L’Allemagne face au défi du renouveau

Honteusement éliminé au premier tour de la Coupe du Monde 2018, la sélection allemande est en pleine reconstruction. Le défi est de taille pour Joachim Löw, envers lequel le public, échaudé par le dernier Mondial, est très critique.
Évacuer définitivement le traumatisme de la Coupe du Monde 2018 et repartir sur de nouvelles bases. Voilà le défi de Joachim Löw, l’homme du passé censé incarner le futur. C’est l’une des critiques souvent entendues en Allemagne au sujet du sélectionneur national, en poste depuis 2006. Ses compétences d’entraîneur ne sont pas remises en cause, c’est plutôt le pouvoir qu’il incarne et le manque d’opposition au sein de la Fédération allemande qui interpelle. Mais puisqu’aucun entraîneur d’envergure n’est pour l’instant disponible (Klopp à Liverpool, Tuchel au PSG), alors il faut bien laisser les clés du camion à Löw.

Ce dernier a donc décidé de trancher dans le vif pour débuter 2019. Exit Mats Hummels, Jerome Boateng et Thomas Müller, trois piliers de la sélection. La forme de cette mise à l’écart a surpris outre-Rhin puisqu’elle a été annoncée de manière définitive via un communiqué. De quoi susciter beaucoup de critiques. « Après la Coupe du Monde 2018, la majorité du public disait : débarrassez-nous des sénateurs, il faut renouveler toute l’équipe. Et lorsque Joachim Löw décide de ne plus appeler Mats Hummels, Jerome Boateng et Thomas Müller, les gens critiquent tout autant cette décision », nous explique Tristan Bernert, journaliste pour Fussball Transfers. Comme tout entraîneur représentant un échec récent, Joachim Löw fait face à une forme de défiance. Seuls les résultats le sortiront de l’ornière.

Personne n’est à l’abri
Malheureusement, les premiers matches post-Mondial ne l’ont pas aidé. Avec 2 victoires, 2 nuls et 2 défaites, la Nationalmannschaft n’a pas convaincu. D’où la décision plus radicale de Löw au sujet de Hummels, Boateng et Müller. Le but ? Permettre l’émergence de nouveaux leaders, au rendement sportif plus satisfaisant que les trois derniers nommés. Or, dans le vivier allemand, si Löw dispose d’un large choix pour remplacer Müller, c’est moins le cas en défense centrale, où des éléments comme Rüdiger, Ginter ou Süle ne surpassent pas Hummels et Boateng, quand bien même ces derniers sont loin de leur meilleur niveau.

La régénération de la sélection concerne tous les postes. Et pour Joachim Löw, cela signifie aussi revenir sur certains choix, comme Leroy Sané, amené à devenir le leader offensif des Allemands quelques mois après avoir été écarté de la sélection pour le Mondial 2018. Le joueur de Manchester City ne semble pas rancunier puisqu’il a déclaré apprécier le style de jeu que Löw souhaite désormais imprimer à son équipe. À savoir un jeu parfois plus direct et surtout avec plus de vitesse pour oublier les stériles phases de possession vues pendant la Coupe du Monde. Bien sûr, l’objectif sera toujours de garder le cuir mais en jouant aussi plus bas pour permettre à Sané, Werner et Gnabry d’exploiter leur vitesse. « Plus de vitesse, plus de dynamisme, plus de détermination », a annoncé Löw en conférence de presse.

Seulement deux joueurs de la dernière liste de Joachim Löw avaient pris part à la victoire au Mondial 2014, et à peine plus de la moitié ont disputé l’édition 2018. Tout est remis à plat. Même Manuel Neuer, beaucoup moins impérial, est discuté en raison du remarquable niveau affiché par Marc-Andre Ter Stegen avec le FC Barcelone. À tel point que les sondages réalisés par les sites allemands affichent la préférence des supporters pour le second nommé. Une sacrée claque pour l’éternel titulaire. Pour oublier le désastre 2018, il n’y a pas le choix : il faut tout remettre à plat, quitte à sacrifier certains joueurs prestigieux.

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