L’armée française libère quatre otages au Sahel, dont les deux enseignants enlevés au Bénin

Quatre otages détenus au Sahel, dont les deux enseignants français enlevés au Bénin, ont été libérés vendredi lors d’une opération menée par l’armée française au cours de laquelle deux militaires ont été tués, a annoncé vendredi l’Élysée.

Une opération menée par l’armée française dans la nuit de jeudi 9 à vendredi 10 mai dans le nord du Burkina Faso a permis de libérer quatre otages, dont les deux enseignants français enlevés au Bénin au début du mois, a annoncé vendredi l’Élysée.

Deux officiers mariniers des forces spéciales françaises, le maître Cédric de Pierrepont et le maître Alain Bertoncello, ont été tués lors des combats contre le groupe qui détenait les otages.

Une “opération audacieuse”

Emmanuel Macron “se félicite de la libération de quatre otages au Sahel, dont nos deux compatriotes, Patrick Picque et Laurent Lassimouillas, enlevés le 1er mai dernier au Bénin”, indique la présidence française dans un communiqué. “Outre les deux otages français, une citoyenne américaine et une ressortissante sud-coréenne ont également été libérées.”

“Cette opération audacieuse” a été “rendue possible par la mobilisation des moyens de Barkhane (force française de 4 500 hommes déployée au Sahel, NDLR), l’implication des forces burkinabè et le soutien américain en renseignement”, précise le chef d’état-major français, le général François Lecointre, dans un autre communiqué.

“Je salue avec émotion le sacrifice des deux militaires français engagés dans cette opération”, a renchéri le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, en adressant également des “pensées aux proches du guide béninois sauvagement assassiné lors de l’enlèvement de nos deux compatriotes”.

Une zone déconseillée par le Quai d’Orsay

Les deux touristes français avaient été enlevés le 1er mai au Bénin, dans le parc de la Pendjari situé à la frontière avec le Burkina Faso et le Niger, deux pays où des groupes armés, notamment djihadistes, sont de plus en plus actifs. Le corps de leur guide avait été retrouvé samedi dernier.

Selon des experts et des sources sécuritaires, le nord des pays côtiers de l’Afrique de l’Ouest, comme le Togo et le Bénin, est devenu vulnérable ces derniers mois face à la stratégie d’expansion et de multiplication des fronts adoptée par les groupes armés.

Le Bénin était considéré comme un îlot de stabilité en Afrique de l’Ouest, une région où opèrent de nombreux groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique. Mais les parcs sont des zones très difficiles à surveiller, malgré un renforcement des équipes, entraînées militairement depuis qu’African Park a repris la gestion de la Pendjari.

Depuis 2014, la France a déployé quelque 4 500 hommes au Sahel dans le cadre de l’opération Barkhane qui vise à lutter contre les groupes jihadistes opérant dans la région et au Sahara.

La zone a récemment été placée comme “formellement déconseillée” par le Quai d’Orsay, “compte tenu de la présence de groupes armés terroristes et du risque d’enlèvement”.

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