La revue de presse française du 13 mares

A la Une: François Hollande sort de sa réserve

L’ancien président a accordé une longue interview au quotidien Le Monde daté de ce jour. « La progression des forces turques contre les Kurdes d’Afrin et l’intensification de l’offensive du régime syrien dans la Ghouta orientale, près de Damas, ont incité François Hollande, pointe Le Monde, à sortir de la réserve qu’il s’était imposée depuis son départ de l’Elysée, à propos des questions internationales. »

Alors, dans cet entretien, François Hollande critique vertement l’attitude de la Turquie face aux Kurdes en Syrie : « quel est cet allié à qui certains vendent des armes et qui utilise ses avions pour frapper des populations civiles ? Quel est cet allié turc qui frappe nos propres alliés avec le soutien au sol de groupes djihadistes ? »

Pour ce qui est de la Russie, François Hollande constate qu’elle « se réarme depuis plusieurs années, et, si la Russie est menaçante, elle doit être menacée », s’exclame l’ancien président. « Il faut que l’Occident se rende compte de ce qu’est le danger. On doit parler à Vladimir Poutine, on peut évoquer les relations historiques entre la France et la Russie. Mais, estime encore François Hollande, ce n’est pas une raison pour la laisser avancer ses pions sans réagir. La position de Donald Trump n’est ni claire ni prévisible, c’est donc à la France, à l’Europe, à l’OTAN de se mettre en mouvement. »

Petite pique…

L’ancien président fait là une allusion très claire à la réception de Vladimir Poutine au château de Versailles, juste après l’élection d’Emmanuel Macron… Une petite pique, donc, en direction de son successeur… Emmanuel Macron a d’ailleurs immédiatement répliqué, évoquant « certaines personnes qui donnent des leçons », opposant sa « responsabilité » aux « commentaires » de ceux qui n’exercent plus que le ministère de la parole.

En fait, analyse Le Figaro, François Hollande « ressent un besoin de réhabilitation de son action. S’il assure que, contrairement à Nicolas Sarkozy, il ne reviendra jamais dans la vie politique, il s’agace de la mansuétude dont bénéficie son successeur, alors qu’on ne lui passait rien à lui. En attaquant Macron sur le terrain de la politique internationale, il veut instiller l’idée que, sur la Syrie notamment, il avait vu juste avant les autres. »

La communauté internationale impuissante

En tout cas, au-delà de ces aigreurs présidentielles, la question syrienne reste posée… « Que fait la communauté internationale face à cette guerre incessante ?, soupire Paris-Normandie. En vain, elle prend des résolutions afin que s’arrête l’insupportable bain de sang alors qu’hier le régime syrien continuait de larguer ses bombes sur des localités rebelles de la Ghouta orientale au vingt-troisième jour d’un assaut ravageur autant que destructeur. Depuis sept ans, à force de tergiversations et de palinodies, la communauté internationale a surtout montré son incapacité à stopper un génocide orchestré. Pourtant sous nos yeux. »

Enfin pour L’Humanité, « le temps presse pour sauver Afrin de la folie d’Erdogan et de ses coreligionnaires islamistes, pour éveiller les consciences en Europe face à la situation catastrophique de cette enclave et face à un prévisible nettoyage ethnique, et surtout, pour contraindre les Nations unies à stopper le dictateur Erdogan par tous les moyens ! Le silence et l’inertie des pays occidentaux concernés ont assez duré. »

Dans les coulisses de la guerre sale

Toujours à propos de la Syrie, Libération publie le témoignage d’un responsable d’une société militaire russe privée qui envoie ses hommes combattre au sol, en liaison avec le Kremlin.

« Une plongée édifiante dans les coulisses d’une guerre sale », s’exclame Libération. Ce témoignage a été recueilli par la correspondante de France 24 en Russie. Il s’agit de l’un des chefs recruteurs collaborant avec le groupe Wagner, principale société militaire privée. Il raconte le fonctionnement de ces missions couvertes par le secret d’Etat. « Car il faut cacher, explique Libération, l’existence de ces entreprises illégales en Russie, les contrats signés avec elles par les compagnies pétrolières liées au Kremlin et la mort des combattants mercenaires à leurs familles. Autant de petits cailloux dans la chaussure de Vladimir Poutine à quelques jours de sa réélection. »

Ce recruteur de mercenaires russes est plutôt direct : « C’est une lutte pour le régime d’Al-Assad. Une lutte pour le pétrole, pour gagner de l’argent. La raison d’être d’une société militaire privée, c’est de faire du profit. Ensuite, défendre les intérêts d’un Etat là où il ne peut pas faire usage de son armée régulière. Ce qui se passe en Syrie, d’un côté, c’est un combat contre le terrorisme mondial représenté par l’Etat islamique, et de l’autre, un engrangement de bénéfices au profit de notre pays, pour que la Russie puisse s’emparer d’un énorme marché de ressources pétrolières. »

Le footballeur le plus riche du monde est…

Enfin cette question piège posée par Le Parisien : qui est le joueur de football le plus riche du monde ?

Question piège, car ce ne sont pas ceux auxquels on pense… Messi, Ronaldo, Neymar ? Non, vous n’y êtes pas du tout… Le joueur de football le plus riche au monde s’appelle Mathieu Flamini, nous apprend Le Parisien, il a 34 ans, il est français, il joue à Getafe dans la banlieue de Madrid, c’est un ancien de l’OM, de l’AC Milan ou encore d’Arsenal. Il a même été trois fois international. Et si Mathieu Flamini a une fortune estimée à 30 milliards d’euros… ça n’a rien à voir ni avec son salaire ni avec le montant de ses transferts. Il n’a pas hérité non plus… Mathieu Flamini a eu du nez… Il a investi il y a dix ans dans l’industrie de l’acide lévulinique. « Il s’agit, nous explique Le Parisien, d’une molécule tirée des déchets végétaux présentée comme un potentiel substitut au pétrole. Le département de l’énergie américain la considère comme l’une des douze molécules pouvant contribuer à sauver la planète. Les débouchés industriels sont sans limites… »

La société, créée par le footballeur français, GF Biochemicals, est désormais présente sur plusieurs continents et pèse donc environ 30 milliards de dollars… Flamini est donc le footballeur le plus riche du monde. Et ça n’a rien à voir avec le foot…

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