Les 28 reprennent les négociations sur les postes clés européens

Les dirigeants européens ont marqué une pause. Les tractations sur le partage des postes de pouvoir de l’Union européenne entre les dirigeants, réunis depuis dimanche 30 juin en sommet à Bruxelles ont été suspendues, lundi, jusqu’à mardi 11h, illustrant les difficultés à trouver un compromis.

Après une nuit blanche qui ne s’est soldée par aucune annonce de résultat concret, le porte-parole du président du Conseil européen, Donald Tusk, a annoncé en fin de matinée que le sommet était suspendu jusqu’à mardi, 13h (11h GMT).

Auparavant, des diplomates européens s’étaient montrés plutôt optimistes, n’excluant pas une percée prochaine, d’autant plus qu’un compromis semblait se dessiner sur le nom du futur président de la Commission européenne.

« Fort consensus »

« Il y a un fort consensus sur le social-démocrate Frans Timmermans mais la situation est très volatile », avait déclaré un diplomate européen.

Cette option prévoyait, d’une part, la désignation du social-démocrate néerlandais à la présidence de la Commission européenne et d’autre part celle de la Bulgare de droite (PPE) Kristalina Georgieva à la présidence du Conseil européen, avaient indiqué plusieurs sources européennes.

Il était également envisagé de nommer un libéral comme chef de la diplomatie européenne, qui pourrait soit être le Belge Charles Michel soit la Danoise Margrethe Vestager.

Une autre source avait aussi évoqué la possibilité de nommer Margrethe Vestager, actuellement commissaire européenne à la Concurrence, première vice-présidente à la Commission, aux côtés de Timmermans.

La présidence du Parlement européen, dont le mandat dure deux ans et demi, pourrait être partagée entre le PPE (Parti populaire européen, droite) et les libéraux.

La candidature de Manfred Weber

L’Allemand Manfred Weber, candidat du PPE – premier parti politique au Conseil et au Parlement européens – pour la présidence de la Commission, recalé lors du précédent sommet le 20 juin, pourrait ainsi obtenir un lot de consolation.

Le président français, Emmanuel Macron, s’oppose fermement à sa nomination à la tête de la Commission, arguant de son manque d’envergure pour un poste d’une telle importance.

Après deux ans et demi, Manfred Weber pourrait laisser la place à un libéral, éventuellement le Belge Guy Verhofstadt, selon les mêmes sources. Cette option ménagerait les sensibilités des uns et des autres. Manfred Weber avait en effet accepté de soutenir la nomination du candidat de la famille sociale-démocrate, Frans Timmermans, à condition d’obtenir pour lui-même la présidence du Parlement européen et celle du Conseil pour un autre membre du PPE.

Les libéraux, troisième force au Parlement européen et qui au départ réclamaient la présidence du Conseil, auraient mis de l’eau dans leur vin, en y renonçant et en se reportant sur le poste de chef de la diplomatie européenne.

La droite tient la clé de ces nominations. Aucune solution ne peut être avalisée sans le soutien de cette famille politique, car aucune majorité n’est possible sans les votes de son groupe au Parlement européen. Un cinquième poste clé de l’Union européenne est à pourvoir cette année, celui de la présidence de la BCE. Cette fonction, hautement sensible, doit être attribuée à un banquier plutôt qu’un politique.

Elle fait cependant partie du puzzle des nominations. La France pourrait la réclamer, selon une source européenne. Plusieurs candidates sont citées, dont Danièle Nouy, présidente du conseil de supervision au sein de la Banque centrale européenne.

« Nous élirons notre président le 3 juillet »

La pression était montée sur les dirigeants pour aboutir à un accord, risquant à défaut de prêter le flanc aux critiques des populistes et anti-européens.

Selon une source européenne, le président du Conseil, Donald Tusk, a rencontré Emmanuel Macron et la chancelière allemande, Angela Merkel, et évoqué la possibilité d’un nouveau sommet dans 15 jours. Or, selon cette source, tous deux lui ont répondu : « c’est hors de question, il faut absolument qu’on trouve un accord aujourd’hui ». Ils ont visiblement accepté de reprendre les tractations mardi.

Le Parlement européen doit impérativement élire son nouveau président lors de sa session inaugurale mercredi à Strasbourg.

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