La revue de presse française du 12 Septembre

A la Une: est-ce le retour du social ?
Le gouvernement va-t-il instiller, enfin, pour certains, une dose de social dans la médication parfois indigeste qu’il veut nous faire avaler ?
Oui, répondent Les Echos. « A neuf mois des élections européennes, Macron veut consolider le modèle social pour séduire les électeurs progressistes. Même si cela le fragilise sur la scène européenne. […] Après un été chahuté, il s’agit de se faire entendre, et vite, précise le quotidien économique. Dans un peu moins de neuf mois, les élections européennes livreront Emmanuel Macron au verdict de ses midterms à lui. “Progressistes” contre “nationalistes”, le président français a posé le débat. Il a aussi relevé que l’extrême-droite s’était nourrie en Suède des fragilités croissantes de son modèle social. D’où son calcul, rapporté à la France : la meilleure façon de contenir Marine Le Pen est de parvenir à décoller l’image de “président des riches” et de conforter un modèle social devenu partie intégrante de l’identité française. En quinze mois, les mots ont changé, constatent encore Les Echos. Edouard Philippe ouvrait le mandat en promettant de “rénover” le modèle social : il s’agit aujourd’hui de le consolider. Un virage social pour aborder la ligne droite européenne : il flotte en cette rentrée un parfum électoral. »

Du pain sur la planche…

En effet, relève Ouest France, « plan pauvreté demain jeudi, annonces sur l’hôpital le 18 septembre, entrée en vigueur des mesures favorables au pouvoir d’achat, avant la remise à plat des retraites. […] Le social sera sur le devant de la scène dans les mois à venir. Gardons néanmoins les yeux bien ouverts sur les indices économiques, pointe le quotidien du grand ouest. Pour l’heure, pas de quoi crier au loup sur la croissance : elle reste correcte. Mais elle est plus fragile depuis quelques mois et le retour de l’inflation inquiétera si les salaires ne suivent pas. Autre clignotant, la dette publique tangente les 100% du produit intérieur et le franchissement de ce seuil psychologique n’est guère flatteur. Enfin, pointe encore Ouest France, la France se classe toujours 25e sur 28 en Europe pour son niveau de chômage. Cet indicateur honteux est le plus important et devrait empêcher tout chef d’État et de gouvernement de dormir sereinement la nuit. »

L’Humanité n’y croit pas un instant… « Macron chute sur le social », s’exclame le quotidien communiste. « La situation désastreuse dans les hôpitaux, les Ephad, ou encore l’état du réseau routier, le niveau du chômage et, en même temps, le bond indécent des dividendes des actionnaires, l’évasion fiscale non jugulée, le pillage des savoirs et des créateurs par les grands groupes du numérique atteignant jusqu’au pluralisme de la presse garant du débat démocratique : c’est le résultat d’une politique libérale-austéritaire qui échoue en Europe et dans le monde. »

Comment faire payer les Gafa ?

A la une aussi justement : les droits d’auteurs en Europe… Les eurodéputés se prononcent aujourd’hui sur une directive censée mettre les géants du Net à contribution pour les contenus artistiques et éditoriaux qu’ils utilisent.

« Droit d’auteur : Comment faire payer les Gafa ? », s’interroge Libération. Le débat « oppose partisans de plus de régulation des conditions d’accès et de diffusion des contenus sur internet aux géants du numérique et aux défenseurs des libertés des usagers des réseaux. Un remake devenu un classique du conflit opposant l’homme qui écrit et qui crée, et celui qui algorithme et organise. »

Pour Libération, la directive européenne va dans le bon sens : « que demandent les artistes, les créateurs, les producteurs, les journalistes européens dans leur immense majorité ? Un peu de respect et un peu d’argent. Leurs métiers ne sont ni un passe-temps ni du bénévolat. Ce sont des professionnels honorables qui demandent seulement à être plus justement rémunérés pour leur travail. Or, constate Libération, l’évolution spontanée du marché a créé un grave déséquilibre en permettant aux plateformes numériques d’accaparer les recettes produites par le travail d’autrui. Tel est l’esprit fondamental de la directive européenne en discussion : prévoir un partage plus équitable, qui aura pour seul inconvénient de réduire de quelques sesterces les mégas profits des Gafa. Une épreuve qu’ils surmonteront… »

Il est vrai qu’il y a comme un déséquilibre, relève aussi L’Union, « d’un côté les Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon). Des titans dont la santé florissante, disons même insolente, est largement due à leur capacité à puiser dans les articles produits par les journaux pour ensuite alimenter leurs moteurs de recherche et capter la publicité en ligne qui va avec. De l’autre, la presse, toujours vaillante, mais paupérisée par le détournement des revenus publicitaires évoqué ci-dessus. »

L’Est Républicain voit même un danger encore plus grand… – « En démocratie, la liberté de créer et d’informer est un fondement de notre société. Ces notions paraissent peut-être ringardes et moralistes, mais cisailler la presse, c’est bitumer une autoroute de la désinformation pour un électorat décérébré qui nous élira sur un plateau un Trump européen. »

Benalla pas très discret…

Enfin, « le sparadrap Benalla » : l’expression est largement utilisée ce matin, que ce soit par Le Parisienou encore par Le Télégramme. « Sacré Benalla !, s’exclame le quotidien breton. Il n’a pas son pareil pour mettre le président dans l’embarras. C’est le sparadrap du capitaine Haddock. À peine digérées la démission de Nicolas Hulot, la polémique sur les “Gaulois réfractaires”, les incertitudes sur la retenue à la source et l’élection attendue de Richard Ferrand au Perchoir, le voilà qui refait parler de lui. Impayable ! »

En effet, début septembre, le Sénat a adressé à l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron une convocation d’audition le 19 septembre. Dans un premier temps, hier, il annonçait avoir refusé de s’y rendre. Mais Alexandre Benalla a finalement dit oui, dans la soirée… Cette valse-hésitation a relancé la polémique…

Commentaire du Républicain Lorrain : « outre le peu de confiance en lui qu’elle trahit, son attitude sent à plein nez l’aveu qu’il y a réellement baleine sous gravillon. Vous avez aimé le feuilleton estival sur la vie trépidante d’Alexandre Benalla à l’Elysée ? Vous adorerez la saison deux, sur tous les écrans, dès cet automne. »

Enfin, soupire Le Midi Libre, « ce dernier épisode, sur le refus de se présenter à une convocation du Sénat, nous montre que le gorille le plus détesté de la République fait encore une belle grimace à son ancien patron. Peut-être est-il temps de siffler la fin de la partie pour le président de la République. Les dégâts collatéraux, ça va cinq minutes… »

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