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La revue de presse française du 27 avril

A la Une: le «mano a mano» coréen
 A la Une: le «mano a mano» coréen
Rencontre historique dans la zone démilitarisée séparant les deux Corée entre le leader du Nord, Kim Jong-un, et le président du Sud, Moon Jae-in. C’est en effet dans la Maison de la paix de Panmunjom, dans la zone démilitarisée que les deux Corées se sont retrouvées il y a quelques heures pour une rencontre « historique », car depuis l’armistice du 27 juillet 1953, aucun leader du Nord n’avait foulé le sol du Sud.

Ce sommet intercoréen, c’est « une chance pour la paix », lance « en Une » La Croix, il est « historique » souligne ce journal, il va faire « naître l’espoir fou d’une paix durable sur la péninsule ». Et tout le clergé catholique sud-coréen « prie pour la réussite de ce sommet », complète le quotidien catholique français.

Moment historique ? C’est une chance unique « qui peut-être ne se représentera pas, dit un retraité à Séoul interrogé par La Croix. Il faut l’accepter. Ne pensons pas à la réunification pour le moment, elle n’est pas nécessaire à ce stade, pensons d’abord à la pacification, à mettre un terme à ce conflit qui dure depuis trop longtemps ». La guerre « va peut-être enfin se terminer ! Ce n’est pas rien », enchérit un cinéaste coréen. Mais attention, prévient dans La Croix une étudiante de Séoul, « je n’ai pas confiance en Kim Jong-un et en la Corée du Nord. Je crois que c’est l’arrivée de Donald Trump et ses pressions qui ont poussé le Nord à accepter ce sommet et la rencontre en juin prochain. Pourtant, tous mes amis étudiants n’aiment pas Trump », ajoute-t-elle.

« C’est enfin la fin de la guerre », dit à Libérationle grand écrivain et militant pacifiste Hwang Sok -yong.

«–Espérons… –», soupire ce journal, même si ce sommet est « peu préparé » et s’il est « marqué par une méfiance de près de soixante-dix-ans », et qu’il s’ouvre dans une incertitude « vertigineuse ».

Pour ce quotidien, le plus vraisemblable est que le Nord « cherche à gagner du temps. Sachant que l’échec lamentable de l’expérience stalinienne de Pyongyang place le régime en position de faiblesse, mal camouflée par son parapluie nucléaire ».

Lafarge : quand les administrateurs flippent

L’affaire Lafarge à présent. Une affaire qui fait trembler en haut-lieu, alors que le groupe cimentier français est empêtré dans une procédure judiciaire de présumés financements clandestins de groupes terroristes en Syrie.

Etant rappelé que Lafarge est soupçonnée d’avoir versé des bakchichs à Daech pour poursuivre ses activités en Syrie, et que, comme le rappelle encore ce matin le quotidien communiste L’Humanité sous couvert de révélations antérieures du journal Libération, l’Etat français « aurait de fortes chances d’avoir été mis au courant des agissements du groupe Lafarge en Syrie », Mediapart révèle le contenu d’une écoute téléphonique entre l’ancien coprésident de Lafarge Bruno Lafont et un communicant parisien qui témoigne, selon ce journal en ligne, de la « panique des actionnaires de Lafarge » à la suite de la révélation de cette affaire.

Cette écoute téléphonique a été réalisée par la douane judiciaire française le vendredi 13 octobre 2017. Ce jour-là, Bruno Lafont téléphone à Clément Léonarduzzi, patron de l’agence Publicis Consultants, qui gère son image. Et qui lui conseille de ne pas s’exprimer publiquement sur cette affaire, car, dit-il à Bruno Lafont, il risque de « rouvrir une boite » entendez une boite de Pandore et qu’alors se posera la question de savoir jusqu’où il pourra aller dans la « mise en cause collective », c’est-à-dire « jusqu’à qui ? », interroge Mediapart. S’exprimer publiquement, c’est « une arme de destruction massive » dit encore ce communicant à son client Bruno Lafont, avant d’ajouter que des administrateurs de Lafarge « sont en flip derrière ». Et il cite les noms de « Sawiris », qui n’est autre que le milliardaire égyptien Nassef Sawiris, et de « Desmarais », en l’occurrence l’homme d’affaires canadien Paul Desmarais Jr, lui aussi administrateur de Lafarge.

Mediapart reproduit également un échange téléphonique réalisé à la demande de la justice belge entre le banquier d’affaires Gérard Frère, président du Groupe Bruxelles Lambert, et Victor Delloye, l’un des administrateurs de ce groupe (écoute déjà révélée par le journal Le Monde), et dans laquelle Victor Delloye dit à Albert Frère au sujet des administrateurs de Lafarge : « Ce qu’on pourrait leur reprocher, c’est d’être restés passifs. De ne pas avoir été curieux. Que ça les arrangeait bien et que ça, c’est un crime. Parce que le financement du terrorisme, c’est grave ». Le moins que l’on puisse dire…

Gouvernement : inconnus à cette adresse

En France, près d’un an après son entrée en fonction, le gouvernement n’a pas la cote et les principaux ministres restent très peu connus. Selon un sondage Odoxa pour Le Figaro et France Info, six Français sur dix sont mécontents de l’action du gouvernement. Et 46 % (-8) des personnes interrogées affirment encore ne pas connaître suffisamment les ministres pour exprimer une opinion. La plus populaire est la ministre des Sports Laura Flessel, avec 41 % de bonnes opinions, devant le Premier ministre Edouard Philippe et le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, tous deux à 38 %.

Fiscalité : pas de passe-passe pour payer la taxe

En France encore, cette mise au point au sujet de la fiscalité locale. Le ministre de l’Action et des Comptes publics dit au journal Le Parisien que la suppression de la taxe d’habitation concernera « tous les Français », sans contrepartie.

«–Il n’y aura pas de tour de passe-passe où l’on supprime des milliards pour aller les chercher ailleurs », dit Gérald Darmanin, qui explique vouloir financer les huit à neuf milliards d’euros que coûtera cette suppression de la taxe d’habitation « notamment grâce à une refonte de la fiscalité locale ».

Toutefois, la question de la suppression de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires n’est pas tranchée. « La question se pose en effet de maintenir cette taxe », complète Gérald Darmanin dans Le Parisien. Poser la question, n’est-ce pas y répondre ?

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