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Le Mozambique sous la menace d’un nouveau cyclone

Après le passage du cyclone IdaiMaria Jofresse, 25 ans, se rend dans un camp pour personnes déplacées en compagnie de ses parents, John Segredo, près de Beira, au Mozambique, le 3 avril 2019.

Le Mozambique se préparait à l’arrivée jeudi soir sur ses côtes nord du puissant cyclone Kenneth, un mois à peine après le passage dévastateur plus au sud de son prédécesseur Idai qui s’était soldé par un millier de morts dans la région.

Avant d’atteindre le continent africain, Kenneth est passé mercredi soir au large du petit archipel des Comores, où il a fait au moins trois morts, selon les autorités.

« Les dégâts sont très importants après les vents violents et les fortes pluies de la nuit dernière », a expliqué le président Azali Assoumani, qui a constaté jeudi l’étendue des dégâts.

Au Mozambique, Kenneth pourrait provoquer des inondations et des glissements de terrain d’importance dans la province du Cabo Delgado, à la frontière avec la Tanzanie et théâtre depuis 2017 d’une insurrection islamiste que les autorités ne parviennent pas à contrôler.
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Selon le dernier bulletin de la météo mozambicaine, « le cyclone tropical Kenneth continue de s’intensifier et de maintenir sa trajectoire vers la côte », qu’il devrait atteindre « dans l’après-midi » avec des vents entre 180 et 200 km/h.

Dès jeudi matin, tous les vols à destination de Pemba, la plus grande ville du nord du Mozambique, ont été annulés en prévision du passage du cyclone et le gouvernement a ordonné par précaution la fermeture de toutes les écoles de la région.

Selon l’Institut mozambicain de gestion des situations d’urgence (INGC), près de 700.000 personnes sont menacées par Kenneth.

Les prévisionnistes de Météo-France ont évalué à 5 mètres la hauteur maximale des vagues susceptibles d’atteindre les côtes de l’extrême-nord du Mozambique.

Le sud de la Tanzanie voisine pourrait aussi être touché.

Les autorités locales ont émis des messages d’alerte à destination des populations des provinces de Mtwara, Lindi et Ruvuma en raison des fortes précipitations et des vents violents attendus.

Des habitants de Mtwara ont commencé à quitter les régions côtières avec leurs familles, ont indiqué des témoins à l’AFP.

– « La peur au ventre » –

La Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) s’est dite « particulièrement inquiète » des dégâts que le cyclone pourrait provoquer au Mozambique.

« Une autre tempête serait un autre coup dur porté au peuple mozambicain », qui « tente de se remettre » d’Idai, a aussi estimé le Programme alimentaire mondial (PAM), qui vient en aide à un million de personnes touchées par Idai en Afrique australe.

Le 14 mars, le cyclone tropical Idai a noyé la ville de Beira, au centre du Mozambique, et sa région sous des trombes d’eau et des vents violents, puis a poursuivi sa route meurtrière vers l’ouest et le Zimbabwe voisin.

Son passage a fait plus d’un millier de morts et des centaines de milliers de sans-abris dans ces deux pays. La Banque mondiale a estimé à plus de 2 milliards de dollars la facture des dégâts causés au Mozambique, au Zimbabwe et au Malawi voisin.

Aux Comores, les autorités évaluaient jeudi l’ampleur des dégâts provoqués par le passage du cyclone Kenneth, qui a arraché des arbres et emporté des habitations en tôle.

« Nous avons passé la nuit la peur au ventre. A partir de 22h00, nous n’avons pas pu dormir », a témoigné à l’AFP un habitant de la capitale Moroni, Abdereman Moissi.

« Le temps s’est dégradé et nous ne savions où aller dans le noir, de surcroît avec des enfants. Il pleuvait à trombes et il y avait beaucoup de vent. Les arbres ont été déracinés », a-t-il ajouté.

La direction technique de la météorologie des Comores (ANACM) a signalé jeudi matin sur sa page Facebook que Kenneth continuait à s’éloigner de l’archipel mais répété ses conseils de prudence à la population.

« Il faut toujours rester prudents, éviter de toucher les fils électriques à terre, attendre que la circulation soit autorisée, garder encore les enfants à la maison », a énuméré l’ANACM.

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