L’UE prépare l’après-Brexit lors d’un sommet informel en Roumanie

Les dirigeants européens, sans la Première ministre britannique Theresa May, sont réunis jeudi à Sibiu en Roumanie pour réfléchir sur l’avenir post-Brexit de l’UE. Ils évoqueront aussi la question du renouvellement des dirigeants des institutions.

L’Union européenne prépare son avenir sans les Britanniques. Jeudi 9 mai, les dirigeants des pays européens vont tenter d’afficher une image d’unité au cours d’un sommet consacré à l’avenir post-Brexit de l’Europe, à Sibiu, en Roumanie, où ils ouvriront aussi la course aux postes clés des institutions de l’UE.

Réunis à 27 sans la Première ministre britannique Theresa May, les chefs d’État et de gouvernement ont convenu d’éviter de parler du Brexit, qui a dominé bon nombre de leurs dernières rencontres. « C’est un sommet sans Brexit et tout le monde en est soulagé », a souligné un haut responsable européen, même si la date limite du divorce avec les Britanniques, prévu initialement pour le 29 mars, a une nouvelle fois été repoussée, cette fois au 31 octobre. Il faut « reprendre en main l’agenda européen », a insisté la présidence française.

Les 27 commenceront par débattre à la mi-journée du rôle de l’UE sur la scène internationale, agitée par le nouveau durcissement des sanctions américaines contre Téhéran. L’Iran menace de renoncer à certains engagements de l’accord sur le nucléaire de 2015 si les Européens ne l’aident pas à sortir de son isolement économique.

« Dix commandements »

Les pays européens plancheront surtout ensuite sur leur « agenda stratégique » interne des cinq prochaines années. La date choisie du 9 mai correspond à l’anniversaire de la déclaration prononcée par le Français Robert Schuman en 1950, où il proposa la création d’une Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), l’ancêtre de l’UE.

À Sibiu, les 27 devraient se contenter plus modestement d’approuver dans une courte déclaration « dix engagements », qualifiés de « dix commandements » par un diplomate européen ironique. Ces grands principes devraient inclure la promesse de défendre une Europe unie, « de l’Est à l’Ouest, du Nord au Sud », dont les membres seront toujours « solidaires entre eux en cas de besoin ».

Certains dirigeants mettront l’accent sur des thèmes particuliers, comme Emmanuel Macron avec l’environnement. La France, avec une coalition de sept autres pays, va ainsi plaider pour un objectif de neutralité carbone en 2050 au niveau européen.

Ce ne sera « pas un sommet de décisions exceptionnelles », il servira de préliminaire pour préparer le « nouvel agenda stratégique de l’UE jusqu’en 2024 », qui devra être bouclé dans les prochaines semaines, a prévenu un haut responsable européen. « Mais il est assez difficile de discuter du futur agenda stratégique sans toucher à la question du renouvellement des dirigeants des institutions », a-t-il ajouté.

« Spitzenkandidat »

Le sommet informel de Sibiu devrait ainsi permettre de poser les premiers jalons de la course aux présidences, qui va commencer avec celle du Parlement européen à l’issue des élections prévues du 23 au 26 mai.

Mais c’est surtout la succession de Jean-Claude Juncker, dont le mandat s’achève fin octobre, qui occupe les esprits. L’élection du nouveau chef de l’exécutif bruxellois se fera par un vote du Parlement européen, qui tient à tout prix à ce qu’il soit à nouveau choisi parmi les chefs de file désignés par les différentes familles politiques pour les européennes.

Cela avait été le cas en 2014 avec Juncker, qui était le chef de file (« Spitzenkandidat », selon le terme allemand souvent usité) des conservateurs du PPE arrivés en tête des élections européennes. Mais le choix du candidat soumis au vote des eurodéputés appartient lui au Conseil européen, l’instance réunissant les dirigeants des États membres, qui refusent de s’engager à le désigner parmi l’un des « Spitzenkandidaten » en lice.

À Sibiu, le président du Conseil européen, Donald Tusk, devrait « informer les dirigeants sur la façon dont il compte organiser le processus de nomination des prochains dirigeants des institutions de l’UE », a expliqué une source européenne.

Outre la tête de la Commission, ces nominations concerneront aussi plus tard la présidence du Conseil européen, celle de la Banque centrale européenne (BCE) et le chef de la diplomatie européenne.

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