Le Président Macky Sall appartient au groupe statutaire des Sébbé Koliyabé au Fouta Guerriers, propriétaires terriens et faiseurs de Rois

Dans son livre ‘ le Sénégal au cœur ‘le Président Macky Sall indiquait que :

« Ceux qui connaissent le Fouta et son histoire, ce qui ne semble pas être le cas du président Wade, savent qui je suis et d’où je viens. Ils savent que ma famille a ses racines dans le Toro et dans le Nguénar, ils savent parfaitement que je suis issu d’une lignée de nobles, célèbres et prestigieux guerriers. Cela est un fait et c’est l’histoire. »

Les extraits suivants du livre publié en 2004 « la Première Hégémonie Peule le FuutaTooro de Koli Tenguella à Almaami Abdul » écrit par le Professeur Omar KANE semblent confirmer les propos du President Macky SALL qui appartient au groupe statutaire des Sébbé Koliyabé du Fouta plus particulièrement ceux de la province de Nguénar .

Le Professeur honoraire, Oumar Kane ,décédé fut ancien doyen de la faculté des lettres et sciences humaines de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Ce toorodo natif de Kanel, nourri à la culture locale était tres enraciné dans les valeurs traditionnelles de sa société .Il est reconnu comme l’un des plus grands spécialistes de l’histoire du Fuuta Tooro et de l’islamisation de l’Afrique de l’Ouest, et compte, dans ces domaines, de nombreuses publications. Donc nous pouvons faire foi de ses thèses qui sont plus proches des affirmations du President Macky SALL que des propos calomnieux de Wade .

A travers la lecture de cet extrait décrivant le groupe statutaire des Sébbé Koliyabés on comprend mieux certaines facettes de la personnalité du Président Macky Sall comme son soutien puissant à nos forces armées et son courage à toute épreuve surtout face à la meute qui voulait le « tuer » en 2008

Extraits du livre « la Première Hégémonie Peule le FuutaTooro de Koli Tenguella à Almaami

LES SEBBE
….Le mécontentement des Fulbé a rendu plus aisée la conquête de Koli Tenguella. Beaucoup de Fulbé se sont mis au service de Koli pour battre les Farba. Mais les nécessités de la lutte ont obligé Koli et ses successeurs à récupérer la puissance militaire de ces Sebbé auxquels ils ont conservé quelques avantages, en particulier la garantie, pour eux, de mener le même genre de vie que par le passé, surtout comme soldats et soudards qui se livrent aux activités guerrières, autant par goût que par désir de faire du butin. Ceux qui se sont ralliés ont été appelés les Sebbé kolyaabe à l’instar des premiers guerriers de Koli originaires de Kolia au Fuuta Jallon. IIs ont relayé les contingents fulbé et peut-être malinké décimés par les guerres de Koli incessantes. Certains d’entre eux vivent directement auprès de Satigi,à Horkayere, à Diowol, à Godo et à Diandiooli, Toute capitale royale compte un nombre plus ou moins important de sebbe. D’autres vivent dans les villages. IIs sont à la fois les chefs politiques et militaires à Nguidjilon, Diuude-diaabi ,Waalalde, Sinthiou-Garba, Ndioum. II y a des villages où ils cohabitent avec les Fulbé et les toorobbe, comme à Thilogne et Kayhaydi ; on trouve parmi eux de puissants maîtres de terres.
Ces terres leur ont été concédées par les Satigi ou, plus récemment, par les Almaami. Leurs relations avec la dynastie sont des relations de maître à serviteurs, mais ce ne sont pas des esclaves. C’est en cela qu’il différent des esclaves de la couronne des pays wolof. IIs sont si puissants que leur seule défection, en cas de guerre, provoque la défaite. Si Thieerno Sileymaan BAAL a eu raison de la dynastie deeniyanke, c’est parce qu’il a su persuader les Sebbé que le Satigi les considérait comme des esclaves. En effet, au reproche qu’on lui faisait d’avoir plus de quatre femmes, le Satigi aurait répondu qu’il n’en avait que quatre légitimes, les autres n’entrant pas en compte, car ce sont ses Sebbé, donc ses esclaves ; il pouvait donc en disposer à volonté comme concubines. A ces propos, les Sebbé on fait sécession et ont rallié le parti maraboutique, Faute d’appui militaire, réduits à la seule force de leur famille, les Deeniyankoobe ont dû abandonner le pouvoir au profit des marabouts.

Fonction et idéologie du groupe des Sebbé.
…….Bien avant la conquête de Koli, les Sebbé dirigeaient le pays après avoir mis fin au règne des Laam Termes sur le Fuuta. Les grands dignitaires Sebbé, qui avaient proclamé l’indépendance du pays, se sont partagés le pouvoir : Farba Waalaldé contrôle le Laaw, Farba Diowol le Nguenaar, Farmbaal le Booseya, et Ali Eli Bana devient Laamtooro. Les conflits entre les chefs Sebbé des provinces du Fuuta ont facilité la conquête du pays par Koli. Leur défaite fait suite à celle du Bourba, leur maître. Cette conquête n’a pu être menée à bonne fin que grâce à la récupération des Sebbé par Koli surtout lorsqu’il s’est agi de combattre la confédération des Diawbe,dirigée par Ardo Yero Diide. Pendant toute la période deeniyanke, les Sebbé ont joué un rôle capital dans la vie politique du pays. Ils ont constitué, avec les Sayboobé et les Yaalalbé, la force militaire essentielle des satigi. C’est sur eux que s’est appuyée la famille de Bumusa pour combattre et évincer celle de Gelaadio Dieegui. Ils ont donc été les acteurs principaux de la guerre civile qui, pendant toute la première moitié du XVIIIe siècle, a mis le Fuuta à feu et à sang et a favorisé l’ingérence maure dans les affaires du pays.
Peu islamisés, les Sebbé sont élevé dans l’idéologie de la guerre. Ces soldats paysans, pêcheurs à l’occasion, sont tous préparés, des le jeune âge, à servir dans les armés, dans le cadre des contingents fournis par les chefs de famille. Ainsi à la bataille de Bilbassi, Gorel Biry est, dit-on, à la tête d’un régiment de 1000 guerriers, Yero Damga Beela en apporte 600, Juma Barroga 600, Biram Barrada 1500, etc. En dehors des contingents fournis par les Yaalalbe et les sayboobe, chaque chef vient avec son tam-tam de guerre. La veille des combats est toujours l’occasion pour les différents chefs Sebbé de prêter serment au Satigi en jurant sur la lance de ce dernier, plantée en terre, de ne pas lâcher pied et de tailler en pièces l’ennemi. C’est à l’occasion de cette cérémonie de prestation de serment, la veille des combats (Jamma Gundabi), qu’on bat les tam-tams de guerre détenus par les vingt-trois chefs de clan Sebbé et les deux chefs des griots. Parmi les détenteurs des « bawdi peyyaa yii yam » on peut citer Farba Diowol, Farba Waalalde, Farba Erem-Thilogne, Farba Ndioum, Farmbaal de Kayhaydi, Laamtooro de Guedé, Bumuyde Hoorefoonde, , Diaagaraf Kolyaabe de Nguijilon, Bidiew de Waali Diantang, Diaagaraf de Padalal, Diaagaraf de Diandiooli. Comme l’écrit Agostinho Manuem e Vasconcelos. « Ces charges se transmettent successivement de père en fils». Ils chantent en même temps les « daade yii yamé » tout en dansant. Ces « voix de sang » sont chantées par les chefs de guerre qui entrent dans la mêlée, exécutent des pas de danse mettent la main sur la lance du Satigi fichée à terre. Ils brandissent leurs armes (haches, lances, sabres, poignards, fusils parfois). Impavides devant la mort, ils redoutent plus que tout le déshonneur. Ils sont encouragés par leurs propres griots, appelés namakala, qui chantent en leur honneur le gumbala ou chant des héros. A l’occasion, ces redoutables guerriers s’enivrent avec des liqueurs fortes, comme le dolo ou leeedam (boisson faite à partir du fruit du ceri). C’est également au son des tam-tams et au chant des griots que s’engagent les combats qui sont rendus plus acharnés par les cris des femmes Sebbé qui encouragent leurs maris et leurs enfants. La fuite est impensable, mais la mort ouvre les portes de la renommée. A l’issue des batailles, les morts et les blessés étaient honorés dans une cérémonie où les femmes, au son des bawdi alamari, et les griots exaltent leur bravoure, rappellent les hauts faits de leurs aïeux et font leurs derniers adieux à ceux qui ont préféré la mort au déshonneur.

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