Les Pays-Bas s’invitent au capital d’Air France-KLM, une opération “inamicale”, selon Paris

Le gouvernement néerlandais a annoncé avoir acquis une participation de 12,68 % dans le capital d’Air France-KLM pour 680 millions d’euros afin de renforcer son influence dans le groupe aérien. Une opération “inamicale”, selon Paris.

“Inamicale” et “surprenante”, voici comment l’acquisition par les Pays-Bas de 12,68 % du capital d’Air France-KLM a été qualifiée par le ministère français de l’Économie. “La façon dont cette position a été acquise rappelle les techniques de trader plutôt que d’État actionnaire, elle est à la fois très surprenante et inamicale à l’égard du conseil d’administration d’Air France et des autres actionnaires qui, à l’instar de l’État français, n’ont pas été informés en avance de cette décision de l’État néerlandais”, a indiqué une source ministérielle.

Le gouvernement néerlandais a en effet annoncé mardi avoir acquis une participation de 12,68 % dans Air France-KLM pour 680 millions d’euros, afin de renforcer son influence dans le groupe aérien, et compte porter sa participation au même niveau que celle de la France, soit environ 14 %.

“Forme de duplicité”

Cette décision “n’a pas fait l’objet de discussions. Elle est surprenante, puisque depuis plusieurs mois nous avons un dialogue nourri avec les autorités néerlandaises sur la prise en compte des intérêts néerlandais”, a ajouté la source à Bercy, rappelant que, dans le cadre de la recherche d’un nouveau dirigeant pour le groupe l’été dernier, il avait été “même proposé à Pieter Elbers [patron de KLM] de devenir le directeur général d’Air France-KLM, ce qu’il a refusé”.

“Donc considérer que nous ne serions pas coopératifs avec les Néerlandais sur les questions d’Air France-KLM et en matière de gouvernance nous le récusons absolument”, a-t-elle poursuivi.

Elle a également dénoncé une “forme de duplicité” des Néerlandais, affirmant qu’Air France-KLM avait “préparé un Memorandum of understanding [protocole d’accord]” avec les autorités néerlandaises “pour garantir les intérêts de l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol dans le cadre de l’alliance”, qui devait être soumis à l’approbation des administrateurs d’Air France-KLM.

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