LIONEL MESSI (FC BARCELONE) EST AUTANT UN POISON PAR SON TALENT QUE PAR LA PEUR QU’IL INSPIRE

Par ses exploits passés et sa faculté à faire basculer un match sur un coup de génie, Lionel Messi polarise l’attention de ses adversaires. Mais l’OL devra trouver le juste équilibre, comme à l’aller, pour ne pas se laisser prendre par la crainte indissociable du génie argentin du FC Barcelone.
Les éléments de langage sont connus, éculés de par le monde dès que se présente un match dont l’adversité prend avant tout les traits d’une individualité plus que d’un collectif. Alors l’OL s’est fondu dans le moule, sans déroger à cette règle, pour répéter à l’envi que Lionel Messi n’était après tout qu’un « humain », dixit Lucas Tousart. Les déclarations d’intention ne pèseront toutefois pas bien lourds quand elles seront confrontées à la réalité du terrain ce mercredi, dans l’immensité du Camp Nou pour un 8eme de finale retour de Ligue des Champions (21h00). Les Lyonnais ont déjà montré à maintes reprises leur insolence, qui est un défaut contre les petits et une qualité pour défier les grands. Mais il y a des contextes qui invitent à la révérence et au respect, affronter le FC Barcelone en sa chapelle dans une deuxième manche européenne en est clairement un.
Encore plus quand il compte un joueur de la trempe Lionel Messi dans ses rangs. Auteur d’une saison statistique à la hauteur de ses standards, c’est-à-dire en tournant autour du but de moyenne par match toutes compétitions confondues, l’attaquant argentin est l’homme par qui tout passe chez les Blaugrana. Ernesto Valverde a fait le choix d’un style de jeu minimaliste, à l’opposé de la philosophie de ses prédécesseurs. Sa priorité, c’est l’équilibre de son équipe en comptant sur les exploits de son capitaine de l’autre côté du terrain. Une recette comme une autre, même si elle a déjà montré ses limites. Comme les autres, Bruno Genesio l’a bien vu et ne s’est pas caché de son intention de tout mettre en œuvre pour le contrer : « Beaucoup de choses dépendent de Messi, a soufflé le coach lyonnais mardi lors de la conférence de presse de veille de match. On va mettre au point un plan de jeu pour réduire son influence ».

UN MESSI DANS UN GRAND SOIR EST UN MESSI INARRÊTABLE
Pour paraphraser un grand philosophe de son temps, « il y en a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes ». Se focaliser sur Messi, c’est prendre le risque de libérer des espaces pour les joueurs autour, y compris les milieux de terrain comme Ivan Rakitic ou Arthur. C’est un choix qui se défend, mais le Luis Suarez transparent de l’aller reste sur quatre buts sur ses quatre derniers matchs et Philippe Coutinho tient enfin l’occasion de justifier les 145 millions d’euros dépensés pour le recruter en janvier dernier. C’est aussi se mettre en danger à chaque fois que Messi fera exploser le plan lyonnais par son seul talent, et il y a de fortes chances pour que ça se produise au moins une fois ou deux. Un geste, une accélération, un coup de patte : un Messi dans un grand soir est un Messi inarrêtable, peu importe la qualité des plans en place pour le stopper. La forme actuelle de la « Pulga », qui avait par exemple claqué un triplé contre le FC Séville (2-4) quatre jours après le match aller à Lyon (0-0), laisse à penser qu’il arrive lancé pour le match le plus important de sa saison jusque-là.

MESSI A DÉJÀ PORTÉ SOUVENT LE BARÇA DANS UNE TELLE SITUATION
D’autant que c’est Messi, et personne d’autre, qui a fait de la reconquête de la Ligue des Champions l’objectif prioritaire des Catalans en 2019 dans un discours prononcé devant les Socios en août dernier. Il n’est pas du genre à beaucoup parler, mais il a pour habitude d’assumer. Il a porté à maintes reprises son équipe dans ces situations de match retour à la maison où tout était à faire. Encore Chelsea en avait fait les frais la saison passée (3-0), avec un doublé et une passe décisive après le 1-1 de l’aller. Même chose avec le Milan AC en 2012, Stuttgart en 2010 : à chaque fois, le Barça était en ballottage après la première manche, à chaque fois c’est Messi qui l’avait emmené par la main au tour suivant. Il y a ça, et toutes les images de ses arabesques qui font le tour du monde depuis 10 ans. Elles se sont imprimées dans la rétine comme situations normales et elles entretiennent la peur qu’il inspire.

MESSI, LA « REMUNTADA » MALGRÉ LUI ET GRÂCE À LUI
Cette crainte qui avait saisi le PSG quand le natif de Rosario, pourtant sur une jambe, était entré en 2013 pour faire basculer une double confrontation dans le sens des Blaugrana. Tout Paris avait reculé d’une dizaine de mètres et avait composé avec l’idée qu’il était désormais à la merci d’un coup de génie de Messi. La sentence n’était pas venue directement de lui, mais il l’avait en grande partie initiée. La « remuntada » quatre ans plus tard devait plus à Neymar qu’à l’Argentin. Mais sans lui, elle ne se serait certainement jamais produite. Tout simplement parce que personne ne l’aurait cru possible, à Barcelone ou à Paris, s’il n’était pas là, s’il n’était pas lui. Cet homme au charisme pas évident qui devient sur le terrain un joueur capable de faire trembler les jambes de n’importe qui. Ou le pouvoir mystérieux d’un ballon quand il est manié avec la dextérité et l’intelligence d’un Messi. Qui n’a pas besoin d’un « E » en plus pour tout rendre crédible.

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