Le Grand Magal de Touba « 18 SAFAR » (Par Dior Gueye)

LE 18 SAFAR consacre solennellement le jour même de la célébration du Grand Magal commémorant le départ en exil du Cheikh. Si donc le 17 Safar consacre l’attente de l’attente, le 18 Safar est l’arrivée de l’hôte; il est le temps fort de l’Action de Grâce.

C’est autrement dit, le jour de la réception de l’hôte tant attendu de sorte que l’hospitalité, les égards et les honneurs doivent s’accorder au mérite de l’hôte qui est pour le Cheikh le Jour de sa délivrance pour la réalisation de son vœu, à savoir assumer souverainement les épreuves au prix de sauvegarder sa servitude envers DIEU le Très-Haut.

La date du 18 Safar revêt pour les mourides une importance particulière. C’est en effet une journée de grâce, de remerciement et de réjouissance magnifiant les bienfaits accordés à Cheikh Ahmadou Bamba par son Seigneur. Cette date marque le début de dures épreuves et de souffrances endurées durant son exil. C’est le Cheikh lui-même qui a initié cette célébration pour témoigner sa reconnaissance au Seigneur. Le Magal est donc un moment, une occasion de rendre grâce à Dieu pour avoir permis au fondateur du Mouridisme d’accéder à un grade supérieur dans la hiérarchie spirituelle mystique. Le Cheikh avait toujours aspiré à cette élévation mystique qu’il ne pouvait atteindre qu’à travers une épreuve. C’était l’exil et toutes les difficultés qu’il a dû affronter pendant plus de 7 ans. Pour lui, c’était une façon pour Dieu de l’éprouver avant de lui permettre d’accéder au grade auquel il aspirait. Ce grade était si important pour lui qu’il s’estimait modeste dans sa propre capacité à rendre grâce à Dieu. C’est ainsi qu’il a sollicité et exhorté ses adeptes et tout musulman qui le peut à l’aider dans l’accomplissement de cette tâche.

Le Grand Magal de Touba, considéré comme l’un des plus grands évènements religieux du Sénégal et de la sous-région, et peut-être même du monde islamique, a déjà fait l’objet de plusieurs études et publications.

LA VIE DE CHEIKH AHMADOU BAMBA (Source http://www.drouss.org)

Le Cheikh1 Cheikh Ahmadou Bamba, de son vrai nom Ahmad ibn Mouhammad ibn Habibal-Lahi, est né à Mbacké Boal en 1853. Sa famille vivait dans une zone où l’activité scientifique était très intense. Son père s’appelle Mohamad, connu sous le nom de Mame Mor Anta Saly. Il fut un  grand érudit et un juge émérite très respecté par les rois et princes, et vénéré par les savants. Son école était le lieu de rencontre de tous les juges. Son oncle maternel Mohamad Bousso fut parmi les plus grands savants de son époque. Sa mère, Mariam Bousso, est plus connue sous le nom de Djaratoul-Lahi (voisine de Dieu) par sa piété et ses vertus. Le Cheikh a mémorisé le Saint Coran à très bas âge. Il a acquis une solide formation auprès de maîtres réputés dans bien des disciplines (littérature, sciences religieuses, science mystique, exégèse, etc.) et une science d’inspiration « divine ». C’est après peu de temps après le rappel à Dieu de son père que s’est déclenchée sa mission  réformatrice, vers  1883-1884, quand il a réuni les élèves de son école en leur disant : « Celui qui nous avait accompagné dans le seul but d’apprendre peut aller voir ailleurs, là où il veut. Quant à celui qui cherche les mêmes buts que nous, qu’il continue avec nous dans notre nouvelle voie ». Cette déclaration a dû provoquer de vives réactions dans les milieux religieux, culturels et sociaux. Car certains maîtres et chefs traditionnels s’étaient montrés hostiles quand ils avaient commencé à constater que beaucoup de leurs disciples se tournèrent vers lui. Ils l’accusaient surtout de chercher uniquement à influencer les masses à des fins hégémoniques. Quant aux colonisateurs et leurs compères parmi les rois et les princes, ils étaient eux aussi très inquiets. Son appel avait opéré en effet une profonde entorse dans les structures sociopolitiques de l’époque. On l’accusa ainsi de préparer une révolution armée.

Mais le Cheikh avait compris très tôt de par sa perspicacité qu’il était vain de résister à la domination coloniale par des armes. Pour lui, le meilleur moyen pour les combattre consistait à miser sur l’enseignement et l’éducation des masses. Malgré tout cela, les calomniateurs avaient réussi à dresser les autorités coloniales contre lui, ce qui lui avait valu une convocation pour comparaître à Saint-Louis, la capitale coloniale d’alors, dans le cadre d’un factice procès de jugement qui n’était qu’une sorte de complot ourdi contre lui pour l’exiler au Gabon, malgré l’absence de la moindre preuve pouvant le condamner. Cet exil du Cheikh a duré plus de sept ans, de 1895 à 1902. Après son retour d’exil, il a subi un second exil en Mauritanie où il a passé quatre ans de 1903 à 1907. Puis, les colonisateurs l’ont assigné à résidence à Thiéyène, un village situé dans le nord-est du Sénégal pendant cinq ans jusqu’en 1912, l’année où il sera transféré à Diourbel encore en résidence surveillée jusqu’à son rappel à Dieu en 1927. Il sera transporté et inhumé à Touba.

LA VILLE DE TOUBA (Source http://www.drouss.org)

La ville de Touba La ville de Touba se situe au centre du Sénégal dans le bassin arachidier à environ 190 kilomètres de Dakar. Elle a été fondée par le Cheikh en 1888, sept ans avant son exil au Gabon. Ce vocable Touba2 apparaît une fois dans le CORAN, au verset 29 de la sourate 13 Ar-Rad où le TOUT PUISSANT dit: Ceux qui croient et font de bonnes œuvres, auront le plus grand bien  (Touba) et aussi le plus bon retour. Le village  se trouvait au milieu d’une contrée hostile, dépourvue d’eau où ne pouvait résider que celui qu’habitait la volonté de se détacher des hommes. Ceci explique pourquoi le Cheikh affirmait : «la raison pour laquelle TOUBA et Darou Salam me sont plus chers que les autres lieux que j’ai édité réside dans la sincérité de l’intention qui m’inspira l’idée de les fonder. Je n’y suis pas venu pour suivre les traces d’un ancêtre, ni pour chercher un site propice à la culture, ni pour découvrir un pâturage. Mais uniquement pour adorer DIEU l’Unique, avec Son Autorisation et Son Agrément».

Jusque vers la fin des années 70, Touba, petite ville à la lisière du Ferlo, ne comptait que 30 000 habitants. Lesquels se consacre raient essentiellement à l’agriculture, lut tant ainsi contre les aléas naturels comme la sécheresse. Touba va cependant connaître une évolution majeure à la fin des années 70. Il s’agit d’une évolution se résumant en une expansion démographique et qui va complétement bouleverser son mode de vie et de fonctionnement. D’une situation de ville de rassemblement et de retraite pieuse, elle va passer à celle d’une métropole économique de 250 000 habitants dans les années 90, dont 50 % évoluant dans le secteur tertiaire, particulièrement dans le commerce. Avec une croissance démographique phénoménale (plus de 15% par an) et une attirance religieuse toujours plus grande, la ville de TOUBA  devient la deuxième ville du Sénégal sur le plan démographique (12% de la population du Sénégal

Objectif du Magal

L’Objectif premier du Magal est spirituel. C’est donc cette dimension qui doit être mise en avant. Le Magal c’est rendre grâce à Dieu pour les Bienfaits immenses qu’Il a accordés à notre Cheikh par, d’abord la lecture du Coran, des Khassaids et  l’accomplissement de  toutes autres activités spirituelles conformes à la Tradition Prophétique (Sunna). Tous les khalifs  ont toujours insisté  sur  la lecture du Saint Coran avant et après le Magal. Cheikh Saliou recommandait aux talibés de lire trois(3) fois le Coran avant le jour J ou de le faire lire. Le nouveau Khalif, serigne Mountakha Bassirou Mbacke vient de renouveler cette recommandation.

Le Magal doit aussi être un jour d’introspection spirituel pour chaque mouride. Faire le point sur sa qualité de talibé du Cheikh El Khadim; s’interroger sur ce qui doit être le comportement d’un  bon mouride, sur  son engagement dans les recommandations du Cheikh;  sur ses actions en faveur de l’islam etc.…

LES 6 DIMENSIONS DU MAGAL : (Source http://www.drouss.org)

  • La dimension spirituelle

L’un des déterminants fondamentaux de la célébration du Magal, c’est d’abord et avant tout, la confirmation de l’appartenance à la communauté mouride qui possède un sens très élevé du « Ndiguel ».

En effet, le Magal est avant tout, une recommandation du Fondateur du Mouridisme  exprimée en ces termes : « Quant aux bienfaits que Dieu m’a accordés, ma seule et souveraine gratitude ne les couvre plus; par conséquent, j’invite toute personne, que mon bonheur personnel réjouirait, à s’unir à moi dans la reconnaissance à Dieu, dans la mesure de ses possibilités en sacrifiant des espèces allant de la poule au chameau, chaque fois que l’anniversaire de mon départ en exil le trouvera sur terre».

Partout, le discours reste le même, qu’ils soient membres des ménages ou de dahiras, ils  ressentent tous un immense sentiment de joie, de plaisir et d’amour lors du Magal. De même, ils ressentent une certaine satisfaction d’action bien faite à l’égard de leur Seigneur. En célébrant le Magal, certaines personnes ont le sentiment d’accomplir une mission. Le Magal est en effet considéré comme une victoire de l’islam et de l’Homme africain : « C’est un jour de victoire pour l’islam. Je ressens beaucoup de plaisir et de fierté à y participer…..Je suis d’avantage réconforté dans ma position quand je vois que mes enfants ont les mêmes sentiments à aller à Touba pour magnifier le jour de  victoire de l’homme noir».

L’avènement du Magal inspire beaucoup de valeurs islamiques  et de comportements: l’amour entre les différentes confréries, le partage, la paix, la solidarité, l’entraide, le respect mutuel, le pardon, la bonté, la propreté, la piété, la persévérance, la récitation du coran, des Khassaides, les causeries sur le Prophète, sur les hommes pieux,  la dévotion envers Dieu, la « sunna » du prophète, l’union des musulmans, le rappel du droit chemin, la confiance en soi…..

Le Magal rappelle également des évènements partagés par toute la communauté musulmane dont le plus important est le pèlerinage à la Mecque qui a été cité par plusieurs enquêtés. En effet, à Touba tout comme à la Mecque, les pèlerins sont au même pied d’égalité, ils s’efforcent d’être purs et le plus proches de leur seigneur à travers les prières et la lecture du Coran. Il y a aussi le Ramadan, car après la privation et l’abstinence, le fidèle est autorisé, en fin de journée, à rompre son jeûne et bénéficie ainsi des faveurs de son Seigneur.

Le Magal rappelle aussi les évènements victorieux de la religion qui exaltent la Gloire Divine telles que la Tabaski, la naissance du prophète, le retour du prophète à la Mecque, l’arrivée du prophète à Médine, l’entrée de Seydina Oumar dans la religion musulmane et la guerre de Badr.

A l’arrivée, il y a un sentiment de satisfaction, d’élévation et de purification spirituelle : « je me sens comme quelqu’un qui est à la Mecque, qui a une satisfaction intérieure et qui a reçu des bénédictions de la part d’Allah et du Cheikh ». Et la transformation est manifeste : « Je ne peux même pas l’expliquer, dès mon entrée à Touba je deviens comme une personne qui est sous l’emprise d’une force innée ». Cela peut aussi expliquer le sentiment d’ouverture spirituelle ressenti par certaines personnes lors du Magal. Pour les mystiques, le trajet vers la ville sainte constitue véritablement un voyage vers l’unité divine, la voie soufie elle-même.

En célébrant le Magal, certaines personnes ont le sentiment d’accomplir une mission, d’où la nécessité de venir à Touba pour renouveler sa foi et son appartenance à la communauté de Cheikh Ahmadou Bamba. « Le grand Magal est le jour de Cheikh Ahmadou Bamba, il est aussi le plus beau jour des mourides. Il marque la victoire de la vérité prônée par le vénéré Cheikh Ahmadou Bamba sur l’homme blanc. Pour moi il représente la fête, la joie, c’est le jour le plus important de ma vie. Ce jour est sans égal. Le Tout puissant a demandé au Cheikh de choisir un jour pour le remercier, de ses œuvres et le Cheikh de choisir le jour le plus difficile, le plus dur, le jour où il a été pris en otage par l’homme blanc, partant de là, et tant qu’il me restera un souffle de vie, je reviendrai à chaque édition », disait une personne interrogée.

Pour la plupart des ménages et des dahiras enquêtés, le Magal doit aussi être un jour d’introspection spirituelle pour chaque mouride. Faire le point sur sa qualité de talibé, s’interroger sur ce qui doit être le comportement d’un  bon mouride, sur son engagement dans les recommandations du Cheikh, sur ses actions en faveur de l’islam, etc.…

  • La Dimension Festive

Le Magal c’est aussi le « Berndèèl ».  La qualité et la quantité des aliments et collations etc.… doivent permettre à chacun de sentir que le Magal c’est la meilleure fête qui puisse exister.  Donner  à  manger est un acte fortement recommandé par l’Islam.

Sur ce plan  il faut  reconnaître que les talibés ont toujours fourni des efforts immenses pour rendre la fête belle. Dans  presque toutes les familles ainsi qu’au sein des Dahiras, des bœufs, moutons et mêmes des chameaux sont immolés pour l’occasion. Une quantité astronomique de boissons, de gâteaux et de toutes sortes de mets sont offertes aux musulmans à Touba durant le Magal. Certains talibés reviennent de Touba chargés de produits alimentaires qu’ils offrent comme « Barkèlu » aux gens qui n’ont pas pu se rendre au Magal.

  • La Dimension Sociale

En outre,  le Magal peut servir de plateforme pour prôner la paix, l’unité et la tolérance dans le pays à travers les prêches et les recommandations du Cheikh et de son khalife général. En effet, Touba, lors du Magal devient un point de convergence des différentes confréries, des partis politiques, et des différentes ethnies que comptent le Sénégal. C’est alors l’occasion de défendre l’intérêt national par la promotion du dialogue, de l’entraide et l’union des cœurs à travers les enseignements du Cheikh : « Si chacun regardait son prochain à travers l’image du Cheikh, alors tout le monde s’aimerait et se respecterait» dit un membre de Dahira.
Sous cet angle, on peut dire que le Magal est « un facteur de régulation sociale » qui renforce la solidarité et la paix entre différentes couches de la société.

Le Magal offre, a  beaucoup de familles l’occasion unique de  se  retrouver. C’est ainsi beaucoup de personnes profitent du Magal pour organiser leur  rencontre annuelle de famille. L’événement est donc un important facteur de renforcement  de liens familiaux pour des gens de plus en  plus dispersés dans le monde entier avec le phénomène de l’émigration.

C’est le lieu de magnifier ici le rôle important que le Magal joue dans le brassage ethnique entre les talibés. Si, contrairement à beaucoup d’autres pays africains, le Sénégal connaît très peu de conflits ethniques, c’est grâce également à de tels évènements qui regroupent des millions de personnes d’ethnies, de races, de conditions sociales différentes pour un même but : rendre grâce à Dieu et célébrer l’œuvre de Cheikh El Khadim. Sous cet angle, le Magal participe au renforcement de  la cohésion sociale du pays.

On peut aussi dire que la paix et l’harmonie entre les confréries islamiques du pays sont favorisées par l’événement. Beaucoup de mouride aiment à inviter leurs amis et collègues des autres confréries (Tidiane, Khadres, Layene etc…). Ces derniers leur rendent bien l’appareil lors des Gamous et autres manifestations religieuses.

  • La Dimension Culturelle

A l’occasion du Magal, des conférences et des exposés sont organisés dans différents endroits publics de Touba. Ces manifestations portent essentiellement sur la biographie et l’œuvre du Cheikh et sur ses premiers disciples.

La dimension culturelle et scientifique a été renforcée avec la création du dahira Rawdu-r-Rayâhîn chargé d’élaborer et d’exécuter un programme dont les principales composantes sont les suivantes : Animation d’émissions de radio et de télévision diffusées avant le 18 safar dans les médias nationaux sous forme :

  • De tables-rondes et d’interviews sur le Mouridisme, ses principes et enseignements ;
  • De films documentaires sur des lieux symboliques du Mouridisme ; Edition d’un « Journal du Magal » et des publications sur le Mouridisme et sur la ville de Touba ; Organisation d’un table-ronde scientifique le jour du Magal – dans la matinée – et une conférence publique – dans l’après-midi.

L’animation culturelle avant, pendant et après le Magal par des Conférences, débats, séminaires, chants religieux, etc.… à Touba, dans les médias, sur Internet…participe à l’éducation des talibés pour mieux s’imprégner des enseignements du Cheikh et à la diffusion du message universel de celui-ci.

  • La Dimension Economique

La dimension économique du Magal est l’une des plus évidentes. Même si certains esprits tentent d’avancer que pendant cet événement le reste du pays est paralysé.

C’est  méconnaître le rôle important que le Magal joue dans l’économie du Sénégal.

En effet pour certaines entreprises l’événement est même vital car  le Magal peut représenter jusqu’à 60% de leurs chiffres d’affaires annuels.

Pour les entreprises de construction et les ouvriers du bâtiment, le Magal est une vraie aubaine. Plusieurs semaines avant le jour J, il est quasi impossible de trouver des ouvriers si on veut faire des travaux dans sa maison à Touba. Certains doivent même en amener d’autres villes du pays. Le Magal est donc un créateur d’emplois formidables.

C’est le  secteur du Commerce qui, sans doute se taille la part du lion dans cette tentative d’analyse des retombées du Grand Magal. En effet pendant plusieurs semaines Touba se transforme en grand souk. Presque tout se vend comme de petits pains pour un marché immense de près de 4 millions de clients potentiels.

Beaucoup d’Industries du Sénégal connaissent   leur  meilleure période de vente pendant le Magal. Les usines pour la fabrication de nattes, d’ustensiles de cuisine, de glace, de matelas, d’eau minérale etc.…) ne parviennent pas en général à satisfaire la demande.

L’Agriculture, l’Elevage, l’Aviculture sont également très florissants avec le Magal. La consommation de couscous sénégalais, donc du mil est à son plus haut niveau. Les sociétés avicoles préparent des bandes de poussins chair  spécialement  pour le Magal tellement la demande est forte. Pour les éleveurs l’événement constitue leur période de traite. Les meilleures têtes de leurs troupeaux sont réservées à la vente à Touba car les mourides ont l’habitude d’acheter de gros bœufs  pour le Magal « Nagu Magal ».

Le secteur des Télécoms n’est pas en reste. Même en temps normal, Touba est la deuxième ville, après Dakar en termes de nombre de lignes téléphoniques et d’appels entrants ou sortants pour tous les opérateurs. Durant le Magal Touba devient numéro 1 au Sénégal et certainement en Afrique pour le nombre d’appels de ou vers la Ville Sainte.

Notons que le Magal constitue également un moment où se rencontrent beaucoup d’hommes d’affaires pour nouer des partenariats divers. Certainement de nouvelles entreprises naissent de ces rencontres d’affaires durant le Magal.

  • La Dimension internationale

C’est la période du Magal que choisissent en général les mourides de la diaspora pour venir au pays célébrer la fête et séjourner dans leurs familles.

C’est ainsi que, outre les vols réguliers vers le Sénégal, des vols spéciaux sont chaque année affrétés pour les besoins du Magal.  Dans les aéroports de Madrid, Rome, Paris, New York etc.…même les occidentaux qui ne connaissent rien du Magal sentent que quelque chose se passe quelque part en Afrique à cause du nombre inhabituel de monde qui embarque vers le Sénégal.

On raconte que les talibés commencent à célébrer le Magal dans le ciel avec les avions spéciaux qui les amènent vers le Sénégal par la lecture du Coran et la distribution de « Café Touba ».

Les compagnies aériennes en arrivent aujourd’hui à appliquer des tarifs promotionnels pour le Magal.

Des occidentaux, de plus en plus nombreux se retrouvent à Touba lors du Magal. Si certains ne viennent que par curiosité, d’autres par contre sont là par conviction religieuse et attachement aux enseignements du Cheikh Ahmadou Bamba. Ces « descendants » de ceux qui avaient prononcé le jugement de 1895 : « … qu’il y avait lieu de l’exiler au Gabon »,  « Jusqu’à ce que L’agitation causée par ses enseignements soit oubliée au Sénégal », eh bien, eux aussi ils participent à maintenir vivace « L’agitation causée par les enseignements du Cheikh ».

 Il faut souligner que de mourides de l’extérieur qui ne peuvent pas venir à Touba célèbrent le Magal dans les nombreuses « Keur Serigne Touba » de leurs pays d’accueil, en compagnie de beaucoup de musulmans sénégalais d’autres confréries ou des musulmans d’autres nationalités.

Il faut aussi noter caractère international du Magal par la présence à Touba de nombreuses délégations de pays musulmans, représentés en général par leurs ambassadeurs. Certains pays frontaliers du Sénégal comme la Gambie et la Mauritanie sont représentés à la fois par des officiels et par des Oulémas. Nul doute que Le Magal constitue un évènement qui contribue au succès de la politique diplomatique du Sénégal.

 

Pour conclure, nous pouvons dure que le Magal de Touba est un moment privilégié dans la temporalité mouride célébrant la victoire de la foi sur l’adversité. Contrairement à ce qu’on a l’habitude de célébrer, il marque le début de dures épreuves et de souffrances endurées par le

Cheikh durant l’exil. Il a été initié par le Cheikh lui-même qui a recommandé à ses fidèles de se souvenir de ce jour béni durant lequel il a obtenu tout ce qu’il voulait de son Seigneur.

Ainsi, il est difficile voire impossible de faire le tour des multiples dimensions du Magal de TOUBA, le deuxième grand rassemblement de l’islam après le pèlerinage à la Mecque.

Telle n’était point notre ambition. Notre objectif était de susciter des réflexions et des débats sur des aspects d’intérêt communs à tous et  qui pourraient être tirés du Grand Magal. Je vous invite donc à  cette entreprise car le Magal nous réserve encore des dimensions insoupçonnées.

 

Par Dior Gueye

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