Le cas Neymar divise à nouveau le Brésil

À quelques semaines de la Copa América, à domicile, le Brésil se pose à nouveau beaucoup de questions au sujet de Neymar suite à son comportement lors de la finale de Coupe de France perdue contre le Stade Rennais.
« Et vous, vous priveriez-vous de Neymar pour la Copa América ? » Ce sondage, encore inimaginable il y a quelques semaines, a commencé à fleurir sur les réseaux sociaux et dans les médias au Brésil après le coup de sang de Neymar à l’encontre d’un supporter lors de la finale de Coupe de France perdue contre le Stade Rennais samedi (2-2, 6 t. a. b. à 5). Son geste a été longuement commenté et le Paulista en a sérieusement pris pour son grade, écornant encore un peu plus son image déjà entamée après un Mondial 2018 en Russie désastreux sur le plan médiatique. Les éditorialistes et consultants débattent désormais sur la nécessité d’appeler la star du Paris SG pour la Copa América, qui se tiendra du 14 juin au 7 juillet au pays. Si la qualité du n° 10 est rarement remise en question, sa capacité à être un bon capitaine et son comportement sont eux pointés du doigt.

« La question d’une non-convocation devrait être institutionnelle. Elle devrait faire l’objet d’une discussion entre le président de la CBF (fédération brésilienne), de Tite (sélectionneur) et d’Edu Gaspar (coordinateur technique). Le Brésil est plus grand que Neymar. S’il n’est pas convoqué, il y a moyen de monter une équipe solide sans lui. Il est le meilleur joueur brésilien, certes, l’homme qui fait la différence. Mais le Brésil n’est pas le Pays de Galles, où si tu enlèves Bale, l’équipe perd 50% de son niveau. On peut monter une équipe, collectivement solide, même sans Neymar. Les dirigeants peuvent se dire : « non, on ne l’appelle pas pour qu’il réfléchisse sur un certain nombre de choses comme son comportement » », a lancé l’éditorialiste Mauro Cezar Pereira sur le plateau d’ESPN.

Une convocation en question
Les éditorialistes de Lance ! Fabio Chiorino et Rodrigo Borges se posent eux aussi cette question. « À 27 ans, loin d’être un enfant, il est difficile de croire au changement de comportement d’un crack qui court depuis toujours après la vie de célébrité. Si la Copa América ne se jouait pas au Brésil, on pourrait même imaginer que Neymar soit laissé de côté pour son coup de sang à Paris. Ici, la pression des sponsors et Tite aux manettes, il est impossible qu’une décision soit prise en ce sens. C’est plus facile d’écarter Douglas Costa après son crachat sur un adversaire en Serie A que d’écarter Neymar. Sur le terrain, le n° 10 du PSG peut encore être important, mais sa présence, toujours entourée de polémiques (souvent vides de sens et provoquées par lui-même), renforce encore un peu plus le désamour du supporter envers la Seleção », ont-ils lancé, sévères.

Zé Elias, ancien international auriverde (11 sélections) passé par le Bayer Leverkusen ou encore l’Inter Milan, s’est montré assez critique au sujet du natif de Mogi das Cruzes, considérant qu’il ne devait plus porter le brassard de capitaine. « Ce genre de situations est compliqué à gérer. Après le Mondial en Russie, tout ce qui s’est passé, ce que le Monde entier a vu, il est impossible de lui donner à nouveau le brassard, des responsabilités », a-t-il confié sur le plateau d’ESPN, regrettant que le brassard n’ait plus aucune signification et que l’attaquant parisien n’en soit pas à son coup d’essai. Lance ! ou encore O Globo se sont rappelés de tous les débordements de la star locale depuis le début de sa carrière, de différents penaltygates à Santos ou au PSG en passant par des provocations diverses et variées lors de la victoire du Brésil lors des Jeux Olympiques de Rio de Janeiro en 2016.

L’intervention de Tite attendue
Une seule solution pour de nombreux observateurs au Brésil : que Tite intervienne directement et fermement. Menon, sur UOL Esporte, l’a exprimé en ces termes. « Le Neymar de Tite a été pire que celui de Felipão sur le plan sportif. Il a été estampillé comme un sportif qui ne respecte pas son sport. Un simulateur, un plongeur, une honte mondiale. Qu’a fait Tite ? Il en a fait son capitaine. (…) Neymar a 27 ans et 10 ans de carrière derrière lui. Il n’aura pas 10 autres années au plus haut niveau. Il a besoin d’aide. Tite est obligé. C’est sa responsabilité. (…) Pour que Neymar grandisse, Tite a besoin de grandir », a-t-il publié. Sur le plateau de SporTV, Muricy Ramalho, ancien coach de Ney à Santos, a tenté de décrypter le phénomène, entre compréhension et fermeté. « Je ne suis pas d’accord pour ne pas le sélectionner, hors de question. Le match qu’il a fait contre Rennes était énorme », a-t-il lâché avant d’analyser.

« Il faut que ses proches lui parlent, parce que je sais qu’il est capable d’écouter. On dirait que tout le monde autour de lui est toujours d’accord avec lui. Ce n’est pas bon », a-t-il indiqué avant de poursuivre. « J’aimerais beaucoup parler avec lui, parce que durant les deux années pendant lesquelles nous avons travaillé ensemble, c’était un autre joueur en termes de concentration et il ne se blessait jamais. Il a besoin de comprendre qu’il est différent, qu’il est le crack. (…) J’aimerais que quelqu’un ait une discussion avec lui. Aujourd’hui, il est le capitaine de la Seleção. Il doit être un exemple aussi, être capitaine ce n’est pas seulement être le meilleur. Il n’a pas donné le bon exemple, il le sait. Son père ou Tite ont l’obligation de parler avec lui. Il se préparait pour devenir le meilleur du Monde il y a quelques temps déjà. Mais il ne fait pas les sacrifices que l’on doit faire pour y arriver », a-t-il conclu. Le message est passé. Neymar saura-t-il l’entendre ?

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