Les transferts à 0€ de la Juventus Turin sont-ils toujours des réussites sportives ?

Avec le recrutement d’Aaron Ramsey annoncé hier soir, la Juventus Turin a encore frappé fort avec un transfert gratuit. Avant de voir le Gallois à l’oeuvre, l’histoire montre que les joueurs arrivés libre n’ont pas tous été une réussite pour le club italien.
L’information est tombée hier soir. Aaron Ramsey sera un joueur de la Vieille Dame la saison prochaine. En fin de contrat au mois de juin à Arsenal, le Gallois rejoint une longue liste de joueurs ayant déjà filé à la Juventus Turin pour 0 €. Depuis sa remontée en Serie A à l’été 2007, le club italien s’est fait une spécialité de ces transferts à moindre frais. Pour autant, ce ne sont pas toujours des réussites sportives, ni même financière car ces joueurs se savent désirés et parviennent à récupérer généralement une grosse prime à la signature. Ramsey va lui par exemple devenir le joueur britannique le mieux payé de l’histoire avec un salaire de 23,5 M€ à l’année. Voici un récapitulatif des succès et des échecs de la Juventus en matière de transferts de joueurs libres.

La Juve spécialiste des transferts à 0 €
Commençons par le rayon des réussites car elles sont tout de même nombreuses. On doit évidemment citer Paul Pogba, qui est devenu l’un des meilleurs joueurs du monde à son poste. Arrivé libre de Manchester United en 2012, le Français, frustré de ne pas faire partie des plans de Ferguson, décidait d’aller tenter sa chance en Italie du haut de ses 19 ans. 4 saisons pleines plus tard, il repartait chez les Red Devils pour 105 M€. Lors de cette même période, Andrea Pirlo a fait le bonheur des Bianconeri. Arrivé libre du Milan en 2011, il règne alors en maître dans l’entrejeu et connaît une seconde jeunesse la trentaine largement dépassée en glanant 4 nouveaux scudetti, une coupe d’Italie et atteignant une dernière fois la finale de la Ligue des Champions.

Durant cette intersaison 2015, la Juventus frappe un grand coup en remplaçant Pirlo. Elle attire Sami Khedira, arrivé libre du Real Madrid et champion du Monde un an plus tôt avec l’Allemagne. Après une première saison perturbée par les blessures, il s’impose et devient un élément incontournable d’Allegri. Dani Alves lui ne sera resté qu’un an en Italie, mais quelle saison ! Les 8 années passées au Barça ne l’ont pas assez fatigué et même si le Brésilien n’est pas toujours titulaire en Serie A, c’est pour mieux briller en Ligue des Champions. Il y atteint la finale mais doit s’incliner contre le Real Madrid. Il part pour le PSG, libre là aussi. Toujours en défense mais bien plus loin dans le temps, la venue de Zdeněk Grygera aura été une réussite dans son rôle de joueur de rotation. Le Tchèque, qui devait s’engager à l’été 2006 sans l’affaire du Calciopoli, attend finalement la remontée de la Juventus dans l’élite pour signer libre puisqu’il terminait son contrat à l’Ajax.

Un retour en demi-teinte pour Cannavaro, Evra et Coman ont fait leur temps
D’autres joueurs ont moins brillé sous le maillot noir et blanc mais ils ont aussi la particularité d’être arrivé sans indemnité de transfert. En 2005, la Juve parvient à faire signer Adrian Mutu. Elle a profité du conflit entre le Roumain et Chelsea, qui a rompu son contrat à la suite du contrôle positif à la cocaïne du joueur. Il ne restera qu’une seule saison pour un total de 11 buts mais brillera seulement par intermittence. Le même été, alors que le club est contraint de descendre en Serie B, il perd Fabio Cannavaro qui s’engage au Real Madrid. Le Ballon d’Or 2006 reviendra trois ans plus tard pour un an. Après de bons débuts, le poids des années commence à se voir et la Juventus réalisera une saison décevante avec notamment une piteuse élimination face à Fulham en Europa League. En 2007, c’est Hasan Salihamidžić qui signe libre. Après neuf ans au Bayern, le milieu de terrain alors âgé de 30 ans apporte son expérience à un club en reconstruction. En quatre saisons, il joue parfaitement le rôle de titulaire, puis de remplaçant et garde un très bon souvenir de sa période italienne.

La Juventus règne maintenant à nouveau sur l’Italie et pense faire un bon coup en recrutant Fernando Llorente, en fin de contrat à l’Athletic. Sa première saison est superbe avec 16 buts en Serie À avant de connaître moins de réussite (7 réalisations). Il repart au bout de deux ans, non sans avoir atteint la finale de la Ligue des Champions en 2015. Kingsley Coman aussi est de cette finale. Il se révélera en Italie après être parti du PSG sans contrat professionnel mais n’y restera qu’un an. Prêté deux saisons au Bayern, il y signera définitivement contre 21 M€. L’autre Français, Patrice Evra (33 ans à l’époque) aura fait deux saisons et demie au club avec cette même finale de 2015, la cinquième à titre personnel. Régulièrement titulaire, il assume son rôle de leader dans le vestiaire puis cède peu à peu sa place avant de s’engager à l’OM. À la même période, Neto est le remplaçant de Buffon. Arrivé libre de la Fiorentina, le gardien brésilien disputera un peu plus d’une dizaine de rencontres en championnat avant de repartir contre 7 M€ à Valence. Enfin, Emre Can entre dans cette catégorie car il a encore du mal à s’imposer, lui a débarqué libre de Liverpool mais qui aura tout de même coûté 18 M€ à la prime à la signature. À sa décharge, l’Allemand est souvent la cible des blessures.

Anelka, Toni et Lucio en échec à la Juventus
Certaines recrues à 0 € se seront révélés être des mauvais paris. Ils arrivaient la plupart du temps en fin de carrière et n’ont pas tenu le rôle escompté. Nous retrouvons d’abord Lucio. Il n’a plus la même énergie que lors de ses trois brillantes saisons à l’Inter. Dans le Piémont, le défenseur alors âgé de 34 ans ne disputera que quatre rencontres toutes compétitions confondues et s’en ira six mois plus tard en janvier 2013. Luca Toni sera de la même veine. Alors qu’il a déjà entamé la lente descente vers la fin de sa carrière, l’attaquant de 33 ans débarque libre en 2011. 2 buts en 14 rencontres plus tard et le champion du Monde 2006 repartira sans faire de bruit. Le bilan est plus famélique pour Nicolas Anelka. Il rompt son contrat avec le Shanghai Shenhua pour filer à la Juventus à l’hiver 2013. Il disputera seulement trois petits bouts de matches, dont un en Ligue des Champions face au Celtic, avant de partir dès l’été, mais avec un titre de champion d’Italie sous le bras.

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