démocratiquement élu ? »

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