le président Bouteflika parti, les Algériens une nouvelle fois dans la rue

Les Algériens entendent de nouveau manifester en masse vendredi afin de chasser du pouvoir le « système Bouteflika » et empêcher les anciens fidèles du président déchu de gérer la transition. Suivez les évènements sur notre liveblog.

Nouvelles manifestations prévues en Algérie. La démission arrachée d’Abdelaziz Bouteflika ne suffira pas à faire taire les Algériens qui entendent manifester de nouveau, vendredi 5 avril, pour chasser le « système » du pouvoir. En effet, après le départ de celui qui a été à la tête du pays pendant 20 ans, les Algériens veulent empêcher les fidèles du président déchu de gérer la transition.

« Vendredire ». Le néologisme, signifiant « manifester sa colère joyeusement », inventé par les contestataires et utilisé sur les réseaux sociaux, revêt désormais un sens supplémentaire : « faire chuter un régime dictatorial pacifiquement ».

À l’approche de ce septième vendredi consécutif de manifestations, les appels à « vendredire » se sont multipliés, avec un nouveau mot d’ordre : chasser les « 3 B ». Abdelkader Bensalah, Tayeb Belaiz, Noureddine Bedoui. Trois « B », trois hommes-clés de l’appareil mis en place par Abdelaziz Bouteflika, à qui la Constitution confie les rênes du processus d’intérim.

Abdelkader Bensalah, président depuis plus de 16 ans du Conseil de la Nation (chambre haute) par la grâce de l’ancien président Bouteflika, est chargé de le remplacer pour trois mois à la tête de l’État, le temps d’organiser une présidentielle. Le deuxième « B », Tayeb Belaiz, qui fut ministre durant 16 ans, quasiment sans interruption, préside quant à lui (et pour la deuxième fois) le Conseil constitutionnel, chargé de contrôler la régularité du scrutin.

Enfin, le Premier ministre, Noureddine Bedoui. Il était, jusqu’à sa nomination le 11 mars dernier, le très zélé ministre de l’Intérieur, qualifié jeudi d' »ingénieur en chef de la fraude électorale et ennemi des libertés », par le quotidien algérien francophone El Watan.

Les « 3 B » ont en commun, selon leurs détracteurs, d’avoir toujours été les fidèles serviteurs d’Abdelaziz Bouteflika. D’où la volonté de chasser les trois hommes, incarnation du système que rejettent aujourd’hui les manifestants, afin d’en finir définitivement avec l’ère Bouteflika.

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