le long chemin vers la paix au Mali

Lundi, les membres du CSA, le Comité de suivi de l’Accord de paix, étaient en conclave à Bamako. « L’un des principaux sujets de cette 28e session du CSA était l’adoption d’un Pacte pour la paix, relève L’Indicateur du Renouveau. Objectif pour le comité : booster la mise en œuvre de l’Accord. ‘Ce pacte n’est pas un accord de plus, au contraire, a affirmé Mahamadou Djéry Maïga, membre de la Coordination des mouvements de l’Azawad, cité par le journal, c’est l’engagement des parties à accélérer la mise en œuvre de l’accord. Et la partie malienne (le gouvernement, la CMA et la Plateforme) est d’accord sur ça. Maintenant, on est en train de voir quel contenu il faut mettre dedans’. »

Finalement, pointe L’Essor, autre quotidien malien, « le document a été paraphé par le ministre de la Cohésion sociale, de la Paix et de la Réconciliation nationale, Lassine Bouaré, les représentants des mouvements signataires (la Coordination des mouvements de l’Azawad et la Plateforme) et le chef de la MINUSMA, Mahamat Saleh Annadif. Le ministre, poursuit L’Essor, a affirmé que ce pacte était la preuve que les parties signataires de l’Accord étaient capables de se dépasser afin d’être à la hauteur, chaque fois que l’enjeu l’exige et le demande. Pour consolider cet acquis, Lassine Bouaré a appelé les uns et les autres à maintenir cette dynamique. »

Faut-il applaudir ce pacte pour la paix ?

Et L’Observateur Paalga au Burkina de s’interroger : « ce nouvel arrangement politique permettra-t-il vraiment de relancer l’accord d’Alger, laborieusement conclu en juin 2015 après de longs mois de négociations et de tractations parfois souterraines ? On peut raisonnablement en douter, affirme le quotidien ouagalais, en effet, l’encre qui a servi à coucher l’entente historique sur papier n’avait pas encore séché que des parties signataires mettaient déjà des bâtons dans les roues d’une machine déjà bien poussive, faisant parfois dans la duplicité, certains protagonistes s’étant même révélés être des supplétifs des nombreux groupes terroristes qui ont fait main basse sur le nord et le centre du Mali, s’investissant dans de nombreuses activités criminelles comme les trafics de cigarettes, de carburant, de drogue et même d’êtres humains. »

« Faut-il applaudir, ce pacte pour la paix ? Oui et non, lance pour sa part Aujourd’hui », toujours à Ouaga. « Oui, car dans un Mali qui depuis 2012 sue sueur et sang pour circonscrire une guerre terroriste, un Mali qui veut retrouver son Nord, ce pacte apparaît comme une bouteille d’oxygène pour sortir l’Accord d’Alger de son sommeil. Non, car un pacte pour la paix quasi-similaire avait déjà été signé et n’avait pas fait bouger les lignes. »

Un processus DDR qui tarde trop…

Il est vrai que les choses traînent, notamment, le DDR, le processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion des anciens combattants des groupes armés. C’est ce que relève L’Indicateur du Renouveau : « pour mettre la pression sur les signataires, la date de lundi avait été retenue comme butoir pour clôturer la liste des combattants. Mais à la fin de la journée, le rythme de dépôt était loin du compte. Plusieurs groupes n’ont pas accepté de déposer leurs listes, comme souhaité par la commission DDR. Un autre délai a été fixé à samedi prochain. Qu’est-ce qui bloque ?, s’interroge le quotidien malien. Des groupes signataires veulent avoir plus. »

Résultat : « en raison des incompréhensions qui entourent l’application du DDR, mandat a été donné au CSA, au Comité de suivi de l’Accord de paix, de trancher. Une autre paire de manches, soupire L’Indicateur du Renouveau, dans la mesure où d’autres signataires continuent de boycotter ses assises en cours. Toutefois, tempère le journal, on peut se réjouir d’une certaine hâte des uns et des autres à ne pas fâcher les Nations unies. » C’est déjà ça…

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