L’épidémie d’Ebola s’étend en Ouganda, l’OMS se réunit en urgence

L’Organisation mondiale de la santé doit décider, vendredi, s’il faut ou non, déclarer l’urgence mondiale après la récente propagation du virus Ebola en Ouganda.

L’épidémie d’Ebola va-t-elle de nouveau devenir une urgence sanitaire mondiale ? L’Organisation mondiale de la santé va trancher, vendredi 14 juin, pour savoir s’il faut déclarer l’urgence mondiale après que le virus Ebola a gagné l’Ouganda, près de dix mois après s’être déclarée en République démocratique du Congo voisine.

Pour rappel, l’agence des Nations unies a décrété une telle urgence quatre fois seulement : en 2009 pour la grippe H1N1, en 2014 pour la poliomyélite, en 2014 pour l’épidémie d’Ebola qui a fait plus de 11.300 morts dans trois pays d’Afrique de l’Ouest (Liberia, Guinée, Sierra Leone) et en 2016 pour le virus Zika.

Mille quatre cents morts en RDC

La réunion, vendredi, du comité d’urgence sur l’actuelle épidémie d’Ebola, qui a fait plus de 1 400 morts en RD Congo, sera suivie en fin de journée d’une conférence de presse au cours de laquelle l’OMS doit annoncer s’il s’agit d’une « urgence de santé publique de portée internationale ».

Selon le règlement sanitaire de l’OMS, une telle urgence s’entend d’un « événement extraordinaire dont il est déterminé qu’il constitue un risque pour la santé publique dans d’autres États en raison du risque de propagation internationale (…) et qu’il peut requérir une action internationale coordonnée ».

Une population réticente à se faire soigner

Selon notre correspondant à Kinshasa, Thomas Nicolon, la RD Congo ne parvient pas à endiguer l’épidémie, notamment à cause de la présence de groupes armés déployés dans l’est du pays. « Ces derniers compliquent le travail des équipes médicales sur le terrain », précise-t-il. Enfin, la population locale peine à prendre au sérieux la dangerosité de cette maladie. « Beaucoup ne font pas confiance aux équipes internationales sur le terrain », ajoute notre correspondant.

L’Ouganda s’est placé en état d’alerte dès le début de l’épidémie en août 2018 dans l’est de la RD Congo, dans les provinces du Nord-Kivu et d’Ituri, où plus de 2 000 cas d’Ebola ont été enregistrés, et où 1 405 de ces malades sont morts. Le principal défi des autorités ougandaises face à l’épidémie est la porosité des 875 kilomètres de frontière commune avec la RD Congo, malgré les contrôles sanitaires mis en place aux postes-frontière.

Une propagation en Ouganda

En Ouganda, le virus Ebola a fait cette semaine ses deux premières victimes – un garçon de cinq ans et sa grand-mère – qui avaient assisté avec d’autres membres de la famille aux obsèques en RD Congo d’un proche décédé d’Ebola. Les deux sont morts dans le district de Kasese, frontalier de la RD Congo.

Une partie de cette famille était rentrée en Ouganda, où le ministère de la Santé l’avait placée en quarantaine après avoir diagnostiqué une contamination de l’enfant de cinq ans, puis de son frère de 3 ans et de leur grand-mère de 50 ans.

Les autres membres de cette famille ougando-congolaise ainsi que leur servante – cinq personnes au total incluant le garçon contaminé de 3 ans – ont été « rapatriés » jeudi en RD Congo pour recevoir une assistance médicale.

Un vaccin expérimental

Le virus se transmet à l’être humain par contact soit avec des animaux infectés (en général en les dépeçant, en les cuisant ou en les mangeant), soit avec des liquides biologiques de personnes infectées.

En RD Congo, l’épidémie actuelle est la dixième depuis 1976 et la deuxième la plus grave dans l’histoire de la maladie, après celle qui a frappé l’Afrique de l’Ouest en 2014-2016. Contrairement à alors, les autorités disposent d’une arme majeure pour contrer Ebola : un vaccin expérimental jugé efficace par l’OMS.

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